Le gouvernement doit t'il intervenir?

mercredi 29 octobre 2008 ·

Dans son post sur les gouvernements minoritaires et les mandats forts, Bryan met en doute la désirabilité de l'intervention économique dans l'actuelle crise. Je présume que Bryan pourra faire un ajout à ce post pour préciser sa pensée, mais je vous donne la mienne :

Le gouvernement Québécois n'a aucun pouvoir significatif pour atténuer les effets des difficultés économiques et même si il en avait, ca ne serait pas désirable.
Commençons par la fin, la crise des supbrimes (ou credit crunch) aux États-Unis est dûe particuliérement au gouvernement qui a trouvé, sous l'administration Clinton, milles et unes réglementations (qui entraînent des distorsions économiques au niveau de la valeur et des prix) pour stimuler le taux d'individus possédant des maisons. Pour un moment, la mesure a marché faisant passer le taux de 62% des Américains à 69%, mais le tout s'est fait sur des véhicules comme les subprimes qui permettaient d'éviter aux banques seules d'avoir les risques mais a réparti le tout sur le systéme financier.

À tout cela il faut ajouter le fait que Fannie Mae et Freddie Mac étaient des GSE (government sponsored entreprises) qui contribuaient à génerer la crise actuelle qui n'auraient jamais dûes être sauvées comme il a été fait (ou du moins, elles auraient dûes être réformées bien avant).

Finalement, un ensemble de mesure fiscale (notamment une plus grande exemptions de gains en capital pour l'achat d'une maison) ont été mises de l'avant contribuant aussi à la crise. La crise a été générée par des gouvernements en premier lieu et vous avez assez confiance en eux pour qu'ils réparent leurs dégâts?

D'ailleurs, en situation de crise comme celle-ci, il est préférable de laisser les prix agir de maniére à réallouer les ressources plus efficacement et se réadapter aux nouvelles réalités. Empêcher les marchés de s'adapter en éliminant les joueurs moins performants et en gardant ceux qui ont su faire des bons choix, c'est se tirer dans le pied.

Maintenant, quant aux pouvoirs du gouvernement du Québec, je suis bien sceptique. Le déficit zéro n'existe toujours pas comme moi et Bryan l'avons souligné dans La Presse ce samedi, le gouvernement n'a engrangé aucun surplus pour les jours mauvais. Prenons, pour balise, la proposition du leader adjoint de l'ADQ qui pense que l'État a environ 1 milliard de dollars(qui existent déjà, alors pas besoin de taxer plus ou de s'endetter ou même de têter le fédéral) qu'il peut redistribuer aux acteurs économiques (et non pas par des baisses d'impôts) dans le but de stimuler la croissance économique. Voici un montant qui excitera sûrement tous les lobbys du Québec qui iront têter l'État avec des études en main pour prouver que leur industrie est celle qui pourra contribuer le plus à la croissance économique. Toutes des industries qui pourrait survivre sans aucune subventions et qui sont surtout déjà en difficulté, non pas à cause du marché, mais à cause de leur propre capacité à s'adapter aux nouvelles réalités économiques (forestiéres, secteur textile, alumineries). Je juge donc indésirable de briser le vieil adage qui veut que toute entreprise qui réussit n'a pas besoin d'aide.

Par ailleurs, si telles subventions seront attribuées, l'effet sera t'il véritablement bénéfique? Parce que je fais l'hypothése que le gouvernement ne sait pas choisir les gagnants (comme il a choisi d'aider le secteur manufacturier dans les années 1980).

Alors non, le gouvernement du Québec devrait juste être prudent dans ses choix et peut-être démarrer quelques petites réformes quant au marché du travail, au climat d'investissement, la fiscalité etc.

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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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