Le français menacé?

dimanche 14 juin 2009 ·

Selon les nationalistes qui considérent que les anglophones ne sont pas des Québécois alors que plusieurs anglophones se considèrent fièrement ainsi (on peut penser à l'ancien député péquiste David Payne), le français serait en danger au Québec.

Il s'agit plus de la réaction névrotique d'un groupe d'individus en état constant de paranoïa sociale. On dira bien ce qu'on veut sur les chiffres, mais les données empiriques ont bien un poids à considérer. En fait, si on prend une source aussi objective que Statistiques Canada, on remarque trois choses

  1. Le français comme langue d'usage est à la hausse auprès des allophones, ce qui indique que les allophones semblent s'intégrer au sein de leur communauté. Rien n'indique quelles sont la cause de ce changement selon Statistiques Canada;
  2. Les transferts linguistiques vers l'anglais diminuent, ce qui indique qu'il existerait une raison pour les individus de parler principalement le français plutôt que l'anglais.
  3. À Montréal seulement, si on regarde le nombre de déclaration d'impôts remplies en français (un autre indicateur selon moi), on constate une hausse de celles-ci. L'argument veut que le français décline à Montréal, ce que les chiffres de Statistiques Canada semblent contredire.

Existe t-il vraiment une crise du français? Si c'est le cas, il faudrait définir la chose plus précisement parce qu'elle ne peut pas signifier une baisse du français. Peut-être les individus nationalistes devraient t-ils affirmer que le français n'est pas assez élevé malgré les progrès. Et même là, une hypothétique crise justifie t-elle une approche telle que l'exclusion des anglophones? En fait, s'agit t-il même d'une bonne stratégie d'intégration? On peut en douter!

1 commentaires:

Jonathan Boyer a dit…
18 juin 2009 à 01:27  

Le fait qu'une personne dont la langue maternelle est l'anglais mais qui utilise aussi le français de façon très acceptable ne fait pas partie des francophones proprement dits au Canada et vice versa. C'est le seul pays dans le monde qui utilise une telle méthode de calcul.

Tous les autres endroits du monde calculent le nombre de francophones en fonction de leur connaissance de la langue, point. En utilisant une telle méthode de calcul, nous serions peut-être surpris d'apprendre que le Canada renferme plus de 50% de francophones et 85% d'anglophones.

Évidemment, ce sont des chiffres fictifs pour démontrer à quel point les québécois ignorent combien leur langue maternelle peut avoir de l'influence à l'extérieur de la Province et dans le reste de l'Amérique.

Le livre The Story of French, écrit par Julie Barlow et Jean-Benoît Nadeau, prouve combien le français a influencé plus de 50% de la langue anglaise. Et c'est d'ailleurs ce qui crée actuellement un gros engouement autour du français un peu partout aux États-Unis.

Notre plus gros problème linguistique est que le gouvernement possède la langue et que les partis politiques s'amusent à en faire des enjeux électoraux et culturels.

Le Français est encore très influent à travers le monde: il est parlé sur les 5 continents, il est, avec l'anglais, la seule langue encore enseignée dans tous les pays du monde, il est une langue officielle des Nations Unies et gallicismes sont plus répandues dans les autres langues que les anglicismes le sont!

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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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