La réduction des pouvoirs de l'exécutif

jeudi 22 avril 2010 ·

Stephen Harper fera face à un jugement du président de la Chambre des Communes cette semaine quant à la nature des relations entre l'exécutif et le législatif et ce que le premier doit réveler au second. Je vous admet que malgré mon adhésion au parti conservateur, j'aimerai bien que Peter Miliken tranche contre Harper.

La raison pour cela est que depuis quelques années, j'ai un sentiment que le gouvernement perd en transparence et que les pouvoirs se retrouvent centralisés dans la voie exécutive. Je peux comprendre l'attrait de cette voie pour des conservateurs puisqu'elle évite le processus politiquement plus difficile de refaire des lois. Après tout, si on peut par exemple abolir le monopole de la Commission Canadienne du Blé sans passer par une loi qui pourrait mobiliser l'opinion publique plus facilement, pourquoi pas (après tout, je suis pas un fan de l'institution moi-même)?

Cependant, les conservateurs devraient penser aux contre-effets d'utiliser cette voie et de cacher davantage aux Canadiens. Le but d'avoir des niveaux de gouvernements divisés et des organes gouvernementales séparés et transparents c'est justement d'éviter la centralisation des pouvoirs. Un conservateur devrait être le premier défenseur de ce principe puisqu'il permet de s'opposer à une centralisation du pouvoir et permet le "changement dans la tradition". Un conservateur devrait comprendre que le couteau est à double-tranchant: si un gouvernement conservateur a recours intensif, sans être trop transparent, au processus exécutif et réglementaire pour faire ses réformes, un gouvernement libéral ou néodémocrate peut faire la même chose. Si Miliken tranche en faveur du gouvernement pour ce cas-ci, l'exécutif en ressortirait renforci à mon avis mais ca jouerait contre les conservateurs à long terme puisque un hypothétique gouvernement Ignatieff pourrait masquer plusieurs morceaux d'informations du public canadien de la même manière que Harper le fait avec les transferts de prisonniers afghans.

Peut-être une défaite pour les conservateurs à court-terme, mais je pense que c'est une victoire à long terme pour un système démocratique équilibré...

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Scientifiquement justes, politiquement incorrects
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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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