Prix du baril de pétrole

jeudi 16 avril 2009 ·

Dans The Financial Post, j'avais déjà écrit sur la question de l'effet des prix sur l'utilisation des ressources naturelles et j'avais déclaré que l'innovation était activée notamment par les fluctuations dans les prix et que jamais le "peak oil" ne serait atteint. Selon la théorie du "peak oil", plus la ressource est consommée, plus elle s'épuise, plus son prix augmente. Néanmoins, on remarque qu'entre 1980 et maintenant, le prix réel a fluctué beaucoup mais n'a connu que quelques hausses rapides. Toutefois, c'est encore plus intéressant de regarder les données sur les prix réels du baril de pétrole depuis son apparition comme combustible :

C'est très intéressant de réaliser que les pics (hausses rapides) des prix réels du pétrole sont suivis par des baisses de celui-ci. Je réitère donc ce que j'ai défendu dans les pages du Post, les hausses de prix stimulent l'innovation qui incite les consommateurs à mieux consommer et à demander une consommation plus efficace, les producteurs demandent aussi plus d'efficacité dans la consommation des ressources naturelles de manière à maintenir leur marges de profits. En sus, les haut prix encouragent les nouvelles manières d'augmenter l'offre (donc l'exploration et l'exploitation plus efficace). Pas besoin d'un tsar des ressources naturelles, les prix agissent comme des signaux de circulation économique. Comme le souligne Mark Perry sur son blogue :

major industrial commodity prices are 75% below where they were in the year 1800, after adjusting for inflation. Despite all the worries over "peak oil," the fact is that the major bear markets in oil have been demand, rather than supply led. And when demand eventually picks up, there's usually some new alternative (nuclear energy, natural gas, green technologies) waiting to pick up some of the slack. The real price of oil today is now at the same level as in 1976 and, before that, in the 1870s, when oil was first put to mass use in the United States. This long-term price decline is due mainly to the constant discovery of new fields and greater energy efficiency, making nonsense of the idea that the world is rapidly running out of oil. The experience of the 1980s is instructive in the current context as well.

4 commentaires:

louisp a dit…
17 avril 2009 à 14:13  

Il serait intéressant d'avoir le graph de barils de pétrole utilisés par jours avec tes times series de prix.

Juste pour voir

Guillaume a dit…
17 avril 2009 à 15:45  

Je suis peut-être idiot, mais puisque le pétrole est une ressource naturelle non-renouvelable (du moins pas à l'échelle des temps humains), il apparaît évident qu'un pic pétrolier sera un jour atteint, et ce malgré les inovations technologiques.

Vincent Geloso a dit…
17 avril 2009 à 20:13  

Physiquement, oui. Économiquement je n'adhère pas. Si la hausse des prix est soutenue, celle-ci incitera l'innovation qui peut inclure tout simplement des nouvelles sources d'énergie.

Guillaume a dit…
18 avril 2009 à 16:24  

Mais est-il raisonnable de baser une théorie économique sur un phénomène physique inexistant (c'est-à-dire le non-épuisement des ressources de pétrole)?

Mais je vous approuve totalement lorsque vous dites : "Économiquement je n'adhère pas. Si la hausse des prix est soutenue, celle-ci incitera l'innovation qui peut inclure tout simplement des nouvelles sources d'énergie."

Par contre, cela implique qu'un pic pétrolier peut bel et bien être atteint, mais qu'un "pic énergétique", lui, ne sera pas atteint (et le sera jamais tant que la civilisation existera, à mons avis). Bref, ne faudrait-il pas faire la nuance entre "pic pétrolier" et "pic énergétique"?

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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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