Les gauchistes et la mondialisation: partie 2

dimanche 7 février 2010 ·

En 1997, l'économiste Lant Pritchett a estimé qu'entre 1870 et 1990, le ratio du revenu per capita entre les pays pauvres et pays riches ont augmenté par un facteur de cinq. En ce respect, les gauchistes comme ceux de la LSE-Socialist Society ont raison d'affirmer que les thèses économiques de convergence ne se sont pas produites. Cependant, il faut expliquer pourquoi.

Depuis 1950, la croissance économique s'est accéléré considérablement. Pendant la Révolution Industrielle, on observait des taux de croissance moyen du PIB réel per capita allant de 1.1 pourcent à 1.5 pourcent alors que dans la période post-deuxième guerre mondiale, on voit une tendance allant beaucoup plus proche du 2 pourcent. Cela implique que lorsqu'une erreur de politiques publiques est faite par un pays X, le coût mesuré en écart avec les autres pays est plus importants. En fait, comme l'économiste Benjamin Friedman la "mondialisation favorise tous les participants qui se libéralisent (...) et pénalise ceux qui choississe de ne pas libéraliser".

Quand on regarde les travaux de Steven Dorwick et Brad De Long sur les "clubs de convergence", on voit cela à l'oeuvre. Plusieurs pays commencent à converger pendant un moment avant de quitter le mouvement suite à des changements antimondialisation.


Un bon exemple de cela est le cas de Madagascar et de l'Île Maurice. Les deux avaient lors de leur indépendance dans les années 1960, de grandes similarités quant à la nature de leurs industries et revenu per capita. Cependant, Madagascar a opté pour le socialisme pendant près de 20 ans alors que l'Île Maurice a opté pour une certaine ouverture économique et une défense assurée de la propriété privée. Le fait est que l'écart entre les deux pays est gigantesque et l'Île Maurice est présentée comme une histoire de réussite de l'ouverture économique et Madagascar est un autre cas de l'impossibilité de la planification économmique. L'économiste Robert Lucas affirme que les écarts sont explicables pricipalement aux différences entre les politiques choisis par les pays. Au tournant des années 2000, ce dernier a affirmé qu'avec les apprentissages des erreurs passées et la tendance marquée en faveur d'une intégration des marchés, il devrait y avoir une convergence qui s'effectuerait au cours du 21ème siècle.

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Source:

Crafts, Nicolas. 2004. « The World Economy in the 1990s: A long-run perspective ». London School of Economics and Political Science, Department of Economic History Working Paper 87/04. London: Department of Economic History.

De Long, Brad and Steve Dorwick. 2003. « Globalization and Convergence ». Michael D. Bordo,Alan M. Taylor,Jeffrey G. Williamson (ed), Globalization in Historical Perspectives. Chicago : University of Chicago Press.

Dollar, David and Art Kraay. 2004. « Trade, Growth and Poverty ». Economic Journal 114: F22-F29.

Friedman, Benjamin. 2005. Moral Consequences of Economic Growth. New York: Knopf.

Grier, Clark. 2008. « Empirics of Economic Growth ». Dans David Henderson, dir., Concise Encyclopédia of Economics. Online. http://econlib.org/library/Enc/EmpiricsofEconomicGrowth.html (page consulted on the 19th of January 2010).

Lucas, Robert. 1990. « Why doesn’t Capital Flow from Rich to Poor Countries ». American Economic Review 80(2): 92-96.

Lucas, Robert. 2000. « Some macroeconomics for the 21st century». Journal of Economic Perspectives 14(1): 159-178.

Pritchett, Lant. 1997. « Divergence Big Time ». Journal of Economic Perspectives 11(3): 3-17.

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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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