Scab : vraiment néfaste?

vendredi 15 mai 2009 ·

Le Bloc Québécois continue depuis plusieurs années de pousser pour une loi fédéral qui réglementerait l'embauche de travailleurs de remplacement (scabs). Je ne pense pas que cette loi soit nécessaire en soit, en fait il est possible qu'elle soit néfaste.

Premièrement, les secteurs touchés par le code du travail fédéral ne représentent qu'environ 10% de la main d'oeuvre au Canada. Les secteurs concernés sont ceux des banques à chartes, des télécommunications, les aéroports, la fonction publique fédérale, de la marine, des réserves amérindiennes et les territoires. Plusieurs de ces secteurs me semblent comme plus susceptibles d'être les sujets de conflits de travail entre employeurs et syndiqués. On peut penser que les lois anti-scabs viendraient éviter d'envinimer les relations entre employeurs et syndiqués réduisant ainsi la fréquence et la durée des grèves. En fait, après 1995 les syndicats dénotent que la durée et la fréquences des conflits de travail se sont accrus.

Toutefois, le rapport Simms de 1995 qui révisait la première partie du code du travail du Canada disait le contraire. À l'avis du commissaire Simms, "il ne semble y avoir absolument aucun fondement pour attribuer l’augmentation de la durée des arrêts de travail survenus après 1995 dans le secteur à l’absence de loi interdisant les travailleurs de remplacement"

Une étude de dans Labour Economics concluait que les résultats des lois anti-scabs étaient au mieux mixtes, c'est-à-dire qu'elles allongeaient les arrêts dans secteurs secteurs et les réduisaient dans d'autres. Une autre étude de Cramton et al. dans The Labour Law Journal est quant à lui plus prononcé en affirmant que le pouvoir de négocation accru des syndicats par la réduction des alternatives pour les employeurs et donc ils sont capables de se permettre les coûts plus élevés des arrêts de travail plus longs et plus fréquents.
J'aurai tendance à argumenter avec Simms dans ce cas-ci, je ne pense pas que les effets des lois anti-scabs soient si désastreuses, mais je pense qu'elles empoisonnent les relations industrielles en offrant un rapport de force disproportionné pour les syndicats dans des secteurs avec une faible mobilité des facteurs de production comme les secteurs manufacturiers (ou dans le cas du code fédéral du travail; dans les aéroports, les ports, les services postaux et les transports).

Au final, je me permet d'émettre mon opinion quant au Bloc Québécois et sa proposition. Considérant son alliance (ou proche relation) avec les syndicats, le Bloc tente de rendre la pareil à des amis qui investissent des ressources dans la réélection des députés bloquistes en leur offrant la possibilité d'avoir une loi qui permet une augmentation de leur pouvoir de négociation.

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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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