Pourquoi faire une campagne sur l'économie est une mauvaise idée

samedi 8 novembre 2008 ·

Voici quelques raisons pour lesquelles je considère qu'une campagne sur l'économie est une très mauvaise idée.

1. Si une campagne se fait sur un enjeu, chaque parti va devoir proposer un "plan" pour régler cet enjeu. Cela crée un cycle vicieux vers de l'interventionnisme étatique non justifié. Non pas que le pur libre marché est la solution parfaite (aucun économiste ne prétend cela), mais une campagne déclenchée sur le sujet de l'économie, cela va forcément amener à des propositions bien trop grandes. Le problème est que si un parti voulait se présenter en disant: le mieux est de ne rien faire vu que de toutes manières, toute intervention sera trop tardive ou inappropriée. Ce parti serait juste mort! Étonnant comment tout le monde semble avoir rapidement oublié les échecs des plans de relance keynésiens...

2. Il s'agît d'un enjeu trop compliqué, pour plusieurs raisons. La première est que l'économie n'est pas quelque chose que le gouvernement contrôle. Le gouvernement a le contrôle des hôpitaux par exemple, ou des écoles. Mais il ne peut pas faire grand chose sur l'économie surtout quand il s'agît d'une crise financière mondiale! Ainsi, cela fait croire aux électeurs que le gouvernement peut en fait contrôler l'économie, ce qui est faux.
D'autre part, n'en déplaise à André Pratte, les électeurs ne voteront pas en fonction du meilleur plan ou de la meilleure équipe, simplement car la plupart des électeurs ne peuvent pas évaluer objectivement de complexes plans économiques. En plus, nous le voyons, les plans libéraux et péquistes sont très similaires (je ferai un tableau comparatif), alors comment les électeurs pourraient ils faire un choix entre ces plans? Au moins l'ADQ est différente.

3. Une élection ne devrait jamais être sur un seul enjeu. Sous prétexte que l'économie va mal ne signifie pas que la santé ou l'éducation sont moins importants. Mais avec des slogans comme celui du PLQ, cela laisse supposer que c'est le cas et je trouve cela dommage. En plus, je l'ai déjà dit, mais demander un mandat majoritaire de 5 ans en raison, soi disant, d'une crise financière de quelques mois, c'est ridicule.

Voilà, je suppose que Vincent voudra ajouter quelques élements.

2 commentaires:

Anonyme a dit…
9 novembre 2008 à 11:09  

Le plan de chaucun des partis ne sera pas pour solutionner la crise économique mais bien pour réduire temporairement ses impacts sur la population.

Certaines mesures peuvent et doivent être prises maintenant, sans quoi il sera encore plus coûteux pour l'État de subvenir aux besoins d'un nombre encore plus grand de victimes que pourraient faire la crise financière.

Mais pour cela, il faut cesser de croire que l'État, instrument du peuple, est incapable de bonne chose. Yes we can!. ;)

Bryan Breguet a dit…
9 novembre 2008 à 14:43  

cela est vrai des mesures pour la population, genre hausse du credit de TVQ, etc. Mais les milliards investis dans les entreprises, tel que proposés par le PLQ ou le PQ, j'avoue être très septique.

Quant aux fameuses victimes de cette crise financière, est-ce qu'une seule banque quebecoise a fermé ou est au bord de la faillite, il me semble que pour l'instant, la réponse est non.

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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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