Hausse des tarifs

mardi 17 février 2009 ·

Comme Bryan, j'admet être content que le rapport Montmarquette soit déterré. Pendant des décennies, on a offert l'électricité, l'eau et les garderies à des prix à des prix qui n'incitent pas des comportements judicieux de la part des consommateurs. Par ailleurs, cette politique des bas tarifs est sûrement égalitaire mais je ne la crois pas équitable. Depuis fort longtemps, les gouvernements à Québec ont mis de l’avant des politiques publiques qui prônaient l’égalité et la solidarité avec une absence de résultats. Comme quoi qu’une bonne intention n’est pas synonyme de réalisations. Une de ces politiques me frappe particulièrement; la tarification de l’électricité.

Quand on compare les prix de l’électricité au Québec avec ceux de l’ensemble de l’Amérique du Nord, on constate que nos prix sont les plus bas. Les bas prix de l’électricité sont aussi vantés comme une politique sociale généreuse qui permet l’accès à la richesse nationale. Il y a une distinction à faire entre les bas prix et les bons prix. Les bas prix – au contraire des bons prix (qui peuvent être bas comme ils peuvent être hauts) – encouragent la surconsommation, le gaspillage et découragent l’investissement dans l’efficacité énergétique de la part des ménages et des entreprises. Ce n’est pas pour rien que c’est au Québec qu’on retrouve les plus hauts niveaux de consommation d’électricité de l’OCDE loin devant les États-Unis, le Japon, la France et l’Allemagne.

Par ailleurs, plus les revenus d’un ménage sont élevés, plus la part du revenu alloué à l’électricité baisse, plus le prix moyen par unité diminue et plus la consommation augmente. Il s’agit donc d’une politique sociale tout à fait régressive, égalitaire et inéquitable. On doit aussi considérer le fait que le gaspillage qui est caractéristique des politiques actuelles nous prive de surplus à exporter sur les marchés américains. Cela implique qu’on prive l’État d’une source de revenu considérable qui pourrait financer d’autres missions sociales de l’État ou même une subvention directe aux ménages à faible revenus pour les aider directement au lieu de manipuler les prix à la baisse.

Donc le gouvernement Charest a raison d'avancer l'idée de "hausser" les frais d'électricité. Mais je veux aller plus loin que cela encore. Lors du Parlement Étudiant du Québec édition 2009, j'ai présenté un projet de loi pour réformer l'État Québécois et notamment je proposais de rendre la régie de l'énergie purement indépendante. L'État posséde encore une possibilité d'intervention auprés de la régie pour ses missions politiques, économiques et sociales. Cela doit s'arrêter.

En sus, toujours en restant sur l'électricité, la loi sur la régie doit être changée. Elle doit faire en sorte que dans la considération des prix interviennent le coût marginal et le coût d'opportunité - la valeur subjective de l'électricité. Cela fera en sorte que la Régie sera véritablement indépendante dans la fixation de prix qui sont véritablement plus proches du marché.

Alors je l'admet ici, Jean Charest fait un bon pas en avant. Quant à l'argument boboche concernant que c'est pas le temps en crise économique, c'est de la vraie bullshit. Personne l'a fait dans les années de vaches grasses, eh bien foutre, profitons de la crise pour faire des réformes difficiles. C'est pas comme si 2 ou 3% de hausse des frais d'électricité va tuer le monde. Surtout aprés des années de subvention. Au pire, le gouvernement peut cibler les ménages les plus pauvres pour les aider.

2 commentaires:

louisp a dit…
17 février 2009 à 07:26  

"Alors je l'admet ici, Jean Charest fait un bon pas en avant. Quant à l'argument boboche concernant que c'est pas le temps en crise économique, c'est de la vraie bullshit. "

On vois ici le fruit d'une mûre réflexion!
Entre un crédit d'impôt l'an prochain et une hausse immédiate du tarif d'électricité...pour tout le monde, je me demande qu'est-ce qui va avoir le plus d'impact.

Tu me connais, je suis très très favorable à la hausse des frais d'électricité. Mais le faire maintenant est un manque total de cohérence entre les différents palliers de gouvernement et même des politiques actuels du gouvernement provincial.

Anonyme a dit…
22 février 2009 à 22:30  

Encore et toujours n'importe quoi. Le Québec est un grand consommateur d'électricité en grande partie à cause de la grande industrie. Une autre raison est le chauffage électrique de la majorité des Québécois. Un chauffage innefficace quoiqu'environnementalement presque sans reproche.

Il y a des limites pour un ménage normal à gaspiller l'électricité. C'est pourquoi les efforts d'économie d'énergie d'Hydro-Québec plafonnent.

Les américains développeront le solaire et l'éolien pour s'affranchir des sources d'énergie étrangères. Cela nous évitera de sacrifier inutilement de nouvelles rivières.

On a payé le gros prix pour les barrages des années 70. Maintenant qu'on vient de finir de les payer, il est normal qu'on profite collectivement de prix abordables - qui ne cessent d'augmenter de toute manière. Hydro-Québec est une société d'État dont le profit ne doit pas être la mission première. Sa mission est de fournir une énergie abordable à la population du Québec. Si le gouvernement manque d'argent, il n'a qu'à augmenter les impôts qui eux, sont une mesure progressive. Et en passant, s'attaquer au aux échapatoires et aux paradis fiscaux... en temps de crise ce serait bien vu.

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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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