Un défi à l'attardé séparaté...

dimanche 22 février 2009 ·

Patrick Bourgeois, de quel autre séparatiste attardé pourrais-je donc parler? Celui qui multiplie les attaques personelles comme tout bon indépendantiste dépourvu d'arguments. Ce dernier animé par sa frustration est toujours incapable de présenter son cas de manière intelligible.

En fait, son argumentaire ici est complétement dépourvu de structure argumentaire logique. La forme que le texte en est une de nombreuses récriminations contre un ensemble d'individus. À gauche comme à droite, de Ottawa jusqu'à Québec, des fédéralistes jusqu'aux souverainistes, le sermon n'exclut personne. Tous ces sombres personnages sont des criminels aux yeux de Patrick Bourgeois, des traîtres qui victimisent le Québec. En fait, le terme "victimiser" serait presque un euphémisme pour Bourgeois, le terme "viol" serait plus approprié.

C'est le retour de la théologie souverainiste de la victimisation. Tout ce qui pourrait aller mal au Québec provient d'une violation passé des Québécois et de leurs ambitions. André Pratte serait le Prince Noir du fédéralisme qui charge avec ces mercenaires du groupe Gesca et les Québécois seraient les pauvres qui combattent des assaillants qui surgissent de tous les côtés. C'est un résumé un peu cru de l'argumentaire Bourgeois, mais il est tout à fait véridique.

Naturellement, rien de ce que Bourgeois dit n'est basé sur la vérité et les faits (et donc la nécessité d'attaquer individuellement des particuliers).

En premier lieu, Bourgeois semble complétement faire abstraction du fait que tout ce qu'il chérit du Québec moderne aurait été impossible sans les méchants anglais. Admirablement souligné par Conrad Black dans sa biographie de Maurice Duplessis, le Québec s'est ouvert magnifiquement au capital étranger ce qui était en continuité avec les politiques libérales de Taschereau et Gouin. Maurice Duplessis avait invité massivement les investisseurs Américains et anglophones à venir investir leur capital au Québec. Même si on ne peut pas fermer les yeux sur sa néfaste politique à l’égard des agriculteurs (sans oublier la corruption), c’est tout de même son ouverture au capital étranger (lire : anglophone) qui a permis le développement d’une multitude d’infrastructures économiques. Et que dire des Irlandais et des Écossais qui sont venus massivement au Québec au 19ème siècle et qui se sont assez bien intégrés. Je ne cherche pas à dire que tout fut parfait et joli, je cherche à montrer qu’on néglige la contribution économique des anglophones. Ce capital présent a permis de construire le Québec moderne que Bourgeois semble tant idôlatrer. C'est avec ces ressources que la Révolution Tranquille s'est financée et avec des "méchants" hommes d'affaires anglophones comme Eric Kierans qu'elle s'est faite. C'est grâce à cette révolution tranquille et l'aide d'anglophones qui sympathisaient avec les francophones que le Québec s'est construit et que selon l'économiste François Vaillancourt l'économie québécoise est de plus en plus dominée par des Québécois.

Mais remontons plus loin dans le temps, c'est sous les anglophones que les premières industries sont nées, que les francophones ont commencés à se déplacer vers les villes et ainsi leur permettant de s'extirper de l'emprise de l'Église avec sa sacro-sainte idolâtrie de l'idylle agricole. C'est avec le développement des premières industries et l'exode vers les villes que le Québec a pu accéder au premier échelon de la croissance économique.

Le travail que Bourgeois fait n'est pas un travail de définition de l'identité future du Québec, c'est une négation complète du parcours qui a été fait jusqu'à maintenant. C'est parce que Bourgeois refuse d'admettre que l'identité Québécoise est le résultat d'une évolution dans un environnement particulier. Cracher sur les anglophones au travers de la question de la récréation de la bataille des Plaines d'Abraham comme le fait inconsciemment Bourgeois, c'est dénigrer l'identité québécoise.

Alors voici mon défi à Bourgeois, je suis prêt à débattre avec lui sur n'importe quelle tribune avec ses conditions à lui pour prouver mon point ; il est aveuglé par sa pensée idéologique qu'il finit par dénigrer la société dont il est si fier. Naturellement, je m'attends à ce qu'il ne souhaite pas débattre avec un méchant fédéraliste comme moi...

1 commentaires:

Alain B. a dit…
23 février 2009 à 20:31  

"tout ce qu'il chérit du Québec moderne aurait été impossible sans les méchants anglais"

C'est mon seul accroc dans ce texte qui autrement m'a beaucoup plu... au point de me faire sortir de mon exil blogal: Patrick Bourgeois et les « ennemis » du Québec

Bravo Vincent! Il faut exposer ces curés de salons pour ce qu'ils sont: Des petits Joe McCarthy en puissance.

Mais tu es trop généreux avec lui. Bourgeois n'a pas de "pensée idéologique" comme telle. Derrière son discours on ne trouve que haine et furie.

Est-ce qu'on dit d'un enfant qui fait une crise parce qu'il croit que son petit frère a eu plus de bonbons que lui qu'il est motivé par une "pensée idéologique"?

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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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