Tout sauf la continuité!

mardi 28 avril 2009 ·

C'est officiel, Gilles Taillon est candidat à la direction du parti. Si, en soit, cela est une bonne nouvelle de voir que l'ADQ intéresse plus qu'un candidat, il y a cependant plusieurs points qui me font souhaiter que Taillon perdra.

Tout d'abord, il le dit lui-même, il est le candidat de la continuité. Il suffit de consulter son site web pour s'en convaincre. Dans "Valeurs et Principes", on ne retrouve qu'un ramassis de vagues valeurs adéquistes. Prenez le programme de l'ADQ, et faites un copier-coller! Bien sûr, il est nécessaire que le chef du parti adhère aux principes de cleui-ci, mais en même temps, un nouveau chef, c'est l'occasion d'apporter du nouveau! Avec Taillon, je doute que cela arrivera.

Ensuite, je me pose une question: est-ce que Taillon était en chicane avec Mario Dumont? Car soyons honnête, quand Taillon a décidé de se présenter en Outaouais (i.e de se suicider politiquement), en pleine campagne portant sur l'économie, cela a vraiment fait mal à Dumont. (j'aime bien Gérard Deltel, mais reconnaissons que la perte de Taillon était importante). Or, ce même Taillon se présente maintenant avec comme thème principal "l'économie"! Je veux bien que sa femme se sente mieux au niveau de sa santé, il n'en reste pas moins que cela laisse des questions en suspens. Soit Taillon est une girouette, ce que l'ADQ n'a pas besoin, soit il n'aimait pas Dumont. Si cette dernière hypothèse est vraie, alors je vois la candidature de Taillon d'un bon oeil. (en plus remarquez ceci: lendemain de l'élection 2008, Dumont annonce son départ et pof, Taillon accepte de prendre les reines du comité politique de l'ADQ! Est-ce que Taillon était tanné de devoir subir la dumoncratie?).

En effet, pour moi, un des principaux défauts de Taillon est qu'il était numéro 2 du parti lorsque l'ADQ a vécu une débâcle totale, entre 2007 et 2008. La période au cours de laquelle Dumont a totalement perdu son instinct politique et a transformé l'ADQ en pâle copie du PQ (gauchiste, nationaliste, etc). Donc s'il s'avère que Taillon désapprouvait les choix de Dumont, alors tant mieux!

En attendant, j'aimerais voir un candidat du changement à l'ADQ, un candidat qui placera ce parti clairement à droite et y restera. Un candidat qui ne proposera jamais un "bureau de la propérité" ou des politiques d'achat local. Pour l'instant, je ne suis pas sûr que Taillon est cet homme.

6 commentaires:

francois aubin a dit…
28 avril 2009 à 20:37  

salut m. Geloso, juste un petit message pour vous féliciter pour l'excellent travail sur ce blogue. C'est vraimen intéressant et ça donne un autre point de vu sur bien des aspets. Bravo pour nous trouver autant d'excellent articles qui viennent d'un peu partout et nous résumé tout ça de façon très simple. Je suis maintenant un assidu. Lachez pas le bon travail!

Alain B. a dit…
29 avril 2009 à 06:52  

L'affaire avec Taillon, c'est qu'un modéré comme moi considère pour la première fois se joindre au parti... avec Caire, oubliez ça.

C'est beau de placer le parti "clairement" à droite, mais si on veut élargir la coalition, ça prend une aile progressiste modérée (ainsi qu'une aile nationaliste).

Ce parti est devant un choix, soit il s'attache à sa pureté idéologique et se condamne à la marginalité perpétuelle, soit il accepte d'être une coalition capable de rassembler une diversité de points de vues assez grande pour prendre le pouvoir.

Caire peux consolider la base mais il ne réussira jamais à briser le plafond contre lequel Dumont s'est fendu la tête.

Avec Taillon, au moins il y a une chance.

Anonyme a dit…
29 avril 2009 à 07:18  

Soit c'est un parti réformiste et libéral, soit il devient un parti nationaliste, étatiste et social-démocrate, un Parti Québécois v2 sans Marois.

Alain B. a dit…
29 avril 2009 à 07:35  

J'aurais du préciser: ...soit il accepte d'être une coalition de centre-droite capable de rassembler une diversité de points de vues assez grande pour prendre le pouvoir.

Patrick Lemieux a dit…
29 avril 2009 à 10:02  

Pour ma part, je crois que Taillon est un excellent candidat. Il apporterait certainement à l'ADQ la crédibilité et l'expertise des dossiers, notamment économiques, qui lui manquaient cruellement.

Quand Taillon parle de faire dans la continuité, je ne crois pas que son point de référence soit la dérive qu'a connu le parti de 2007 à 2008, mais davantage les principes mêmes qui l'animent depuis ses débuts: croissance économique et création de richesse, questionnement de la réglementation et de l'intervention de l'État, etc. Je comprends que plusieurs militants souhaiteraient avoir un chef plus affirmé sur le plan idéologique, mais je crois que Taillon peut à la fois concilier les plus modérés et les plus radicaux et rallier une large coalition de centre-droite autour d'un programme qui dose habilement nationalisme et droite économique. Et élément très important, Taillon connaît bien le milieu des affaires, ce qui ne peut certainement pas nuire pour recueillir des fonds.

Bref, si Taillon remporte la course, je suis prêt à laisser la chance au coureur...

Patrick Lemieux a dit…
29 avril 2009 à 10:28  

Autre point important: je crois que Taillon serait un meilleur candidat que Caire pour que l'ADQ regagne quelques bastions dans le 450, et, pourquoi pas, effectue une percée sur l'île de Montréal.

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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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