Mes grains de sel sur la santé

dimanche 16 août 2009 ·

J'ai suivi de manière distante le débat sur ce blogue sur la nature du système de santé américain. Il était inévitable que le débat porte aussi sur la place du marché dans un tel système, cependant je suis étonné que personne n'aille noté que le système de santé américain n'a rien de capitaliste.

Certains aiment dépeindre le système américain comme l'épouvantail pour repousser toutes tentatives de privatisation partielle du système de santé ou de complémentarité du seceur privé. Mais l'épouvantail devrait plutôt nous effrayer quant à l'intervention gouvernementale. Il existe de lourdes réglementations qui empêchent les résidents de se magasiner une assurance en dehors de leur états comme c'est le cas à New York. C'est aussi une des raisons que le docteur David Gratzer dans The Cure note qu'une assurance à New York coûte 4 fois plus chère qu'une assurance dans le Connecticut à cause des réglementations.

Ne dessinez pas des conclusions à partir de ce fait cependant. Je pense que la chose la plus importante est qu'il existe 45 millions d'Américains non-assurés. Mon instinct me dit que ces 45 millions de non-assurés sont des gens à risques faibles (sûrement des étudiants qui se sentent invincibles) qui pourraient se joindre à la population assurée pour réduire le coût d'assurer des gens plus risqués. Cela m'amène à la nature de l'assurance dans le domaine de la santé. Comment peut-t'on savoir les risques de santé d'une personne, surtout des cas génétiques, et ensuite calculer la prime à payer avec précision? J'ai surtout un problème moral à admettre que des gens paient plus chers pour leur assurance à cause d'un facteur qu'ils ne contrôllent pas: leur code génétique. Quelqu'un dont la famille a une longue histoire de défaillances cardiaques à des jeunes âges et qu'elle naît avec la même prédisposition, doit-t-elle assumer le coût de quelque chose qu'elle ne contrôle pas?

J'aurai tendance à supporter un régime d'assurance publique pour des raisons similaires à Bryan. Toutefois, le vrai débat devrait porter sur le cadre. Doit-t-on adopter un modèle plus proche de celui de la Suisse pour que tous aillent des assurances de manière compulsive? À premier abord, je ne suis pas favorable à un tel modèle. Je suis plutôt favorable à l'idée d'une couverture élémentaire qui couvre certaines conditions et situations de manière universelle et qui sera financée à même les taxes. Mais cela n'empêche en rien la provision privée des soins de santé, un réseau de santé parrallèle, des assurances complémentaires ou duplicatrices. Mon avis est qu'il est possible d'assurer une certaine équité tout en permettant un marché relativement libre de l'assurance complémentaire (ou duplicatrice), parrallèle ainsi que la provision privée des soins de santé. À cela pourrait aussi s'inclure l'idée d'un ticket modérateur pour éviter les abus de l'assurance universelle qui couvrirait certaines conditions.

12 commentaires:

Bryan Breguet a dit…
17 août 2009 à 10:20  

Ton "instinct" te dit? lol

Pourquoi préférer financer l'assurance maladie par les taxes (donc si tu es riche, tu paies beaucoup plus), plutôt que par une "prime par tête" comme en Suisse? Après tout, tant qu'on aide les plus pauvres à payer leur prime, cela n'est pas si régressif. La question est vraiment: doit-on utiliser l'assurance maladie comme moyen de redistribution? Car en finançant avec des taxes, c'est ce que tu ferais.

Vincent Geloso a dit…
17 août 2009 à 10:29  

1: Oui, parce que la santé c'est vraiment pas ce que j'aime suivre tant que ca. J'ai pas les mêmes connaissances que toi ou Louis sur la question

2: Hmmm, effectivement. Je n'avais pas vu cela comme ca. Au final mon objectif n'est pas vraiment de faire de la redistribution mais plutôt de financer une "manière" de s'assurer que des gens à risque (comme disons un mec dont son père et son grand-père paternel sont morts de crises cardiaques à 45 ans). Dans ce cas, puisque je ne vise pas tant la redistribution, le modèle suisse aurait ses attraits.

louisp a dit…
17 août 2009 à 10:42  

hmm pour le ticket moderateur, je ne suis pas certain.
Ce que j ai lu sur le sujet, est que
1- cela ne semble pas reduire la frequentation du patient (mais maintenant lui coute plus cher)
2-cela ne semble pas freiner les couts du systeme de sante en general
3-dans les cas ou il y a eu de la dissuasion, cela a entrainer une hospitalisation plus longue dans le futur vu qu il n y a pas eu de traitement au debut.

Pour etre tres honnete, je n ai pas fait de recherches tres poussees sur le sujet...mais a premiere vue ce n est pas super efficace. En fait, si ca interesse quelqu un, la France semble utiliser le ticket moderateur. Faudrait voir ce que cela donne.

ps. desole pour les accents, je suis sur un ordi "d anglais"...et on est pas foutu de changer la langue du clavier.

Vincent Geloso a dit…
17 août 2009 à 10:48  

LouisP:

1: T'es juste pas assez intelligent pour savoir que dans la bande en bas, tu as l'option "language" sur lequel tu peux configurer le français. T'es gauchiste, c'est pas ta faute :P

2: J'ai entendu les mêmes commentaires, mais je suis sûr que y'a une manière d'éviter ton point 3. Quant au point 2 ou 1, ca dépendrait de la hauteur du ticket.

Anonyme a dit…
17 août 2009 à 11:07  

Geloso est un gauchiste qui a poignardé Plante dans le dos!

Vincent Geloso a dit…
17 août 2009 à 13:09  

Gauchiste moi? Elle est bonne celle la, t'es probablement un épais qui a lu Von Mises et qu'il est devenu pour toi ce que Jésus est pour Mike Huckabee

JC a dit…
17 août 2009 à 20:16  

Tu as un bon point Vincent; on retrouve beaucoup de 'born again' Libertarians sur les forums/blogs/etc. C'est souvent les pires parce qu'ils n'ont pas l'experience pour maitriser les concepts derriere l'ideologie et sont par contre sans nuances face a l'interpretation...

Vincent Geloso a dit…
17 août 2009 à 21:48  

PABSTA, l'ancien président de la FEUQ, un gauchiste dit souvent que "Un attachement à la justice sociale n'implique pas qu'on peut dire n'importe quoi"

Je dirai dans mon cas "Un attachement aux libertés individuelles et au libéralisme implique de savoir de quoi on parle"

David a dit…
17 août 2009 à 23:41  

von Mises et Hayek savaient de quoi ils parlaient.

Par exemple, je doute que von Mises et Hayek aient fait des virage à 180 degrés sur leur principes simplement pour se rapprocher d'un politicien.

Ouais, il faut effectivement savoir de quoi on parle lorsqu'il est question de libertés individuelles et au libéralisme.

La liberté ce n'est pas quelque chose qui se met dans une équation.

louisp a dit…
18 août 2009 à 05:40  

"La liberté ce n'est pas quelque chose qui se met dans une équation."

lol pourtant tu peux ;-p
C'est pas parce que tu es incapable de concevoir comment on le fait, qu'il est impossible de le faire.

Je te suggère de trouver un livre à la bibliothèque: "Freedom in Economics: New perspectives in normative analysis".
C'est très intéressant, c'est écrit par des philosophes et des économistes. Histoire de mettre les deux disciplines ensemble sur le sujet. En plus...il y a des équations...

louisp a dit…
18 août 2009 à 08:18  

pour etre plus clair, pas necessairement des equations, mais on peut utiliser l analyse mathematique pour traiter du sujet.

Guillaume a dit…
18 août 2009 à 09:20  

Concernant le nouveau sondage, mon avis personnel sur la question est que l'accès à des soins de santé est :

* le privilège des habitants des pays riches,
* un droit pour les habitants des pays riches.

Idem pour l'éducation.

Mais ça n'a pas vraiment de liens avec le système de santé choisi... Aux États-Unis, les soins de santé sont un privilèges, mais la situation y est bien meilleure qu'à Cuba, où ils sont pourtant un droit...

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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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