Le Canada et les 29 counties de l'ouest de la Pennsylvanie
Une mesure inutile
Je ne vois pas pourquoi il est nécessaire d'inclure ce produit dans le panier des produits assurés par la RAMQ. J'ai toujours été favorable à un réseau de santé public si et seulement si ce dernier n'assure que certaines opérations sans détenir un monopole sur celles-ci. Ainsi, l'État n'assurerait qu'un panier d'opérations et procédures essentielles sans les produire lui-même.
En offrant la gratuité, les gens consomment davantage que nécessaire et du gaspillage se produit inévitablement et le contribuable ramasse la facture. Moralement, cela ne me dérange pas pour certaines procédures, mais dans le cas de la procréation assistée, ca me dérange. Je ne vois pas en quoi ne pas être capable de produire d'enfants mettrait en danger la vie d'une personne. Cela va bien au delà de la mission d'un système de santé et une telle politique a un coût.
Pour produire "gratuitement" ce service, il faut utiliser des ressources qui pourraient être utilisées ailleurs, par exemple dans l'augmentation du nombre de médécins de famille ou d'infirmières. Une politique peu nécessaire après tout et probablement néfaste...
Une nouvelle loi-anti-tabac? Une proposition
Cependant, je comprend qu'avec un système de santé public les fumeurs font assumés une partie des coûts par l'ensemble de la communauté. Comme je suis défenseur de maintenir un système partiellement public de santé, il y a une question de santé publique. Mais cela ne justifie en rien selon moi l'ensemble des lois sur le tabac, notamment l'interdiction de fumer dans les bars. En interdisant aux gens de fumer dans certains endroits, on ne rend pas les gens plus responsables de leurs comportements. En plus, dans le cas des bars, on viole le droit de propriété des restaurateurs et "bartenders". Alors voici les trois problèmes dans le débat:
- La responsabilité individuelle: je considère qu'interdire aux gens de faire quelque chose ne rend pas les gens responsables et conscients de leurs comportements;
- La propriété privée: je considère qu'un propriétaire de bar ou de restaurant est libre de disposer et d'utiliser leur propriété comme ils le désirent;
- La santé publique: considérant un système de santé public, la fumée produit des externalités que des gens qui ne fument pas doivent assumer (exemple: un non-fumeur doit payer par ses impôts les traitements d'une victime du cancer du poumon causée par la cigarette).
- Abolir la loi actuelle sur la cigarette dans les lieux publics (bars, restaurants);
- Remplacer la loi par une nouvelle loi qui met en place un "permis de tabac" similaire aux permis d'alcool dont les fonds seraient mis dans une "caisse autonome" qui devraient aller obligatoirement au financement des soins de santé.
Une idée simple pour la santé (mais controversée)
Il y a quelques jours, une histoire d'horreur s'est produite quand Mr.Pitre est mort sur une liste d'attente pour une opération cardiaque. À cela s'ajoute aujourd'hui la démission du directeur national des urgences. La Presse note avec raison que les listes d'attente deviendrait quelque chose qui serait vite dans notre passé selon les promesses de Jean Charest. Alors j'ai une petite idée qui pourrait être politiquement très simple et sans coût, mais qui réglererait sûrement une petite partie du problème.
Pourquoi ne pas permettre l'existence d'un hôpital complétement privé? Disons qu'il est possible d'ouvrir un hôpital maintenant et que toutes les opérations, rencontres ou consultations dans cet hôpital seraient payés soit de la poche des consommateurs, soit de l'assurance, soit de l'oeuvre de charité ou même financés par la charité privée. En rien cela ne questionnerait l'existence du réseau public. En laissant la liberté aux docteurs de travailler des heures supplémentaires au delà de leur plafond permis dans le réseau public, cela permettrait d'ajouter à la force de travail que représente l'infîme minorité de docteurs qui se sont déassfilliés du réseau public.
Mon amie Joanne Marcotte affirme que les hôpitaux anglophones sont mieux gérées que les hôpitaux francophones. C'est peut-être vrai, mais ca ne produit aucune distinction entre l'efficacité du privé et l'efficacité même si ca montre que l'État-Providence n'a pas détruit les liens de communauté plus forts qui existent au sein des communautés juives, anglophones et allophones de Montréal. En fait, l'hypothèse que moi, Bryan, Joanne Marcotte et d'autres collègues faisons c'est que le système public actuellement conçu est: 1) peu efficace sur le plan administratif; 2) limite l'offre de travail; 3) limite les choix des patients; 4) affecte dramatiquement la qualité de vie des patients.
En laissant l'émergence d'une telle institution, il y aura une sorte d'expérience qui ne produirait pas d'effets anti-déontologiques. Les médécins continueraient d'opérer obligatoirement dans le réseau public selon les barêmes établis par le gouvernemnt. Les patients qui iraient dans ce réseau le feraient librement et conscients du fait qu'ils devront soit payer de leur poche, soit contracter une assurance. Les médécins désaffiliés auraient une opportunité de travail. Ainsi, nous pourrions désengorger les hôpitaux publics de certains patients qui trouvent que le temps qu'ils passent à souffrir et attendre mérite que des fonds soient déboursés de leurs poches. Le choix d'aucun individu serait violé, au contraire les choix seraient multipliés et aucun fond public additionnel n'aura été utilisé. En plus, si je ne m'abuse, je ne crois pas que cela conviendrait en aucun point à la loi Canadienne sur la Santé et ne contiendrait aucune pénalité financière de la part d'Ottawa.
Cet hôpital choisira sa propre méthode administrative et agirait selon les désirs de ses consommateurs et pourrait innover librement dans l'utilisation des techniques. L'idée de cet hôpital est l'équivalent des zones commerciales franches mais pour les soins de santé et de faire comme avec les écoles publiques-privées. Deux réseaux qui se compétitionnent augmentent la qualité pour tout le monde. Le récent palmarès des écoles dressés par l'Institut Économique de Montréal a noté que depuis le premier palmarès et l'augmentation des écoles privées, les deux réseaux se sont améliorés considérablement et ont commencé à offrir des meilleurs services aux enfants. Ici, nous aurions un hôpital privé qui ferait compétition au réseau public et pourrait offrir les mêmes soins de santé que le réseau public, alors que la seule différence sera que les gens pourront payer.
Au pire, si ca ne produit pas des grand gains administratifs contrairement à mes présuppositions (ce que Bryan, Joanne et plusieurs autres pensons), le secteur public aura été desengorgé de certains patients plus riches qui voulaient payer et dont l'argent des impôts servira quand même à financer en partie le réseau public. Il y aura donc eu une allocation des patients selon la volonté de payer et les plus démunis ne seront pas affectés.
Au mieux, nous montrons qu'il y a des gains d'efficacité importants ce qui justifie l'argumentaire qu'une certaine couverture public ne justifie en rien la production publique des soins!
Qui sont les 45 millions?
Qui sont donc les mystérieux 45 millions de non-assurés aux États-Unis. Comme les chiffres que Bryan a sorti avant moi, plusieurs sont des jeunes qui se croient invincibles, des gens qui sont en transition entre des emplois et des hispaniques qui viennent tout juste d'arriver aux États-Unis.
Néanmoins, ces 45 millions ont-t-ils vraiment aucune couverture? J'ai de la difficulté à croire que des médécins refuseraient de traiter un patient en danger imminent sur la base qu'il n'a pas d'assurance ou même que des gens très pauvres se feraient charger des fortunes pour leurs soins de santé. Il est difficile de croire qu'un gouvernement démocratiquement élu laisse autant de gens sans aide. Le docteur David Gratzer note justement cela dans un article du Los Angeles Times. Près du tiers des non-assurés sont éligibles - mais ne sont pas enrollés - pour des programmes comme Medicaid. Il note aussi que ces gens qui améneraient leurs enfants en urgence (Medicaid couvre les enfants) pourraient s'inscrire sur le champs. Les gens décident juste de ne pas remplir la documentation nécessaire.
Selon Gratzer, selon 8.2 millions des 45 millions sont chroniquement non-assurés à cause des coûts élevés des assurances.
AJOUT: Au sujet du tiers des non-assurés éligibles à des programmes gouvernementaux et le 8.2 millions sur le 45 millions, ma source est le livre de David Gratzer intitulé The Cure.
Hola pour le tourisme médical
Malgré que nous ne parlons pas souvent de santé, vous devez vous attendre à ce que les auteurs de ce blogue(je pense pouvoir parler au nom de Bryan ici) sont partisans d'un système de santé mixte avec une forte contribution du secteur privé.
Toutefois puisque le ministre actuel de la santé est un démagogue et que l'autre ministre auparavant était un hypocrite, on se retrouve avec un système relativement archaïque (malgré quelques améliorations mineures au plan administratif).
C'est pour cela que je suis content de voir ces chiffres sur le tourisme médical. Heureusement que ce tourisme médical existe parce qu'il permet à des individus dans des pays émergents d'avoir des emplois de haute qualité à des salaires très élevés pour la moyenne nationale et qui leur permettra d'accélerer leur rhytme de croissance pour atteindre des niveaux d'affluence jamais égalés auparvant. En sus, il permet à des riches Québécois d'aller se faire traiter ailleurs tout en continuant de payer des impôts et en se retirant des listes d'attente.I am Vincent Geloso and I approve Medical tourism...
Démagogie sur la santé
Un vétérinaire pour tous les Québécois!
Puisque le PQ et le PLQ se livre à la démagogie quant au privé au santé accusant les partisans d'un systéme mixte comme moi-même et Bryan de vouloir substituer la carte American Express à la carte soleil, j'ai décidé de me livrer à un exercice de démagogie que je trouve pédagogique.
J'ai le droit d'amener mon chat (hypothétique là, j'ai pas de chat et Bryan sait que je déteste ces trucs) chez le vétérinaire et obtenir un service pour des frais modiques dans l'une des cliniques vétérinaires du Québec. Mon chat aura probablement un délai d'attente de quelques heures pour un diagnostic et une radiographie. En l'espace de 1 semaine au maximum, mon chat sera soigné et de retour à miauler pendant je dors. Mon chat aura obtenu un traitement plus rapide qu'un enfant sur liste d'attente ou d'un camionneur qui veut se faire soigner pour une hernie discale. Vous trouvez que je suis démago? Moi aussi, mais j'ai pas fini là!
J'ai une promesse. Oui-oui, je veux promettre quelque chose. Un vétérinaire pour tous les Québécois. Cette promesse permettra d'augmenter l'offre de soins de santé sans engendrer de nouvelles dépenses publiques et en offrant une certaine dose de flexibilité au systéme de santé.
À toutes fins pratiques, si je tombe dans les marches de mon appartement et que je me fracture le bras, je pourrai aller voir un vétérinaire (certains gauchistes disent que je suis ''chien'') et me faire soigner pour ma fracture. J'aurai sûrement moins de temps d'attente que dans une clinique privée ou même dans un hôpital public. Alors déréglementons la profession des vétérinaires pour leur permettre de pratiquer pour des actes médicaux légers comme des luxations ou des fractures, on augmenterai l'offre de soins de santé et les ''riches'' (i.e. méchants ébouillanteurs de chatons ou de chiots) pourront payer de leur poche et pas encombrer le secteur public.
Je veux dire, j'ai le droit de payer pour faire réparer la patte brisée de mon chat, mais j'aurai pas le droit de demander à un vétérinaire de le faire?
(NOTE : J'étais complétement ironique ici, mais je voulais répondre à la démagogie)
Jean Charest : Drôle d'accusation
Jean Charest accuse Pauline Marois des déboires du systéme de santé. Mais on dirait que le pyromane jette le blâme sur l'autre pyromane qui a commencé avant lui. Aprés tout, c'est Jean Charest qui a adopté la loi 33 - la loi la plus timide quant au jugement Chaouilli rendu par la Cour Suprême, refusant d'aller vers la conclusion logique du jugement. C'est lui aussi qui a tabletté les recommandations principales du rapport Castonguay (je m'en fous qu'il aille réalisé 65% du rapport, c'était le 65% facile où tout le monde était d'accord et à l'université, 65% la note qu'on obtient c'est C, c'est pas un A et c'est pas brillant un éleve qui a C de moyenne (quoique ça ne rend pas inéligible).
Désolé, mais je pense que si on doit accuser Pauline Marois, Jean Charest devrait être assis à ses côtés sur cette question. Si il avait vraiment voulu résoudre le probléme de la santé et appliquer le Rapport Castonguay, Jean Charest n'avait qu'à embrasser l'ADQ qui a même déposé un projet de loi pour appliquer le rapport. L'ADQ l'aurait appuyé jusqu'en enfer sur l'ouverture au secteur privé. Mais non, il n'a rien fait!


