Hydro-Québec

samedi 16 mai 2009 ·

André Pratte déclare "qu'il ne faut pas oublier qu'Hydro-Québec demeure une irremplaçable source de richesse et de compétences pour le Québec". Je me permet d'en douter.

Le blogue de mon ami Laurent Moss de la Polytechnique fournit un billet intéressant à ce sujet :

On pense par exemple à la télésérie Les Bâtisseurs d'eau, qui célèbre le rôle d'Hydro-Québec dans le développement économique du Québec, ou au désormais immortel slogan "Maîtres chez nous", utilisé par les Libéraux pour promouvoir la nationalisation de l'hydro-électricité lors des élections provinciales de 1962.

Cependant, la réalité est plus nuancée. Ainsi, dans les décennies qui ont suivi la nationalisation de l'hydroélectricité, le rendement sur le capital investi par Hydro-Québec a été plutôt faible. Par exemple, selon un mémoire de maîtrise intitulé "Le taux de rendement ex-post du capital investi d'Hydro-Québec ajusté à l'inflation de 1966 à 1989":

Au cours de la période allant de 1966 à 1989, [...] [le] taux de rendement réel sur le capital investi [pour Hydro-Québec a été] de 4,25%. Ce taux est inférieur au taux réel payé par Hydro-Québec pour ses nouveaux emprunts durant la même période, soit 7,5%.1


Selon un article écrit par Jean-Thomas Bernard, professeur au Département d'économique de l'Université Laval, dans la période allant de 1980 à 1998, Hydro-Québec n'a pas payé de dividendes au gouvernement du Québec au cours de 10 années sur 18 car son taux de capitalisation n'était pas suffisant. De plus, au cours de la même période:

[L]e rendement sur l'avoir-propre a été particulièrement bas. Depuis 1983, le taux de rendement sur l'avoir-propre a toujours été inférieur au taux d'intérêt moyen payé par Hydro-Québec sur ses propres obligations.

Selon le rapport annuel 2004 d'Hydro-Québec (p. 108), il semblerait qu'Hydro-Québec affiche maintenant depuis 2002 un solide rendement sur l'avoir propre. 40 ans après la nationalisation de l'hydro-électricité, on peut dire que ce n'est pas trop tôt.

2 commentaires:

Anonyme a dit…
17 mai 2009 à 10:12  

Hydro-Québec ne pourra qu'être de plus en plus rentable à l'avenir. Maintenant qu'on a fini de payer les barrages, les revenus seront d'autant plus grands. Pour une rare fois, André Pratte a raison.

Mathieu a dit…
17 mai 2009 à 10:33  

Maintenant qu'on a fini de payer les barrages, les revenus seront d'autant plus grands.Ah oui? Depuis quand on a effacé la dette d'Hydro-Québec?
Dans la plus stricte réalité, la dette s'est même accrue de 2007 à 2008.

http://www.hydroquebec.com/publications/fr/rapport_annuel/pdf/rapport-annuel-2008.pdf

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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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