Si vous êtes de droite...

mardi 17 février 2009 ·

... allez tous répondre à la ministre des finances du Québec qui fait actuellement ses consultations prébudgétaires en ligne. En particulier, vu que le gouvernement semble ressortir le rapport Montmarquette sur la tarification des services publics, allez dire à la ministre à quel point un gel des tarifs est profondément idiot. Ne laissez pas les seuls gauchistes aller expliquer comment une hausse de 2% d'Hydro-Québec sera équivalent à la fin du monde.

Si vous êtes un lecteur de gauche de ce blogue, veuillez svpl ne rien faire lol Vous avez fait assez de dégats depuis 40 ans au Québec, il suffit de regarder la dette publique.

6 commentaires:

louisp a dit…
17 février 2009 à 06:38  

En même temps...je m'interroge sur le timing. Ça fait très "New Deal" bref...tu donnes du cash, des crédits d'impôts...mais tu finances le tout par une hausse de taxation(ici tarif). D'accord que ça va "augmenter" l'efficacité...mais c'est un peu contreproductif lorsques tu as des politiques expensionnistes. Donc...je suis vraiment pas convaincu que c'est le bon moment.
Les gens ne l'ont pas facile...on veut qu'ils dépensent..pis on les taxes plus...hmmm

Faudrait voir combien ils pensent récupérer et combien le gouvernement dépense en "stimulus".

Bryan Breguet a dit…
17 février 2009 à 15:49  

Comme je l'ai dit, si vous êtes un gauchiste... lol

Bah je n'adhère pas vraiment à ce besoin de relancer l'économie et de vouloir faire en sorte que les gens "dépensent". De plus, ok hausser les impots n'est p-e pas la meilleure idée en ce moments, mais en même temps, est-ce le bon moment pour continuer de subventionner l'électricité de tous? Pour moi, hausse de tarifs ne signifie pas hausse des impots. J'avoue cependant qu'il y aurait surement un manque de cohérence, mais c'est de la politique après tout lol

Yvan St-Pierre a dit…
18 février 2009 à 05:46  

Ce serait bien qu'on arrête de confondre la gauche avec l'ignorance économique. Être gauchiste, ça doit juste vouloir dire qu'on considère que l'inégalité économique n'est pas une chose juste en soi, qui s'imposerait a priori, de par la nature des choses. On peut donc être de gauche et néanmoins bien comprendre les limites effectives du possible par rapport à ce qu'on considérerait désirable dans l'absolu.

Pour ce qui est de la tarification, par exemple, un gauchiste cohérent et pragmatique n'a absolument pas à s'y opposer "wholesale", loin de là, mais simplement à demander à ce qu'elle soit graduée en fonction du revenu, par exemple par le biais de remboursements forfaitaires aux ménages à faibles revenus, sur le modèle de ce qui se fait avec les taxes à la consommation. Non?

Bryan Breguet a dit…
18 février 2009 à 06:16  

Premièrement Yvan, j'espère que tu comprends que le titre de mon billet ainsi que con contenu par rapport aux "gauchistes" avait un petit côté sarcastique.

Deuxièmement, je ne suis pas sûr de partager ta définition de la gauche et de la droite. Je suis tout à fait d'accord que l'on peut être de gauche ET être contre le gel des tarifs. Nous parlons ici d'une gauche plus moderne, un peu à la New Labor en Angleterre. Une gauche qui veut certes redistribuer la richesse, mais ne veut pas tout nationaliser ou tout gérer. Cependant tu m'accorderas que, du moins au Québec, cette gauche est peu présente et les rares qui pourraient s'en réclamer (je pense notamment à Joseph Facal ici) seront en fait perçus comme de méchants droitistes. Alors oui ne confondons pas gauche et ignorance économique, mais dire que la droite perçoit les inégalités économiques comme juste est tout aussi réducteur. Je suis ouvertement de droite (centre-droit en fait) et je me soucie de la redistribution de richesse (il suffit de voir mon post récent sur la péréquation pour s'en convaincre).

Yvan St-Pierre a dit…
18 février 2009 à 07:13  

Bryan,

Je ne parle pas de la perception populaire de ce qui est de droite ou de gauche, mais du sens qu'il faut pouvoir donner à la distinction pour caractériser correctement les préférences politiques des gens. Et dieu sait que ce débat est sans fin, mais il me semble nécessaire en démocratie.

En fait, ou bien on distingue en fonction des moyens utilisés pour atteindre n'importe quelle fin, ou bien on distingue en fonction des fins visées sans égard aux moyens qu'on utilise, mais on ne peut pas faire les deux à la fois sans incohérence. Je pense qu'il faut faire porter la distinction sur nos fins plutôt que sur les moyens qu'on privilégie, parce que sinon, un Mussolini par exemple, sous prétexte qu'il était très pro-État et anti-libéral, serait de gauche. Right?

Alors pour que ça aie du sens de dire que les libertariens et les conservateurs soient de droite, sur le plan de fins politiques qu'ils partagent, je pense qu'il faut admettre qu'ils s'entendent pour considérer que la distribution des avantages issus de la vie en société doit être fonction d'un mérite personnel qui, lui, est distribué inégalement et de manière complètement indépendente de la société.

C'est pour cette raison que j'associe la droite à une forte réticence à redistribuer. En fait, je suis d'accord que tu peux être de droite et vouloir redistribuer, mais ce serait alors une forme de pragmatisme ça aussi, au sens où tu redistribuerais essentiellement pour acheter la paix sociale au bénéfice des plus méritants, ou quelque chose du genre.

À gauche au contraire, tu verrais la redistribution comme un devoir moral en soi, parce que la distribution du mérite n'est pas inégale a priori dans cette perspective, donc il faut minimiser les inégalités de fait qui sont moralement importantes, dans la mesure du possible évidemment.

Et toi, Bryan, quand tu dis que tu es de centre-droit, quels sont les critères que tu utilises pour te situer à droite du centre?

Bryan Breguet a dit…
18 février 2009 à 15:10  

Je me qualifie de centre-droit parce que je suis conservateur au plan économique (j'aime l'équilibre budgétaire, je pense que le privé a un rôle a jouer dans bcp de secteurs y compris la santé, je n'aime pas voir mon gouvernement intervenir avec plein d'organismes inutiles comme le CRTC ou la SAQ, etc) et progressiste au niveau social (je suis en particulier pro-prostitution, pro-euthanasie, etc). Je dirais aussi que de manière pragmatique, je suis de centre-droit car je vote pour les partis de centre-droit (ou je les soutiens au moins). Je vote Libéral-Démocrate en Suisse (et à chaque fois que je passe un petit test pour me dire pour qui je devrais voter, cela me donne ce parti - les partis en Suisse sont plus stables idéologiquement que les partis au Canada ou au Québec), le FDP en Allemagne, l'ex-Démocratie-Libérale d'Alain Madelain en France, etc.

Donc en gros, je me qualifie de centre-droit de façon plus pragmatique qu'idéologique, bien que cette dernière m'influence aussi, notamment la responsabilité individuelle qui est très importante à mes yeux. Encore une fois, je ne partage pas totalement ton idée de la droite, même si ce que tu dis est vrai pour la droite très libertarienne. Mais dans ce cas, toute la gauche serait communiste et voudrait tout nationaliser. Néanmoins, je t'accorde que le concept de redistribution peut souvent sembler contraire aux idées de plusieurs personnes de droite (qui vont voir cela comme prendre à ceux qui réussissent). Mais tu vois, p ex pour les réformes sur les tarifs, Vincent te le confirmera, je lui tjrs: ceux qui veulent ces réformes vont tjrs te dire: "oh, on peut redistribuer le revenu autrement, après, en ciblant mieux"... Sauf qu'ils ne proposent jamais comment redistribuer, donc je trouve qu'il n'apporte que 50% de la solution, car en effet, des hausses de tarifs pourraient toucher des familles pauvres, donc si on arrete de les "subventionner" par des tarifs bas, il serait bon de trouver une autre solution et de le dire.

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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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