Une discussion sur les libertés économiques et la démocratie

jeudi 16 avril 2009 ·

Puisqu'une discussion a été entamée entre moi et Bryan sur la question de la démocratisation et des libertés économiques (en fait, on parlait du libre-échange en particulier). J'ai des doutes quant aux tableaux économétriques que Bryan a produit, surtout notamment à cause du R2 de 0.89 qui est beaucoup trop élevé.

Mais pour garder le débat entre nous deux à un niveau compréhensible, j'aimerai ajouter une étude de cas présentée par Fareed Zakaria dans The Future of Freedom : Illiberal Democracy at Home and Abroad (2003) entre les pages 59 et 87.

J'ai argumenté que davantage de libertés économiques (je disais libre-échange et libre marché) produisaient davantage de richesse. Mon argumentaire était que la richesse permet le renforcement d'une démocratie ainsi que sa capacité de survie. Selon Zakaria, le Royaume-Uni et l'Allemagne sont des exemples criants de cela.

Selon Zakaria, davantage de libertés économiques en Angleterre ont permis à la bourgeoisie de se nourrir des fruits du libre-échange, de la révolution industrielle et des droits de propriété bien établis. Cet enrichissement et l'indépendance grandissante de cette bourgeoisie a permis à celle-ci de modifier progressivement les vestiges de féodalité et d'aristocratie. Cette nouvelle élite de marchands, d'industriels et d'entrepreneurs est devenue le fondement politique du Royaume-Uni.

En Allemagne, l'industrialisation a été alimentée massivement par l'État ce qui n'a pas permis l'émergence d'une bourgeoisie forte indépendante des vestiges de la féodalité (Zakaria note comment la haute fonction publique allemande à l'aube de la seconde guerre mondiale était encore massivement composée d'aristocrates relativement au Royaume-Uni).

C'est cette émergence de la bourgeoisie qui, selon Zakaria, a permis à l'Angleterre(et les États-Unis pour des raisons similaires à l'Angleterre, mais Zakaria n'élabore pas aussi éloquemment pour le cas des États-Unis dans la situation ici-décrite) d'avoir une fondation politique assez solide pour survivre aux pressions politiques de l'après-guerre. Toutefois, sans présence de bourgeoisie forte, la république de Weimar était moins solide aux assauts liberticides à son égard.

Le but n'est pas d'établir ici une formule mathématique pour décrire l'effet de chaque chose, mais je pense qu'il est juste de prendre les libertés économiques en général comme une variable qui renforce ou améliore (à ceteris paribus) la vitalité d'une démocratie (à certains niveaux de développement).

1 commentaires:

steve81 a dit…
16 avril 2009 à 12:35  

Citation de Milton Friedman :

« I've grown increasingly to think that we need to make three classifications instead of two: economic freedom; social or civil freedom; and political freedom. Hong Kong is the key example of the importance of that distinction. Hong Kong has never had any political freedom as Freedom House would understand it. More recently, it has had a little but, as long as the British were in control, it was essentially a benevolent dictatorship. It was run by officials in the British foreign office and, yet, Hong Kong had a very high degree of civil freedom-freedom of speech and freedom of association. You can have a high degree of social freedom, and a high degree of economic freedom without any political freedom. What's not clear is whether you can have any political freedom if you don't have some of the other freedoms. »

Lire l'entrevue au complet :
http://www.cato.org/special/friedman/friedman/friedman4.htmlPour Milton Friedman, la liberté économique mène à la liberté politique et non l'inverse. Autrement dit, on devrait plutôt travailler pour la libération économique des pays totalitaires avant de penser faire des élections.

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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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