Histoire économique des Oreo

dimanche 6 février 2011 · Comments


There are many theories pointing to the origin of the name 'Oreo', including derivations from the French word 'Or', meaning gold (as early packaging was gold), or the Greek word 'Oros', meaning mountain or hill (as the original Oreo was moundshaped) or even the Greek word 'Oreos', meaning beautiful/nice. Other theories are that the 're' from cream was 'sandwiched' between the two Os from chocolate, or the word 'just seemed like a nice, melodic combination of sounds'. Oreo is very similar to the Hydrox cookie manufactured by Sunshine, which was introduced in 1908, leading to speculation that Oreo obtained the idea from Sunshine. Having lost market share to Oreo for years, Hydrox cookies were withdrawn in 1999, but was re-introduced by Kellogg's in August 2008.

---Reference.com

Et voici un historique des prix réels des Oreo aux États-Unis en me servant des données du Bureau of Labor Statistics et de Food Timeline.com

Une subvention cachée de 522 millions

samedi 5 février 2011 · Comments


Quand on parle de subventions, on pense souvent à des transferts de fonds directement dans les poches d'un "bénéficiaire". On pense moins souvent à des crédits d'impôts qui réduisent le fardeau fiscal pour un bénéficiaire en particulier au détriment des autres.

C'est un peu ce que le gouvernement du Québec a fait pendant 3 ans à partir de 2008 avec la "déduction relative aux sociétés manufacturières". Cette déduction a pour objectif "d'éliminer complètement leur taxe sur le capital". C'est seulement à partir du 1er janvier 2011 que la taxe sur le capital appliquée au Québec a été supprimée. Par contre, depuis 2008, les entreprises manufacturières ont bénéficié de cette baisse.

En gros, pendant que toutes les autres entreprises continuaient d'assumer le poids de la taxe sur le capital, les entreprises manufacturières étaient avantagées grâce à cette déduction. Ce traitement fiscal favorable est en fait une subvention - probablement pas la plus nocive des subventions, mais une subvention quand même. En consultant les Dépenses Fiscales 2009 avec les projections de 2010 du ministère des finances, cette "subvention" aura coûté 522 millions $.

Réponse à Renart L'Éveillé

vendredi 4 février 2011 · Comments

Le bloggeur Renart L'Éveillé a récemment découvert mon billet sur l'équilibre dans les négociations de travail et a produit une réponse au point que je tentais de passer. Dans ce billet, j'affirmais que:
Premièrement, il ne faut pas oublier que le code du travail contient des dispositions qui permettent à des travailleurs en conflit de travailler ailleurs (...)Uniquement sur ce point, on peut constater que la partie patronale entame la négociation avec un désavantage important. Ce désavantage est encore plus important si on considère que les « salaires » versés à même les fonds de grève sont déductibles d’impôts (ce qui peut leur assurer un revenu assez stable advenant un conflit).
Ce à quoi Renart répond en disant qu'il "faudrait que la peur du travailleur de ne plus pouvoir subvenir à ses besoins primaires, de perdre sa maison, etc. soit égale à la peur du patron de voir fermer son entreprise, dans le pire des cas". Ce n'est pas du tout ce que j'affirme, je ne pense pas que la solution soit de mettre fin à la permission au travailleur en conflits de travail d'aller travailler ailleurs et de se faire déduire ses versements du fonds de grève. En fait, j'aimerai bien conserver ces dispositions en vigueur. En contrepartie, j'aimerai permettre aux employeurs d'embaucher temporairement des travailleurs de remplacement pour ne pas qu'ils se retrouvent avec le petit bout du bâton.

Ensuite, Renart affirme que "à la base, une personne morale a les reins plus solides qu’une personne vivante (entre autres parce qu’elle n’en a pas réellement, contrairement à un être vivant…)". Les coûts qu'une entreprise peut contrôler advenant des mauvais jours (crise économique, changements de préférences des consommateurs) sont surtout ceux liés à la main d'œuvre. En refusant d'assurer un équilibre entre les parties, on rend plus difficile la tâche à un employeur de faire survivre son entreprise. Après tout, les demandes d'un syndicat peuvent être démesurées et celui-ci pourrait bien se foutre de la survie de l'entreprise à long terme et tenter de s'accaparer une part des profits déraisonnable.

Les bonis à la SAQ

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L'Institut de Recherche et d'Information Sociales (IRIS) a récemment publié une étude sur les "bonis à la performance" dans le secteur public. Leur verdict est tout de même assez négatif et j'aurai tendance à être d'accord dans l'ensemble. Cependant, il y a une lacune importante. Prenons l'exemple de la Société des Alcools du Québec.

Comme on le voit dans l'étude de l'IRIS, les bonus à la "performance" augmentent. Cependant, comment peut-t'on évaluer la performance d'un monopole. Après tout, il n'est assujetti à aucune concurrence et tient les consommateurs captifs.

Selon Claude Garcia qui s'attarde aux rapports annuels de la SAQ, les frais d'exploitation sont de 20 cents par dollar de ventes, ce qui est plus élevé qu'en Ontario. Devrions-nous mesurer la performance relativement à la LCBO en Ontario? Non, puisque comparer des monopoles reviendrait à comparer deux sociétés qui tiennent les consommateurs captifs. À preuve, si nous comparons les marges bénéficiaires de la SAQ avec celles d'une entreprise du secteur privé comme Wal-Mart (qui offre de l'alcool aux États-Unis), on remarquera que la marge bénéficiaire de Wal-Mart est d'environ 4% alors que celle de la SAQ est de 34%. Comment comparer une entreprise qui tente systématiquement de réduire ses coûts sous la pression de ses concurrents pour transférer les épargnes en prix plus bas aux consommateurs à une entreprise qui ne posséde visiblement pas les mêmes incitations.

Je suis aussi un peu surpris de la croissance des "bonis de performance" à la SAQ, mais pas pour les mêmes raisons que les gens de l'IRIS.

Déjà vu

jeudi 3 février 2011 · Comments

Selon La Presse, le gouvernement fédéral allouerait les fonds publics - notamment ceux du plan de relance - en fonction de ses intérêts politiques. Pour certains, une telle nouvelle est révolutionnaire mais en soit il s'agit d'un phénomène souvent étudié en science économique avec la théorie des choix publics.

Prenons le parallèle du New Deal aux États-Unis qui fut mis de l'avant par le Président Roosevelt au cours de la Grande Dépression. Dans un article écrit en 1974 par Gavin Wright dans the Review of Economics and Statistics, on peut constater que les fonds furent alloués selon des priorités électorales du parti démocrate. Cependant, une étude récente - qui confirme ce point en minimisant son importance- doute fortement de la productivité politique de ces dépenses.

C'est toujours plaisant de plonger dans l'histoire pour évaluer le moment présent.

Sur les travailleurs de remplacement

mercredi 2 février 2011 · Comments

Les dispositions du code du travail du Québec qui interdisent le recours aux travailleurs de remplacement par un employeur lors d'un conflit de travail servent à créer un équilibre dans la négociation selon Bernard Landry. Toujours selon ce dernier, un resserrement de ses dispositions pour mettre fin au "loophole" utilisé par le groupe Québécor devraient rétablir l'équilibre.

Malheureusement, la question de l'équilibre est mal posée. Premièrement, il ne faut pas oublier que le code du travail contient des dispositions qui permettent à des travailleurs en conflit de travailler ailleurs (ce qui se passe avec Rue Frontenac). Uniquement sur ce point, on peut constater que la partie patronale entame la négociation avec un désavantage important. Ce désavantage est encore plus important si on considère que les "salaires" versés à même les fonds de grève sont déductibles d'impôts (ce qui peut leur assurer un revenu assez stable advenant un conflit).

Il ne faut pas oublier un fait essentiel: un rapport de force inéquitable mène à une réduction inévitable de la durée des conflits mais aussi à une hausse du nombre de conflits. Selon une étude de Duffy et Johnson dans Canadian Public Policy, les lois qui interdisent l’embauche de travailleurs suppléants pendant des arrêts de travail – notamment au Québec et en Colombie-Britannique – font en sorte que l’employeur assume la totalité des risques d’un conflit avec peu de chances de s’en sortir sans des coûts de négociation importants. Ce dernier aurait tendance à déployer des efforts pour réduire la durée des grèves et donc réduire le nombre de jours de travail perdus même si cela peut réduire l’investissement. C'est d'ailleurs ce qu'une étude de Budd et Wang remarque, des lois trop sévères sur l'embauche de travailleurs de remplacement ont un effet significatif sur la réduction de l'investissement privé.

Comme Bernard Landry, je crois qu'il y a un déséquilibre lors des négociations. Cependant, je pense qu'elles vont davantage en faveur de la partie syndicale.

--
Source:

Labor Policy and Investment: Evidence from Canada par John Budd and Yijang Wang dans le journal Labor and Industrial Relations Review, 57-3 (2004)

The Impact of Anti-Temporary Replacement Legislation on Work Stoppages : Empirical Evidence from Canada par Paul Duffy et Susan Johnson dans Canadian Public Policy, 35-1, (2009)

L'argument Lisée s'applique aux États-Unis aussi

mardi 1 février 2011 · Comments

Jean-François Lisée nous rappelle encore les effets négatifs du pétrole albertain sur le secteur de la fabrication au Québec. À plusieurs reprises, j'ai affirmé qu'il se trompait et que la faiblesse du dollar américain est un facteur bien plus important.

Cependant, la perte d'emplois dans la fabrication n'est pas un phénomène exclusivement québécois, les États-Unis en sont aussi victimes. Si les Américains vivent la même chose que nous, cela est peut-être indicateur d'une multitude de causes dans laquelle le pétrole joue probablement un rôle mais probablement très mineur.

Par ailleurs, vous remarquerez que comme au Québec, il y a une hausse de la production réelle par employé.

Des chiffres sur les CPE

jeudi 20 janvier 2011 · Comments

Voici l'image de l'augmentation des dépenses pour les subventions des places en CPE versus l'augmentation du nombre de places depuis 1997 (l'année d'instauration du programme). Ne faites pas de conclusions sur des réformes, la seule conclusion qu'on peut tirer c'est qu'en quelque part, il y a quelque chose qui ne fonctionne vraiment pas.


Source: Conseil du Trésor et Ministère de la Famille et de l'Emploi

Transferts fédéraux : 1940-1970

mercredi 19 janvier 2011 · Comments

Voici un graphique qui illustre l'ampleur des transferts fédéraux dans l'économie depuis les années 1920, remarquez que la dépendance du Québec commence un peu avant la Révolution Tranquille, c'est-à-dire dans l'ère de Duplessis. Pour confirmer cela, il suffit de regarder la part des revenus du provincial qui étaient en provenance du gouvernement fédéral.
Est-ce qu'il y aurait un fondement à l'histoire que le Québec est devenu une province "dépendante" de la fédération pour financer ses activités et ce, un peu avant le début de la Révolution Tranquille? Cette histoire a du vrai, mais il faudrait creuser davantage.

Souvenons-nous que dans un billet précédant, je discutais de l'expansion du gouvernement provincial qui s'amplifie dans les années 1960. Cependant, le gouvernement du Québec dépensait aussi davantage en 1960 par Québécois en termes réels qu'en 1944 avec une explosion importante des dépenses en éducation et en transports (oui, en éducation). Souvenons-nous aussi que je notais dans le même billet que les revenus autonomes (c'est-à-dire ceux soulevés par le gouvernement du Québec seulement) étaient restés relativement stables au cours des années précédant la Révolution Tranquille. La question se pose donc à savoir comment étaient financées la hausse des dépenses du gouvernement provincial.

Il y a donc peut-être un fondement à considérer l'histoire du Québec comme une province qui développe une dépendance sur le reste de la fédération.

Source: Dupré, Ruth. 1988. “Un siècle de finances publiques québécoises : 1867-1969”. L’Actualité économique 62-4, 559-583.

Geloso, Vincent. 2010. “Economic policy in Quebec in 1940 and 1960: reassessment of the Great Darkness”. Dissertation Paper (m.sc) from the Department of Economic History at the London School of Economics and Political Science. 66p.

Québec. Institut de la Statistique. 2010. Produit intérieur du Québec 1926-1981. Québec: Institut de la Statistique du Québec. Provided only on demand directly to the institute.

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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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