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Histoire du syndicalisme au Québec

mardi 23 février 2010 · Comments


Contrairement à ce qu'on affirme, la période d'opposition de Duplessis au syndicalisme a quand même été marqué par une croissance importante du syndicalisme au Québec. Ce n'est pas à des niveaux aussi haut que post-révolution tranquille, mais c'est pas aussi "antisyndical" que j'ai été habitué à croire pendant mes cours d'histoire du Québec.

Les syndicalistes sont en sécurité en Colombie

samedi 13 juin 2009 · Comments

Daniel Ikenson du Cato Institute argumente comme je l'ai fait récemment avec des chiffres plus récents que les syndicalistes de la Colombie sont autant en sécurité qu'ils pourraient l'être à Washington D.C.

Selon Ikenson, le taux de meutre a diminué de 40% au pays et de 80% parmi les leaders syndicaux, une situation qui est partiellement dûe à la déroute des FARC face aux efforts du président Uribe. En sus, l'accord de libre échange pourrait permettre de renforcer les liens entre les deux pays tout en ouvrant la porte à davantage d'opportunités pour les Colombiens.

Sécurité d'emploi : nécessaire pour la fonction publique?

vendredi 15 mai 2009 · 8 commentaires

Dans son article dans Journal of Labour Economics, l'économiste Robert Valleta de la Federal Reserve de San Francisco considère que la sécurité d'emploi est un mécanisme utilisé pour modifier les incitatifs dans les firmes de manière à assurer une meilleure coopération entre les acteurs de la firme. Ainsi, Valleta considère que c'est une manière d'éviter que des employés quittent et donc que des coûts de formation doivent être engendrés de nouveau.

Donc, si il s'agit d'un incitatif qui permet une plus grande performance au sein de l'entreprise, il faut le considérer comme une forme de salaire. Aux mêmes salaires sans sécurité d'emploi, la fonction publique attirerait moins d'individus ou des individus d'un moins bon calibre. En fait, c'est ce que note Paul Daniel Muller en se rapportant à une étude Australienne qui indique que les Australiens valorisent la sécurité d'emploi d'une proportion de 7% à 21% du revenu.

Donc, disons le 7% du revenu pour la sécurité d'emplo, plus l'écart des bénéfices dont parlait Dubuc, plus le revenu en soit, je pense que le secteur public reçoit des salaires considérables. Le gouvernement devrait s'opposer au Front Commun et refuser les hausses de salaires à moins que la sécurité d'emploi ne soit mise sur la table.

Scab : vraiment néfaste?

· Comments

Le Bloc Québécois continue depuis plusieurs années de pousser pour une loi fédéral qui réglementerait l'embauche de travailleurs de remplacement (scabs). Je ne pense pas que cette loi soit nécessaire en soit, en fait il est possible qu'elle soit néfaste.

Premièrement, les secteurs touchés par le code du travail fédéral ne représentent qu'environ 10% de la main d'oeuvre au Canada. Les secteurs concernés sont ceux des banques à chartes, des télécommunications, les aéroports, la fonction publique fédérale, de la marine, des réserves amérindiennes et les territoires. Plusieurs de ces secteurs me semblent comme plus susceptibles d'être les sujets de conflits de travail entre employeurs et syndiqués. On peut penser que les lois anti-scabs viendraient éviter d'envinimer les relations entre employeurs et syndiqués réduisant ainsi la fréquence et la durée des grèves. En fait, après 1995 les syndicats dénotent que la durée et la fréquences des conflits de travail se sont accrus.

Toutefois, le rapport Simms de 1995 qui révisait la première partie du code du travail du Canada disait le contraire. À l'avis du commissaire Simms, "il ne semble y avoir absolument aucun fondement pour attribuer l’augmentation de la durée des arrêts de travail survenus après 1995 dans le secteur à l’absence de loi interdisant les travailleurs de remplacement"

Une étude de dans Labour Economics concluait que les résultats des lois anti-scabs étaient au mieux mixtes, c'est-à-dire qu'elles allongeaient les arrêts dans secteurs secteurs et les réduisaient dans d'autres. Une autre étude de Cramton et al. dans The Labour Law Journal est quant à lui plus prononcé en affirmant que le pouvoir de négocation accru des syndicats par la réduction des alternatives pour les employeurs et donc ils sont capables de se permettre les coûts plus élevés des arrêts de travail plus longs et plus fréquents.
J'aurai tendance à argumenter avec Simms dans ce cas-ci, je ne pense pas que les effets des lois anti-scabs soient si désastreuses, mais je pense qu'elles empoisonnent les relations industrielles en offrant un rapport de force disproportionné pour les syndicats dans des secteurs avec une faible mobilité des facteurs de production comme les secteurs manufacturiers (ou dans le cas du code fédéral du travail; dans les aéroports, les ports, les services postaux et les transports).

Au final, je me permet d'émettre mon opinion quant au Bloc Québécois et sa proposition. Considérant son alliance (ou proche relation) avec les syndicats, le Bloc tente de rendre la pareil à des amis qui investissent des ressources dans la réélection des députés bloquistes en leur offrant la possibilité d'avoir une loi qui permet une augmentation de leur pouvoir de négociation.

Qui fait la loi (II)

mercredi 13 mai 2009 · 4 commentaires

J'en rajoute sur la syndicalisation de la fonction publique. Je maintiens ma position à savoir que la fonction publique est tout simplement moins productive que le secteur privé, ce qui justifie l'écart. Toutefois, Alain Dubuc de La Presse en rajoute ce matin en notant que si on inclut les bénéfices et avantages sociaux dans la fonction publique, ceux-ci reçoivent plus que dans le secteur privé dans son ensemble. Ne questionnons pas la validité d'une telle rémunération et même à savoir si nous devrions réduire la taille de la fonction publique, ce n'est pas la question que je pose.

Toutefois, ce qu'on peut questionner comme Dubuc le fait, c'est la sécurité d'emploi. Obtenir davantage - tout inclus - que le secteur privé en plus d'une sécurité d'emploi, c'est sujet à questionnement. Est-ce-que la productivité du secteur public justifie un tel ''salaire''? Je pense que la réponse demeure non, surtout que je pense que plusieurs seraient prêts à échanger une partie importante de leur salaire pour la sécurité d'emploi.

En fait, il y a une proposition à faire, si on considère l'écart positif du secteur (avec tous les bénéfices sans la sécurité d'emploi), on peut retourner à l'envers l'argumentaire des syndicats en disant que cet écart pourrait être maintenu. En échange, l'État obtiendrait une plus grande flexibilité quant à la main d'oeuvre et donc une réduction de la sécurité d'emploi. Après tout, non seulement je pense que la productivité du secteur public ne justifie pas de tels salaires, mais je pense qu'il s'agit de deux formes de rémunérations différentes.

Si on accorde des hausses de salaire aux syndiqués de l'État, il faut que ca s'accompagne d'une hausse de productivité, ce qui selon moi transite par une plus grande flexibilité quant au licensiement et embauche de travailleurs publics. Cela serait t-il une bonne proposition? Meilleure que celle demandée par les syndicats en tout cas...

Qui fait la loi?

lundi 11 mai 2009 · 11 commentaires

Les centrales syndicales viennent d'annoncer leur front commun pour revendiquer des hausses de salaires et de conditions auprès du gouvernement. Pour eux, c'est un moment historique, pour moi c'est du pareil au même.

Un groupe d'intérêt qui forme 40% de la population et qui n'assume pas les coûts des décisions qu'il impose tout en retirant les bénéfices. Pourquoi la CSN, la FTQ et la CSQ devraient t-elles avoir autant de pouvoir auprès du gouvernement. En fait, pourquoi devrions-nous avoir tant de salariés gouvernementaux? Plusieurs programmes gouvernementaux peuvent être revus dans le cadre d'une revue stratégique des dépenses, notamment chez Investissements Québec et dans le ministère du Développement Économique (sans compter aussi les possibilités de privatisation de certains services publics).

Mais bon, admettons qu'on ne doit pas couper certains programmes (personellement, je préconise la suppression de programmes plutôt que de simples coupures), pourquoi devrions nous faire en sorte de fermer l'écart entre le public et le privé. En premier lieu, les salaires du secteur public se financent par la poche du secteur privé (il faut taxer) et donc on réduit le rendement dans les secteurs taxés. Mais bon même là, il faut que j'aille encore plus à la base, la productivité des travailleurs du secteur public justifie t-elle une hausse de salaire?

En fait, si il y a un écart de salaire entre le privé et le public, c'est parce que généralement le privé est plus productif que le public, justifiant ainsi des salaires équivalents le niveau de productivité. Si on paie plus que la valeur de ce qu'on produit (la valeur sociale dans le cas de l'État), c'est ce qu'on appelle ''ne pas avoir pour son pognon''. Le fait que le Québec est la province avec le plus de conflits syndicaux (et considérant que la majorité des syndicats sont dans le secteur public) devrait sonner aussi une cloche au sujet de la productivité du secteur public.

J'aurai jamais cru...

jeudi 26 mars 2009 · 3 commentaires

... qu'un syndicat puisse être accusé d'avoir violé les lois électorales en prenant part de manière illégale dans une campagne électorale pour défendre ses intérêts contre un parti politique méchant qui veut permettre plus de démocratie syndicale et une plus grande liberté pour les travailleurs.

C'est probablement une première, jamais les syndicats ne baignent dans la criminalité et l'illégalité...

Comment améliorer (relativement) la compétitivité du Québec

lundi 17 novembre 2008 · Comments

Il existe une alternative à toutes les idées de réforme de l'État, de privatisations, de déréglementation et de libéralisation que moi et Bryan mettons de l'avant pour améliorer la compétitivité du Québec.

En fait l'alternative est très simple. Les syndicats, l'Union des Producteurs Agricoles, les Fédérations Étudiantes et Associations communautaires sont les premières à déclarer que face à la Chine, l'Inde et les autres pays émergents, nos secteurs primaires et secondaires ne peuvent pas compétionner. La raison selon eux serait le cheap labour dans ces pays. Donc ils se plaignent de la condition des travailleurs en Chine qui sont du cheap labour(c'est quoi l'alternative à être dans une shop?) et de la compétition ''injuste''(pourquoi c'est injuste qu'ils aillent des emplois qui paient mieux qu'être agriculteur?) qui met les Québécois dans la rue (je fais de l'exagération-type d'un syndicaliste là).
La solution est la suivante. On fait que les syndicalistes deviennent un bien (pas un service c'est clair) exportable. On pourra donc exporter des syndicalistes en Chine. Pendant qu'ils sont en Chine, ils vont faire augmenter le salaire industriel moyen de manière artificielle et donc réduire la productivité de la Chine(et ralentir de facto son développement). Ainsi, comparativement à la Chine, le Québec deviendra plus compétitif et pas besoin des toutes les idées chiantes que moi et Bryan mettons de l'avant.
On sera pas plus riche, mais on aura l'air moins pauvre.
NOTE : J'ai décidé de poster ce truc suite à une discussion avec un bon ami de Québec qui ne cesse de m'amuser.

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Au sujet du blogue

Scientifiquement justes, politiquement incorrects

Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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