Réponse à Didier Fleury: ou comment la simplicité n'est pas toujours là où on croit

lundi 3 novembre 2008 ·

Tout comme Vincent, je me dois de répondre au (très long) commentaire de Didier Fleury concernant notre texte dans la Presse sur le faux déficit 0. Allons-y étape par étape.

1. Monsieur Fleury ne semble tout d'abord pas réaliser qu'un texte d'opinion dans un journal, c'est 500 mots. Il utilise probablement plus que 500 mots juste pour son exemple boiteux de Monsieur Tremblay. Il faut donc remettre la "simplicité" de notre texte dans le contexte. Si nous avions le temps de débattre des 15 concepts de dettes comptables, nous l'aurions probablement fait!

2. Nous sommes des (apprentis) économistes, pas des comptables ou des fonctionnaires. Le fait que le gouvernement soit assez astucieux pour réussir à cacher des déficits ne nous concerne pas (et le vérificateur général l'a démontré à maintes reprises, il y a un déficit caché). Que la dette augmente en raison de "travaux d'urgences" ou de "dépenses d'épicerie", cela ne nous importe pas tant que ça. Le fait est que quand la dette augmente, nous ne pouvons avoir un véritable déficit 0 au sens économique. Peut-être au plan comptable, mais encore une fois, ce n'est pas notre affaire. Si la dette augmente, nous léguons un fardeau aux prochaines générations. Et oui bien sûr ce fardeau est relativement moindre si il y a en contrepartie des infrastructures. Mais même là, sommes-nous vraiment mieux en ayant la dette des baby-boomer sous prétexte que nous avons un stade olympique ou des ponts qui s'écroulent? J'ai parfois l'impression que nous avons en fait le pire des deux mondes: une grosse dette ET des infrastructures à bâtir.

3. L'exemple foireux de Monsieur Tremblay qui ne peut consacrer que 5% au remboursement de sa dette cumulée. Les imprévus arrivent, nous ne le nions pas. Cependant, quand la dette augmente systématiquement à chaque année, le Québec doit être vraiment malchanceux! De plus, la dette du Québec augmente alors que la situation économique se portait très bien, le Québec a donc un déficit structurel. En passant, je suis d'accord avec Vincent, il semble que monsieur Fleury mélange quelque peu ses concepts (alors que c'est exactement ce qu'il nous repproche!) en fusionnant dettes et intérêts. Si les taux d'intérêts augmentent (et que ce soi t clair, ça n'a pas été le cas pendant la période post-déficit 0), cela n'augmente pas la dette, c'est ridicule. Donc le fameux monsieur Tremblay n'a pas un vrai déficit 0. Le remboursement de la dette est un poste de dépense comme un autre, on ne saurait prétendre être en équilibre budgétaire sauf pour le remboursement des intérêts. Si tel était le cas, je pourrais m'acheter demain matin une belle maison à Vancouver!

4. Jusqu'à maintenant, les arguments de monsieur Fleury se tenaient plus ou moins. Ses critiques pouvaient être fondées ou débattues, mais c'est là qu'il en arrive à totalement déformer notre texte et nos intentions et à faire des attaques faciles. Nous n'avons jamais parlé de solutions "simplistes" ou "faciles". En fait notre point central était plus qu'en se voilant la face derrière un faux déficit 0, nous évitions les débats difficiles et les durs choix! Nous n'avons jamais parlé dans notre texte de tout déréguler ou de laisser un libre marché complet! Cette critique est simplement non fondée. Nous disons simplement que se priver totalement du privé en santé ou de subventionner l'électricité de tout le monde sont de mauvaises décisions. Cela ne signifie pas de privatiser hydro-québec.

5. Finalement, je suis heureux de constater que les cours du soir à l'ENAP permettent d'expliquer les raisons de la crise financière. Je fais un ph.d en économie et j'avoue humblement ne pas pouvoir expliquer la crise. Chaque semaine d'ailleurs, il y a des conférences et débat au département pour parler de la crise. Je trouve consternant de voir monsieur Fleury nous repprocher d'être trop "simplistes" en 500 mots et de le voir conclure son long texte sur des attaques faciles et pour la plupart fausses sur le libre marché. Par ailleurs, est-ce que monsieur Fleury a manqué les nombreux articles ou reportages montrant la responsabilité des institutions gouvernementales et régulatrices dans la crise au Etats-Unis?

Comme je le disais, la simplicité n'est pas forcément là où on croit.

12 commentaires:

Vincent Geloso a dit…
3 novembre 2008 à 13:14  

Note : Je ne cherche pas à être économiste, mais plutôt à me spécialiser en histoire économique ou politiques publiques. L'économiste c'est Bryan (et il est bon)

Bryan Breguet a dit…
3 novembre 2008 à 13:24  

en passant, monsieur Fleury qui, encore une fois, nous reproche notre simplisme, ne semble pas être capable de lire nos descriptions avant le texte dans la Presse pour voir que tu n'es pas (encore) candidat au doctorat, je trouve cela amusant. (à moins que la presse n'ait fait une erreur, dans ce cas, je m'excuse)

Vincent Geloso a dit…
3 novembre 2008 à 13:35  

Pour le doctorat, il faut que je commence la maitrise avant :P

Bryan Breguet a dit…
3 novembre 2008 à 13:44  

non si tu étais bon tu sauterais directement au doc à Princeton... :-p

Vincent Geloso a dit…
3 novembre 2008 à 14:46  

Nah, je veux pas te faire d'ombrage, aprés tout t'as pas passé au PhD à Princeton non plus :P

Alors je déduis que tu es pas bon :P

Au moins je reste pas à l'UdeM lol :P

NOTE AUX LECTEURS : Ceci est un dialogue normal entre moi et Bryan

louisp a dit…
3 novembre 2008 à 14:52  

"NOTE AUX LECTEURS : Ceci est un dialogue normal entre moi et Bryan"

et extrèmement bizarre...

vous avez pas MSN ;-p

En passant, vincent...j'ai pensé répondre à tes niaiseries sur les souverainistes..mais bon..je me suis dit que ça prendrait trop de temps d'expliquer heheh ;-p

Surtout de premier argument..wow..
Pour un souverainiste convaincu c'est comme lui dire:" T'es enchaîné...mais au moins ta chaîne est plus longue que les autres."
Pense pas que c'est ben convaincant ton truc.

Anonyme a dit…
5 novembre 2008 à 06:37  

Reste que Didier Fleury a raison; il peut ne pas y avoir de deficit et que la dette augmente. En fait, si les frais d'infrastructures etaient compatibilisees l'annee ou ils sont payees, ca serait contre toutes les regles GAAP.

Dans le cas present, c'est une question comptable, pas une question economique...

Vincent Geloso a dit…
5 novembre 2008 à 13:20  

Ok, pour un économiste (je sais que l'ÉNAP n'en forme pas là) le déficit zéro ca veut dire que la dette n'augmente pas. Les imaginations des comptables pour avoir un déficit comptable zéro, c'est pas un DÉFICIT ZÉRO.

Je sais que c'est dur à comprendre pour certains, mais faut pas exagérer!

Par ailleurs, la source de Marcelin Joanis et Claude Montmarquette citée par Mr.Fleury est hautement sélective puisque quelques instants plus tard, les deux auteurs recommandent (tout comme moi) que le gouvernement du Québec dégage des surplus importants pour palier à la réalité comptable.

Merci, bonne journée et bonne chance!

Vincent Geloso a dit…
5 novembre 2008 à 13:20  

Ok, pour un économiste (je sais que l'ÉNAP n'en forme pas là) le déficit zéro ca veut dire que la dette n'augmente pas. Les imaginations des comptables pour avoir un déficit comptable zéro, c'est pas un DÉFICIT ZÉRO.

Je sais que c'est dur à comprendre pour certains, mais faut pas exagérer!

Par ailleurs, la source de Marcelin Joanis et Claude Montmarquette citée par Mr.Fleury est hautement sélective puisque quelques instants plus tard, les deux auteurs recommandent (tout comme moi) que le gouvernement du Québec dégage des surplus importants pour palier à la réalité comptable.

Merci, bonne journée et bonne chance!

Vincent Geloso a dit…
5 novembre 2008 à 13:20  

Ok, pour un économiste (je sais que l'ÉNAP n'en forme pas là) le déficit zéro ca veut dire que la dette n'augmente pas. Les imaginations des comptables pour avoir un déficit comptable zéro, c'est pas un DÉFICIT ZÉRO.

Je sais que c'est dur à comprendre pour certains, mais faut pas exagérer!

Par ailleurs, la source de Marcelin Joanis et Claude Montmarquette citée par Mr.Fleury est hautement sélective puisque quelques instants plus tard, les deux auteurs recommandent (tout comme moi) que le gouvernement du Québec dégage des surplus importants pour palier à la réalité comptable.

Merci, bonne journée et bonne chance!

Vincent Geloso a dit…
5 novembre 2008 à 13:20  

Ok, pour un économiste (je sais que l'ÉNAP n'en forme pas là) le déficit zéro ca veut dire que la dette n'augmente pas. Les imaginations des comptables pour avoir un déficit comptable zéro, c'est pas un DÉFICIT ZÉRO.

Je sais que c'est dur à comprendre pour certains, mais faut pas exagérer!

Par ailleurs, la source de Marcelin Joanis et Claude Montmarquette citée par Mr.Fleury est hautement sélective puisque quelques instants plus tard, les deux auteurs recommandent (tout comme moi) que le gouvernement du Québec dégage des surplus importants pour palier à la réalité comptable.

Merci, bonne journée et bonne chance!

Vincent Geloso a dit…
5 novembre 2008 à 13:20  

Ok, pour un économiste (je sais que l'ÉNAP n'en forme pas là) le déficit zéro ca veut dire que la dette n'augmente pas. Les imaginations des comptables pour avoir un déficit comptable zéro, c'est pas un DÉFICIT ZÉRO.

Je sais que c'est dur à comprendre pour certains, mais faut pas exagérer!

Par ailleurs, la source de Marcelin Joanis et Claude Montmarquette citée par Mr.Fleury est hautement sélective puisque quelques instants plus tard, les deux auteurs recommandent (tout comme moi) que le gouvernement du Québec dégage des surplus importants pour palier à la réalité comptable.

Merci, bonne journée et bonne chance!

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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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