Salaire Minimum Bis

mardi 11 novembre 2008 ·

D'emblée je vous déclare que je ne commenterai pas l'article précédent de Bryan. Je veux toutefois revenir sur le salaire minimum. Je n'ai pas répondu aux commentaires des lecteurs sur la question et c'était parce que je voulais pouvoir poster plus exhaustivement sur la question.

Pour répondre à la question implicite, je suis effectivement opposé au salaire minimum, mais la question du chômage n'est pas la raison principale, malgré que je considére qu'il contribue à sa hausse(dépendant des contextes - voir plus). Je pense plutôt que le salaire minimum est une des mesures de lutte à la pauvreté les plus inefficaces qui n'ait jamais existé. Parmi ceux qui sont aidés par le salaire minimum, un grande partie sont des étudiants et plusieurs sont des gens qui quittent le salaire minimum (statistiques ajoutées par Bryan) en l'espace de quelques mois. Néanmoins, le sort de la petite minorité qui sont au salaire qui sont pauvres, peu qualifiés et demeurent sur le salaire minimum pendant des périodes de temps considérable (prés de 60 mois) m'intéresse beaucoup plus. C'est ici que je fais l'argument en défense de la prime au travail ou d'un équivalent américain du Earned Income Tax Credit. Le Earned Income Tax Credit (EITC) aux États-Unis cible le revenu des familles et non pas des individus.

Comme je le mentionnais à Bryan, dans mon jeune temps où j'étais commis chez Couche-Tard (oui-oui), ma collégue travaillait 15 heures au salaire minimum dans le dépanneur et travaillait un autre 25 heures à un taux horaire plus élevé dans un garage. Son copain lui travaillait dans le garage en question puisqu'il en était propriétaire. En quelque sorte, le Couche-Tard était un revenu d'appoint. Voici donc la validité de considérer le revenu familial que le revenu individuel.

Maintenant, pour répondre à d'autres commentaires je considére que les entreprises ne sont pas incitées à mal payer leurs gens. Wal-Mart (que j'aime défendre) paie ses employés au taux horaire minimum, mais le taux de roulement chez Wal-Mart est trés élevé, ce qui entraîne des coûts pour l'entreprise. Mais ca fait partie de leur plan d'affaires. Ceux qui quittent Wal-Mart vont ailleurs avec des salaires probablement plus intéressants. D'autres entreprises ont des emplois tellement plates, mais préferent des salaires plus élévés à un haut de roulement élevé (i.e. chaîne d'embouitellage, chaîne de montage). Un exemple serait l'étudiant de secondaire qui travaille chez McDonalds. Celui-ci travaille pour mon autre entreprise préférée pour quelques mois pendant un été au salaire minimum, mais aprés d'autres endroits voient ''McDonalds'' sur son curriculum et se disent que si il a survécu à McDonalds, il doit pas être si mauvais.

Ca c'était un peu ma réflexion sur le salaire minimum. Néanmoins, pour revenir à la question du chômage. Le salaire minimum est un prix plancher, toutefois, si le prix du marché est supérieur au salaire minimum, ce dernier n'a aucune valeur (exemple Alberta où les gens sont payés 16$ dans un Tim Hortons alors que le salaire minimum est plus bas). Alors ce qui importe quant au chômage, c'est l'ampleur du salaire minimum. Si celui est augmenté rapidement et de manière considérable, le chômage sera définitivement à la hausse.

Actuellement au Québec, le salaire minimum est à 45% du salaire industriel moyen (estimé que c'est là que l'effet distortionnaire est le plus bas). L'augmentation que Jean Charest veut faire est considérable, mais n'aurait aucun effet si le salaire industriel moyen augmentait conformément. Hypothése farfelue néanmoins puisque nous sommes définitivement en période de ralentissement économique (je parle pas encore de récession au Québec). Il est définitif que cet hausse créera une hausse du chômage.

Et Jean Charest veut créer des milliers d'emplois!

8 commentaires:

Carl Vallée a dit…
11 novembre 2008 à 08:53  

Denis Lessard en parle dans la presse ce matin

Anonyme a dit…
11 novembre 2008 à 12:25  

C'est tout de même surprenant que tu ne travailles plus chez Couche-Tard ! Tu aurais pu continuer à vanter les mérites de l'industrie du commerce du détail et ses excellentes conditions de travail en essayant de nous vendre un chips pis un gratteux avec notre plein d'essence.
Est-ce que tu te rends compte qu'y a des gens qui vont travailler toute leur vie à des salaires leur permettant tout juste de vivre ? Parce que c'est vrai que 8.50$ de l'heure, 40 heures semaines te permet de vivre très bien comme individu. On sent ta grande expérience de vie dans ce post mémorable... vraiment magistral ! Va donc laver de la vaisselle un peu !

Jonathan a dit…
11 novembre 2008 à 14:40  

C'est seulement 3,4% des salariés du Québec qui travaillent au salaire minimum sans aspirer à de meilleures conditions par l'entremise d'étude.

Selon vous cher anonyme, combien d'entre eux travail au salaire minimum parce qu'ils n'ont pas les moyens d'aller aux études ?

La pauvreté est la majorité du temps un choix.

Olivier a dit…
11 novembre 2008 à 15:16  

@Jonathan qui dit :
« La pauvreté est la majorité du temps un choix ».

Je ne crois pas avoir déjà lu un commentaire aussi insignifiant et rempli de préjugés. Ton nom de famille c'est quoi... Malthus !

As-tu déjà considérer le fait que certaines personnes aspirent en effet à de meilleures conditions et n'y arrivent tout simplement pas pour une foule de facteurs.

L'exclusion sociale est-ce que ça te dit quelque chose ?

Tu dois aussi croire que la toxicomanie est une affaire de choix ?

Tu vis où... dans une bulle ?

Vincent Geloso a dit…
11 novembre 2008 à 15:53  

En fait, anonyme et olivier - j'ai lavé de la vaiselle aussi juste pour vous dire. Néanmoins, ce que je dis c'est que selon moi le salaire minimum est une belle intention qui n'accomplit pas son objectif visé de lutter contre la pauvreté. C'est un moyen dispendieux et peu efficace de redistribuer efficacement la richesse et contribue à effectuer des distorsions sur le marché du travail.

Donc je préfère cibler ceux qui sont vraiment dans le besoin! Le 3.4% que Jonathan mentionne est celui qu'on doit cibler, pas les milliers d'étudiants qui auront des emplois dans le futur.

Jonathan a dit…
11 novembre 2008 à 19:37  

À Olivier

«L'exclusion sociale est-ce que ça te dit quelque chose ?»
L'exclusion sociale? Tu es très vague et celle çi n'est pas de paire ni exclusive à la pauvreté.

«Tu dois aussi croire que la toxicomanie est une affaire de choix ?»
Tu veux dire que des gens forcent ces pauvres toxicomanes? C'est vrai qu'avec les centres de piqueries et la distribution de seringues, on les aide beaucoup. Mais à ce que je sache, ce n'est pas encore nous qui entrons l'aiguille dans leurs veines?

Olivier a dit…
12 novembre 2008 à 09:20  

Jonathan s'entendrait bien avec Éric Caire de l'ADQ. On voit que vous êtes tous les deux très au courant des effets physiques et psychologiques d'une dépendance aux drogues dures. Ben oui, c'est ça que je veux dire... que des gens forcent les toxicomanes à se droguer ! Insignifiance 101. Revenons au sujet principal.

La pauvreté engrange plusieurs effets pervers dont l'exclusion, la toxicomanie, la criminalité... tous ces phénomènes sont liés les uns aux autres. Pas besoin de faire de grandes études pour se rendre compte de ça.
La pauvreté n'est pas statique, on ne peut pas la mettre dans un modèle et régler le problème par une optimisation de variables. Ce que font justement les économistes, comme ceux cités par Geloso dans son premier post sur le salaire minimum.
Être pauvre ne signifie pas seulement ne pas avoir d'argent, mais signifie aussi une condition de vie, un état psychologique, une réalité dans un contexte particulier.
Le salaire minimum est un outil, une politique, je ne dis pas qu'il est parfait, loin de là, mais c'est une façon d'assurer à une partie de la population un niveau de vie sur le bord de la décence.
Quant aux conclusions des études citées par Geloso, tout est une question de variables et de la façon dont elles sont incorporées dans le modèle... d'autres études démontrent que le lien n'est pas si évident et qu'il faut faire preuve de prudence plutôt que de se baser sur des constats généraux pigés dans des livres d'économies de première année de bacc.

Jonathan a dit…
12 novembre 2008 à 13:45  

À Oliver

«Jonathan s'entendrait bien avec Éric Caire de l'ADQ. On voit que vous êtes tous les deux très au courant des effets physiques et psychologiques d'une dépendance aux drogues dures.»

Évidemment que je comprends qu'il est difficile pour eux d'arrêter, mais le choix leur revient quand même. Peut-être devrais-je avoir pitié d'eux, après tout ce n'est pas de leurs fautes s'ils sont dépendants. C'est la faute de la drogue. Ce ne sont que des victimes.

«La pauvreté engrange plusieurs effets pervers dont l'exclusion, la toxicomanie, la criminalité... tous ces phénomènes sont liés les uns aux autres.»

Comme je l'ai dit un peu plus haut, la toxicomanie, l'exclusion et la criminalité ne sont pas exclusives aux pauvres. Il y a des riches toxicomanes, il y a des riches qui s'excluent de la société et il y a des riches criminels. L'argent n'est donc pas la seule cause ces «effets pervers». Ce mode de vie est un choix.

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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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