Quelle question de merde...

samedi 21 novembre 2009 · Comments

Les Québécois aiment l'environnement! C'est la nouvelle du siècle...pas vraiment! On peut toujours poser des questions dans un sondage pour que les réponses nous avantagent. Alors commençons par voir la source du sondage: La fondation David Suzuki.

Déjà là on devrait être sceptique un peu, mais quand on dit que pour 71% des Québécois, la crise économique a été causée par «le fait de sacrifier la justice sociale et les préoccupations environnementales au profit des gains économiques», je serai vraiment étonné d'avoir un autre résultat que ca.

La question est tellement malhonnête c'est fou. Qui est contre la justice sociale? Qui est contre l'environnement? Quelle personne se dit publiquement fier d'être "greedy"? Non mais sérieusement, une nouvelle comme ca c'est tellement malhonnête que La Presse et Le Globe and Mail devrait avoir honte d'en parler!

Karl Marx sur le libre-échange

jeudi 19 novembre 2009 · Comments

En plein travaux sur la Révolution Industrielle et le protectionnisme de l'époque, je suis tombé sur un livre (étonnament en français) qui fait usage d'une citation de Karl Marx sur le libre-échange.

Il faut comprendre que dans les années 1830-1840, la population britannique augmentait considérablement sans que la production agricole n'augmente d'autant, des tarifs prohibitifs empêchaient l'importation de produits agricoles d'ailleurs. On les appelait les "Corn Laws". Ces lois, additionnées à des lois prohibitant l'exportation de machinerie et l'importation de linges finis, rapportaient peu en revenus à l'État britannique. Le premier ministre de l'époque, William Peel, a entamé de couper ces tariffs sans éliminer les autres encore en place qui rapportaient davantage de revenus. Plusieurs économistes, dont Richard Cobden ont fait campagne activement à l'époque pour éliminer ces lois. Karl Marx, commentant sur la campagne pro-libre échange de Cobden et des autres avait ceci à dire (traduction libre):
L'abolition des corn laws en Grande-Bretagne est la plus grande victoire que le libre-échange ait remporté au 19ème siècle. Dans tous les pays où les producteurs discutent de libre-échange, ils pensens aux libre-échange des produits agricoles et des matières premières en général. Frapper de tarrifs sur les grains étrangers, c'est infâme, c'est spéculer sur la famine des peuples.
Il accuse plus tard les "free-traders" d'hypocrisie et les critique virulement pour monter un discours cachotier. Mais bon, il n'empêche que j'ai ri quand j'ai lu cette citation de Karl Marx. On trouve toujours des perles dans des vieux livres d'histoire!

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Davis, Ralph. 1973. The Rise of the Atlantic Economies. London: Weindenfield & Nicholson

L'impact de ne pas s'appeler Henry

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Oreopoulos a envoyer 6000 CV à diverses compagnies de la région de Toronto, en changeant les noms, les pays d'études et d'expériences de travail. Donc il a par exemple envoyer le même CV mais une fois avec le nom Henry Smith et une autre fois, le même CV mais sous un nom chinois ou indien. Voici les taux de réponses (i.e: l'employeur voulait avoir une entrevue avec le candidat) (cliquez pour avoir une grande version):


Alors que le taux est de 15.8% pour un nom canadien, avec éducation canadienne et expérience canadienne, ce taux chute à 10.8% en changeant simplement le nom par un nom chinois. Il est intéressant de constater que venir de la Grande-Bretagne ne semble pas entraîner de discrimination. À l'inverse, un nom indien sans education ou expérience canadienne n'a que 5.3% de taux de rappel.

The EU and the british

mercredi 18 novembre 2009 · Comments

I have I enjoy the two first images about the Common Agricultural Policy, and the Common Fisheries Policy. I do not know much about the last few ones, but I like the depiction of how CAP actually is a big gift for France. Yet I find it funny that this clip does not mention the UK rebate that exists since 1980

Le populisme

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Via Suburbain lucide

Pour moi, le populisme est une forme de politique qui dépend uniquement des vas-et-vient d'humeur dans la population générale. Ainsi, un parti politique populiste qui prend avantage de la mauvaise humeur des électeurs et du ressentiment qu'ils ont sera un ramassis de gens avec idées différentes. Le mouvement n'a sa cohérence que dans le mécontentement commun et non pas idéologique.

Ce qui explique selon moi ce que j'argumente depuis maintenant 2 ans, que l'ADQ est fondamentalement un parti populiste et non pas un parti cohérent et bien fondé.

L'organique est bon pour la santé...

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Non pas vraiment selon le American Cancer Society:

At this time, no research exists to demonstrate whether such foods are more effective in reducing cancer risk than are similar foods produced by other farming methods.

Alors les pesticides sont mauvais? Non pas vraiment non plus dans le cas des États-Unis:

Although vegetables and fruits sometimes contain low levels of these chemicals, overwhelming scientific evidence supports the overall health benefits and cancer-protective effects of eating vegetables and fruits. At present there is no evidence that residues of pesticides and herbicides at the low doses found in foods increase the risk of cancer, but fruits and vegetables should be washed thoroughly before eating.

Le bonheur des uns

mardi 17 novembre 2009 · Comments

Vincent nous apprend dans un poste fort intéressant que la part des dépenses consacrées aux biens essentiels (nourriture, vêtements, etc) a fortement baissé depuis un siècle aux États-Unis. Il en conclut que les gens doivent probablement avoir une meilleure qualité de vie aujourd'hui. Je partage cette opinion, sauf que lorsque l'on observe l'indice de bonheur de ce pays, on voit un portrait différent. Tout d'abord, en 2009, le pays où les gens sont le plus heureux est... le Costa Rica! Voici le graphique pour quelques pays depuis 1950.


Naturellement, le problème est que cet indice est calculé (et calculé de manière gauchiste avec le footprint écologique...). Alors pourquoi ne pas demander tout simplement aux gens s'ils sont heureux? Avec cette mesure, la tendance à la baisse des États-Unis disparaît pour faire place à une ligne horizontale. Donc pas de baisse, mais pas de hausse non plus. Mais il faut préciser que les États-Unis semblent être un pays où le niveau de bonheur est élevé. Cependant, la question demeure: comment se fait-il qu'avec une telle hausse de la qualité de vie, les gens ne sont pas plus heureux?


Au fait, pour terminer, voici un graphique intéressant, je me demande si la tendance serait la même au Québec avec tous nos étudiants grano en socio et philo...


La qualité de vie aux États-Unis

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Je regardais l'étude suivante du Bureau of Labor Statistics et je me suis demandé la question suivante: si je devais demandé à l'Américain moyen si la qualité dans son pays est resté la même, a augmenté un peu, ou a augmenté beaucoup depuis le début du 20ème siècle. J'ai un sentiment que la plupart dirait "beaucoup" mais qu'une bonne partie dirait dirait "peu" ou même "resté la même".

J'aurai tendance à être avec les gens qui répondent "beaucoup" et j'ajouterai "vraiment beaucoup". Entre 1901 et 2002-2003, les familles américaines ont réduit dramatiquement la part des dépenses alloués aux biens essentiels (nourriture, vêtement et habitation).
Dans le cas de la nourriture, la chute est encore plus prononcée


Mais le fait que les ménages affectent, par définition, une partie plus importante de leurs revenus à des biens autres que les biens essentiels cache une partie du progrès réalisé depuis 1901. C'est pour cela que je dirai "vraiment beaucoup". Malgré la chute de la part de la nourriture dans les dépenses d'un ménage, on a accès à tellement plus de types d'aliments. On a maintenant des fruits et légumes hors saisons qui sont plus gros grâce à des progrès à des techniques agricoles. On a aussi davantage de types de fruits, légumes et viandes qu'on aurait jamais cru avoir avant. Par exemple, le poulet entier n'était pas quelque chose qu'on pouvait acheter pour 4.99$ dans un I.G.A en 1901 et oublier l'idée de manger de la dinde à d'autres moments qu'à Thanksgiving(Sowell 2007).

À cela, ajoutons tous les nouveaux biens et services rendus disponibles aux consommateurs américains depuis 1901: ipods, dvd, chalets, bâteaux, voyages, ordinateurs, télévisions, véhicules récréationnels, automobiles, clubs de santé, clubs de gym, camps d'été pour les enfants et la liste est vraiment presque sans fin. Honnêtement, je suis toujours impressionné de cela, c'est toujours fascinant de voir les progrès qu'il y a eu en seulement 100 ans(un 100 ans qui a inclu deux guerres mondiales et la grande dépression soit dit en passant).
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Sowell, Thomas. 2007. Economic Facts and Fallacies. New York: Basic Books.

The recession of 1921

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After my post on the Great Depression, I was discussing with Bryan the predictions that Cole and Ohanian made at the drough of the recession. Bryan was surprised to see that they predicted a nearly 50% increase in one year. My answer was that it was not uncommon at that time, especially if we looked at the 1921-1923 recession. I told him I would post data very soon regarding that recession, especially since it is not well known.

From a paper by one of my professor at LSE, I extracted the following graph that used the Index of Industrial Production by Christina Romer and Jeffrey Miron (link to the index
here) which was then compared to the a 2% trend in growth. It gave the following graph. Take a good look at the beginning of the graph for the 1921-1923 recession.

There was a gigantic and rapid drop in industrial production which was quickly erased by 1923. It may not seem much on a graph, but in a year industrial production falls by over 40% and then goes back up in less than two years. The same story is told by the Federal Reserve Bank Index of Manufacturing.

The explanation is the following: money supply. In 1921, the monetary base fell by 9% (largest single-year drop in the history of the United States) and price level fell by 18.5% in 1921 and real output per capita declined by 3.4% relative to trend. In both the Great Depression and the 1921-1923 recession, monetary policy seem to have a very important factor.

The prices were still falling in the 1921 recession when the economy began to recover and once they stabilized, the economy grew at a very fast pace. By 1923, real output per capita was 8% above trend and private investment was 70% above its 1921 level. So why did a drop in monetary base caused a price level decline and a decline in output which was then followed by a rapid recovery in the 1921 recession but not in the Great Depression?


As Friedman and Schwatrz note, the gigantic decline of the money supply by a third (they call it the Great Contraction) did contribute to the beggining the Great Depression, but why didn't the economy act like in the recession juste before? Why was the recovery so slow when the two recessions have so many logical similarities when it comes to monetary policy?
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Ritschl, Albrecht, and Tobias Straumann. Forthcoming. « Business Cycles and Economic Policy, 1914-1945 ». In Kevin O'Rourke and Stephen Broadberry (eds.), Economic History of Europe (working title), Cambridge: Cambridge University Press.


Friedman, Milton and Anna J.Schwartz. 1963. A monetary history of the United States: 1867-1960. Princeton: Princeton University Press.

Au sujet du blogue

Politiquement incorrects, scientifiquement justes

Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.



Vincent Geloso is currently a graduate student at the London School of Economics and Political Science in economic history. He holds a bachelor degree in Economics and Politics from Université de Montréal. He studied in the United States with the Washington Centre for Academic Seminars and Internships where he interned at the Hudson Institute. He also used to work at the Fraser Institute in Montreal. He published numerous articles in The National Post, The Financial Post, The Vancouver Sun, Cyberpresse.ca, La Presse, Le Québécois Libre and The Métropolitain. His main focus is economic history and the analysis of public policies.
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