Sauver l'ADQ?

dimanche 8 février 2009 ·

Paul Muller lance la discussion en parlant des forces de l'ADQ. Il a effectivement raison de dire que l'ADQ posséde une arme puissante, celle du discours autonomisme (branding, branding...). Ce discours peut effectivement être puissant, mais il faut ajouter quelque chose au tout pour que la sauce tienne.

En soi, le côté nationaliste ne doit pas être abandonné, mais il a besoin du bon amplificateur qui ferait croître exponentiellement sa puissance. Cet amplificateur, c’est l’élément de la liberté économique.

La figure politique qui a le mieux maîtrisé cet amplificateur c’est probablement l’ancienne première ministre britannique Margaret Thatcher. Celle-ci liait le développement de la propriété privée à l’émancipation économique de la « nation » britannique qui était – à cette époque- essoufflée. Elle associait la privatisation des entreprises d’État à l’émergence d’actionnaires qui créerait un « ownership democracy ». Pour elle, le capitalisme n’était rien de moins « qu’une croisade pour émanciper les individus dans la vie économique de la nation » et le seul chemin pour créer « un peuple, une nation » pour citer Benjamin Disraeli. Ce mélange était si ingénieux et tellement puissant. Selon Thatcher, lorsque les talents sont libérés de toutes les barrières établies par les gouvernements et que la productivité s’accroît au point qu’il est possible de faire toujours plus avec moins, des niveaux inégalés de croissance économique sont atteints. À partir de cela, le succès des uns deviennent les succès de tous puisque tous pourront tirer fierté d’être membre de cette grande nation aux entrepreneurs qui conquièrent sans cesse de nouveaux horizons.

C’est de ce discours que Margaret Thatcher maîtrisait si bien que l’ADQ doit s’inspirer. L’ADQ l’a utilisé inconsciemment lors des élections de 2007 - je dis inconsciemment parce que si le contraire était vrai, elle n’aurait jamais abandonné ce discours. L’ADQ doit impérativement affirmer de manière claire et concise que son attachement premier demeure celui de réduire le rôle de l’État parce que la libération des talents ne peut être qu’entravée par une surintervention étatique qui prétend mieux savoir que les individus ce qui est bon pour eux. Elle doit éviter la tentation populiste de vouloir plaire à des électeurs qui ne sont même pas marginalement susceptibles de voter ADQ. Par-dessus tout, elle doit utiliser ces éléments « techniques » (comme diront certains) pour amplifier son élément nationaliste. Une société libre et prospère est le seul moyen d’assurer la vitalité de l’identité québécoise. Cela mettra fin à notre réflexe défensif face à nos échecs dont nous jetterons le blâme sur d’autres. L’identité québécoise parviendra à se métamorphoser pour devenir la représentation même de la confiance, de la vigueur et de la fierté partagée. Les Québécois se reconnaîtront dans ce discours.

1 commentaires:

Guillaume S. Leduc a dit…
11 février 2009 à 09:40  

Une des manières de combiner le nationalisme et le contrôle des dépenses est une redistribution logique des champs de compétence en fonction du principe de subsidiarité : Tous les domaines dans lesquels le gouvernement local est en mesure de légiférer en toute efficacité lui reviennent, tous les domaines où ce dernier n'a pas la capacité de le faire reviennent à l'organe centrale; les pouvoirs résiduaires sont distribués selon le même principe.

Si ce principe logique (à la base de la pensée d'Althusius, le père du fédéralisme) était mis en application, on assisterait à l'élimination systématique des dédoublements de juridiction (évalués à plusieurs milliards à l'époque du Rapport Allaire) et à une réduction substantielle de l'appareil administratif fédéral, à un moment où les nombreux départs à la retraite nous le permettent beaucoup plus facilement qu'à une autre époque.

Le discours autonomiste de l'ADQ doit mettre l'accent sur cette possibilité d'économies majeures dans la bureaucratie canadienne.

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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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