Juste un petit commentaire sur la flat tax

mardi 14 juillet 2009 ·

Je suis tout à fait d,accord avec ce que dit Vincent. J'ajouterais deux choses:

1) je n'ai jamais compris pourquoi les partisans de la flat tax insistent tant sur un taux unique. On pourrait avoir toutes les simplifications ET avoir deux taux (par exemple, de 15k à 100k, et >100k). Le système n'est pas fondamentalement modifié. Et l'argument du "c'est plus simple à calculer", ne me faites pas rire, la majorité des gens utilisent un ordinateur à l'heure actuelle.

2) Vous voulez une vraie simplification fiscale? Un rapport d'impôts harmonisé entre Québec et le fédéral! Cela est très facilement possible et économiserait beaucoup d'argent.

Néanmoins, bravo à Jean-François Plante pour relancer le débat. Il anime cette course! Et soyons honnêtes, si un gouvernement instaurai la flat tax, Vincent et moi ne serions pas dans les rues pour protester! lol

8 commentaires:

David a dit…
14 juillet 2009 à 18:34  

Le taux progressiste décourage le travail, alourdit la bureaucratie et le système de crédit d'impôt fait en sorte que les politiciens peuvent faire plaisir aux groupes dont ils désirent acheter le vote.

Voici de quoi à l'air un formulaire dans un régime avec une flat tax, ça tient sur une page:

http://www.antagoniste.net/WP-Uploads/2008/01/flattax200108b.gif

http://www.antagoniste.net/WP-Uploads/2008/01/flattax200108c.gif

On dit que l'impôt progressif ne change rien, car au final, le travailleur aura toujours un salaire supérieur si l’on décide de travailler plus. C'est juste, mais ce raisonnement oublie de considérer le tradoff consenti par les travailleurs qui font du temps supplémentaire (par exemple).

Faire des heures supplémentaires c'est d'abord un sacrifice. Travailler 60h par semaine c'est renoncer à 20 heures de temps libre.

Pour que ce sacrifice soit attrayant, il doit y avoir un bénéfice important (c'est pour cette raison que le salaire horaire du temps supplémentaire est supérieur au temps régulier). Quand la bracket d'imposition change, ce sacrifice devient tout simplement moins attrayant.

Il devient tout simplement moins tentant de sacrifier 20h de temps libre pour travailler.

Mon père travaillait chez Bombardier (train), dans le département de soudure lourde (un travail très exigeant). Et c'est le calcul qu'il faisait: le salaire qu'il lui restait du temps supplémentaire ne valait pas la sacrifice physique consenti. Il trouvait préférable de gagner moins, mais d'avoir plus de temps pour lui et sa famille.

L'impôt progressif fait en sorte que l'on biaise le tradeoff.

Et mon père n'est pas le seul. Dans son département il était quasi impossible de trouver des ouvriers pour faire de l'"overtime". Les travailleurs préféraient relaxer chez eux que de "travailler pour le gouvernement" (leur propre parole).

Faire du temps supplémentaire pour ensuite voir le gouvernement faire une énorme ponction sur son chèque de paye, c'est un puissant incitatif à renoncer à faire des heures supplémentaires même si de manière absolue ça représente un salaire supérieur.

Bryan Breguet a dit…
14 juillet 2009 à 18:59  

David, l'énorme majorité des études sur le sujet démontrent que l'offre de travail est très inélastique. En d'autres mots, peu importe que tu sois taxé 20% ou 25%, cela ne semble pas modifier les comportements (i.e tu ne décides pas de travailler moins). Il y a plusieurs raisons à cela, entre autres: pour bcp de personnes, ce n'est tout simplement pas un choix. Tu ne choisis pas ton nombre d'heures, tu bosses ton 35h/semaine et voilà.

David a dit…
14 juillet 2009 à 19:08  

@ Bryan Breguet:

Il faut croire que les ouvriers qui travaillaient avec mon père non pas lu ces études...

Et dans le contexte de pénurie de main-d'œuvre, le choix de faire ou non du travail supplémentaire va considérablement augmenté i.e. les gens auront de plus en plus la possibilité de choisir le nombre d'heures travaillées.

En passant, ces études ont été réalisées au Québec ?

Bryan Breguet a dit…
14 juillet 2009 à 19:15  

Mmh je me souviens plus, probablement pas, pas pour la plupart, logiquement. Mais en quoi un travailleurs du Québec est-il fondamentalement différent d'un travailleurs aux Etats-Unis? C'est possible, mais saches que l'inélasticité de l'offre de travail est un résultat retrouvé très fréquemment dans la littérature. Cela ne signifie pas que tu ne trouves pas des cas (ton père) qui auraient travaillé davantage. Simplement, globalement, la progressivité des taux d'imposition ne semble pas avoir un effet pervers important.

David a dit…
14 juillet 2009 à 19:46  

Bryan Breguet a dit...

Les régimes fiscaux du Qc et des USA sont très différents et il est tout a fait plausible de poser comme hypothèse que dans ces 2 régions, les gens aient des réponses différentes pour un incitatif donné.

Dans ces études, on parle de la productivité?

@xe a dit…
14 juillet 2009 à 20:14  

@Bryan

Peut-être que l'effet n'est pas si important mais crois-moi que quand une personne sait qu'elle va changer de bracket en faisant de l'overtime, elle évitera probablement d'en faire. Certains en font quand même car ils ignorent probablement leur situation par rapport à ces "brackets".

En informatique, quand ils ont besoin de gens pour prendre un pagette de dispo, certains refusent quand ils savent qu'ils s'approchent de la limite. Je vois très souvent cet argument pour ne pas en faire alors que ce sont des gens travaillants qui feraient le travail autrement.

Anonyme a dit…
14 juillet 2009 à 20:37  

Je suis un Ph.d americain etudiant a George Mason University, je me considere libertarien. Vincent m'avait demander un document sur la taxation progressive et generalement, meme dans le Hall-Rabushka Model que Vincent utilise (I think he is using that one), les auteurs mentionnent que les taux progressifs ne sont pas en soit un grand decouragement au travail. La quantite de travail affecte tres peu la productivite, c'est les "capital investments" qui permettent d'augmenter la productivite. After K*L = Production. Knowing Vincent, I am convinced he favours considerable deregulation of business activities and lowered corporate taxes (I think he even favours eliminating corporate taxes).

JDH
George Mason University
En vacance en Montreal

Bryan Breguet a dit…
14 juillet 2009 à 20:50  

@David: je me souviens pas des études en particulier, juste du résultat. Mais je peux retrouver si tu y tiens vraiment.

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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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