Résister au Déficit (Bryan et Vincent)

mercredi 11 février 2009 ·

Alors que le gouvernement fédéral vient d’adopter son premier budget déficitaire depuis des années, Jean Charest semble lui aussi prêt à replonger le Québec en déficits afin de « stimuler » l’économie. Nous sommes pourtant d’avis que le Québec se montrerait plus intelligent en ne se laissant pas emporter par cette vague de dépenses énormes et souvent absurdes.

Premièrement, l’économie du Québec est une économie ouverte. D’ailleurs Jean Charest tente de l’ouvrir davantage avec un accord de libre-échange entre le Québec et l’Union Européenne. Toutefois, cette caractéristique de l’économie du Québec fait en sorte que toute grande vague de dépenses pourrait être diluée considérablement et finalement agir comme une petite subvention à nos partenaires commerciaux.

Deuxièmement, l’efficacité des plans de relance est fortement contestée. On compare souvent cette crise économique à la Grande dépression de 1929. Ainsi, les médias évoquent souvent le fameux New Deal comme preuve de plan de relance efficace. Or, de nombreuses études notamment celles de Lee Ohanian, Harold Cole et Roberg Higgs tendent à montrer que ce n’est pas le cas et que le New Deal a même parfois empirer la crise en empêchant les forces naturelles du marché de s’ajuster et que la reprise économique n’a commencé qu’après la guerre.. Il faut ainsi arrêter de croire que le plan de Roosevelt a été un succès complet. Un autre exemple, plus récent cette fois, est la crise que le Japon a connu pendant toutes les années 90. Entre 1992 et 2000, le gouvernement japonais a produit 10 plans de "stimulus" qui comportaient tous une forte composante d'investissement en infrastructure. Des plans très couteux qui n’ont fait qu’assurer une expansion de la dette. Tout cela sans que la croissance ne montre de réels signes de reprise. Tout cela pour dire que l’incertitude générée par les interventions gouvernementales, couplée à une hausse majeure de l’endettement drainant ainsi les capitaux privés, peuvent bien souvent avoir davantage d’effets négatifs que positifs, surtout à long terme.

Troisièmement, une telle vague de dépenses fera l’objet de l’envie de tous les groupes d’intérêts qui viendront dire que leur industrie est vitale à l’économie. Ce que ca produira, c’est des subventions massives comme celles à l’industrie automobile qui reçoit de l’aide du gouvernement depuis des décennies et qui n’a toujours pas réussi à améliorer sa condition ! Les gouvernements devraient arrêter de penser à sauver des empois au lieu d’aider les employés directement.

Il y a lieu de se poser la question de savoir si le coût de ces plans de relance n’est pas exagéré. Après tout, le gouvernement fédéral vient d’annuler 10 ans d’efforts de remboursement de la dette en un seul budget ! Au final, si les Québécois sont en train de se serrer la ceinture, le gouvernement devrait probablement faire la même chose.

2 commentaires:

Claude Gelinas a dit…
12 février 2009 à 06:48  

Merci de prendre position pour les citoyens qui devront rembourser ces "plans d'aide".

Les banquiers sont les grands (et peut-être les seuls) gagnants, au terme de ces plans concoctés en privé, en quelques semaines, par une élite politique contestée qui, par ses décisions, prouve son arrogance en imposant sa vision de la relance économique au détriment de celle des autres, probablement plus valables.

Votre position en faveur du libre marché a ses lettres de noblesse mais à l'heure où les banquiers ont concentré la richesse entre une poignée de mains, via des oligopoles savamment maquillés pour mieux tromper les consommateurs, il devient difficile pour les petits entrepreneurs de prospérer tout en respectant un quantité démesurée de lois et de règlements administratifs apparemment créés pour maintenir le statu quo et nuire à l'innovation.

Le système profite à des gens mais ce ne sont pas ceux des classes pauvres, moyennes et riches. Ces gens ne font que pousser leur roche en haut d'une proverbiale montagne créée de toute pièce pour les maintenir, à divers degrés, au niveau d'esclaves économiques.

Une position comme la vôtre a le mérite de défendre le sens commun et la position de ceux qui se font présenter exploiter (peut-être sans le savoir) alors continuez votre excellent travail d'information.

Vincent Geloso a dit…
12 février 2009 à 06:52  

Je suis pas d'accord que les banques sont "méchantes" et que le systéme est "biaisé pour les riches".

Toutefois, je déteste l'idée de sauver des banques tout comme je déteste sauver des industrie. Je pense que ca ne marche jamais!

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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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