Quelques faits sur la Colombie-Britannique

mercredi 29 avril 2009 ·

Oui j'ai pensé que de vous donner quelques info sur ma province de résidence pourrait être intéressant. Tout d'abord, une belle illustration de comment la CB gère mieux ses soins de santé. D'après un sondage Angus-Reid réalisé pour la campagne électorale qui a lieu présentemment, voici un résultats important:

The most important issue facing British Columbia continues to be the economy (34%, -2 since late March), followed by Crime/Public Safety (13%, -6) and the environment and health care (both tied at 10%).

Quand la santé est releguée à seulement 10%, à égalité avec l'environnement, cela prouve que les gens ne s'en soucient vraiment pas! Il faut dire qu'il est beaucoup plus facile d'avoir accès à des soins ici (j'en ai fait l'expérience il y a 1 semaine, cela m'a prit 10 minutes pour avoir ma prescription dans une clinique sans rendez-vous!).

Ensuite parlons un peu fiscalité, puisque la date limite pour soumettre sa (ses au Québec) déclaration(s) est imminente. Voici les taux de taxation au Québec:

Les taux d'imposition applicables pour 2008, selon le revenu imposable, sont les suivants :

Revenus supérieur à
Sans excéder Taux
0 37 500 $ 16 %
37 500 $ 75 000 $ 20 %
75 000 $ 24 %


Pour comparaison, voici ceux en CB:

axable Income - 2009 Brackets

Tax Rate

$0 to $35,716

5.06%

$35,716.01 to $71,433

7.70%

$71,433.01 to $82,014

10.50%

$82,014.01 to $99,588

12.29%

Over $99,588

14.70%


Hey oui, le plus haut taux en CB est plus bas que le plus faible taux au Québec! (bon pour être complètement rigoureux, les résidents du Québec bénéficient d'un abattement spécial de 16% de l'impôt fédéral vu que le gouvernement québécois a des responsabilités en plus par rapport aux autres provinces. Donc la différence nette est moins grande, elle reste néanmoins significative). Vous pouvez vous en convaincre en utilisant le tax freedom day calculator du Fraser si vous voulez.

Finalement, il y a certes une campagne électorale, mais également un référendum sur la réforme du mode de scrutin. La CB avait dit OUI à 58% en 2005 mais le seuil était de 60%, ils réessayent donc une autre fois) (remarque perso: quand on voit que la CB requiert 60% pour un mode de scrutin, je me demande bien comment des Québécois peuvent rêver que 50%+1 suffirait pour séparer le Québec... Et ne venez pas me dire que c'est la règle habituelle au Québec, puisque même pour les défusions municipales, le seuil était plus élevé - il fallait je crois 50%+1 mais représentant au moins 35% des électeurs inscrits). Quoiqu'il en soit, le mode de scrutin proposé est le STV (single transferable vote). Ce système proportionnel est utilisé dans peu de pays, dont l'Irlande. Personnellement, j'aime beaucoup ce système (avec le système mixte allemand). Il peut certes paraître complexe, mais du point de vue de l'électeur, il est très facile. Et surtout, il donne beaucoup de liberté aux citoyens pour exprimer leurs préférences, et c'est exactement ce que à quoi sert un mode de scrutin! Un mode de scrutin n'est pas là pour donner des majorités artificielles ou empêcher des formations politiques d'avoir des élus. Je croise les doigts pour que la réforme soit acceptée par au moins 60% des résidents de CB, cela montrerait la voie aux autres provinces. Voici une petite vidéo explicative:


6 commentaires:

Guillaume a dit…
30 avril 2009 à 07:38  

Personnellement, j'aimerai mieux le scrutin uninominal à deux tours au STV...

Don't Tread on me a dit…
30 avril 2009 à 11:31  

La proposition de réforme de scrutin au BC est-elle excatement la même que celle proposée en 2005?

@Guillaume:

Je préfère le STV car il nous permettrait d'exprimer nos préférences entre différents candidats d'un même parti. Ainsi, si on aime les idées d'un parti mais pas nécessairement le candidat qui nous ait suggéré, le STV permet au citoyen de s'exprimé à ce sujet.

Guillaume a dit…
30 avril 2009 à 12:54  

L'avantage du scrutin uninominal à plusieurs tours (en général deux, mais je crois qu'une absence de limite serait préférable) est qu'on sait toujours qui est en liste lors du deuxième tour (ou des tours successifs) et qu'on peut alors ajuster son vote en conséquence.

Avec le STV, je consens qu'il n'y a pas de "tours" proprement dit. Mais il reste que les électeurs ne savent pas qui devra affronter leur candidat lors du second "tour" et qu'ils ne peuvent pas ajuster leur vote en conséquence.

Bryan Breguet a dit…
30 avril 2009 à 13:15  

Pas besoin de savoir qui sera au "second tour", ou au 3e, 4e... Tu sais que ton vote sera redistribué, donc vote simplement dans l'ordre de tes préférences. Avec le 2-tours, oui tu peux ajuster, mais tu es forcé de voter pour un des candidats restant, alors qu'avec le STV, tu es bcp plus libre.

Le uninominal a deux tours est pire que notre système selon moi, il est encore plus majoritaire. Je veux un système proportionnel. Si tu as 35% des votes, tu devrais pas avoir 65% des sièges... Le STV est un systeme proportionnel très bon, en particulier: tu as encore des députés plus ou moins proches des gens car les comtés ne sont pas trop grands, tu as un seuil implicite, donc un parti avec 3% des votes n,aura surement pas de sieges, etc

Pour la 2e question, oui c'est le même projet, mais els partisans du STV semblent mieux organisés. Je dois dire qu'en raison du fait que le referendum est le meme jour que la campagne, on entend peu parler du STV. Mais j'ai bon espoir que cela passe, il manquait si peu en 2005.

Guillaume a dit…
1 mai 2009 à 08:18  

Bryan, si je veux voter stratégiquement, permettre l'élection du "moins pire" des candidats ou bloquer un parti, je dois savoir qui est en lice au deuxième "tour" (et, dans le cas du STV, qui a gagné le premier "tour") afin de voter efficacement.

Personnellement, je suis contre un système proportionnel, car il donne de la place à des partis marginaux et il contribue à l'instabilité, entre autres choses. Et, dans le cas d'un système purement proportionnel (ce qui n'est pas le cas du STV), on peut dire au revoir à la représentation régionale...

Alors que le système uninominal à plusieurs tours a l'avantage de faire élire tous les représentants avec une majorité des suffrages.

Bryan Breguet a dit…
1 mai 2009 à 14:45  

Guillaume, tu ne peux PAS voter stratégiquement de toutes manières, puisque ton vote ne compte pas! Dans les faits tu ne peux déjà pas "empêcher" un candidat d'être élu. Donc c'est la même chose avec le STV, tu votes pour ceux que tu aimes et c'est tout. Si tu n'aimes pas X, eh ben ne vote pas pour lui. Le STV évite justement d'avoir à voter (ou tenter de) stratégiquement.

Quant à la proportionnalité, j'en ai deja parlé souvent. L'énorme majorité des pays occidentaux ont des scrutins proportionnels et n'ont pas d'instabilité. L'allemagne, la Suisse, la Suede, etc ont tous des gouvernements très stables (bien davantage que les gouvernements canadiens actuels!) et on de la proportionnalité quasi pure (seuil à 5% en général). L'instabilité "à l'italienne" est un mythe, et je ne comprendrai jamais pourquoi les québécois, qui n'ont jamais eu de proportionnalité, croient encore autant à ce mensonge. Tout autant que l'argument classique du "sans gouv majoritaire, on ne prend aucune décision". Je pense que l'allemagne, la suisse ou la suede, ou meem l'irlande, son de bons exemples de pays qui reussissent sans avoir un seul parti au gouv, mais bien plusieurs. De plus, Israel doit se defendre à tous les jours pour sa propre existence et il reussit a le faire ave une prop pure! Il faut vraiment se poser la question suivante: pkoi quasiment toutes les democraties occidentales ont-elles de la prop et cela ne pose aucun problème? Et aussi le biais du stau-quo: aucun pays n'a changé de prop à majoritaire, alors que l'inverse arrive souvent.

Pour les petits partis, bah avec un seuil à 5%, même QS ou les Verts n'auraient pas eu de députés! Donc tu vois qu'un simple petit seuil permet d'éviter la multiplication des partis. Au final, je le répète: un mode de scrutin n'est pas là pour donner des majorités ou empecher des partis d'etre elus, il est un moyen pour la population d'exprimer ses préférences.

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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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