Médiocrité...

jeudi 26 mars 2009 ·

Si la performance purement actuarielle de la Caisse laisse à désirer, l'échec des interventions directes de la Caisse dans l'économie est total. La réforme de 2004 était une juste réforme qui permettait d'éviter ces échecs monumentaux, alors Jacques Parizeau devrait se retenir de donner son opinion sur la question puisqu'il est partiellement l'auteur de la philosophie médiocre qui a produit des résultats tout aussi médiocres de la Caisse de dépôt.

Les échecs de Steinberg, Provigo et Vidéotron ne suffisent pas à Jacques Parizeau. Il doit continuer de promouvoir un nationalisme économique qui n'a pas produit de résultats tangibles. Certes, selon l'économiste François Vaillancourt de l'Université de Montréal, les Québécois sont de plus en plus propriétaires de l'économie du Québec. Mais quelle part doit t-on vraiment attribuer à la Caisse de dépôt considérant que Steinberg a déclaré faillite, que Provigo a été sorti de sa misère lors de son acquisition par Loblaws et que l'intervention de la Caisse en faveur de Québécor dans le dossier Vidéotron a nuit à la rentabilité de la Caisse tout en contribuant à mettre TQS dans les angoisses qui la trouble. Non seulement ces interventions ont été néfastes, mais elles ont coûtées chères.

Un exemple intéressant des coûts de l'intervention est celui de l'industrie de l'amiante. Jacques Parizeau avait contribué à la décheance de l'industrie de l'amiante au Québec en menaçant de nationaliser Asbestos Corporation (détenue par des Américains) après son élection en 1976. Il avait finalement demandé à la Société Nationale de l'Amiante de racheter la part détenue par les Américains à 165 millions (soit 85 dollars par action). Le but était de rendre les Québécois propriétaires de cette industrie si glorieuse au Québec. Mais lorsqu'en juillet 1989, les États-Unis ont banni l'importation d'amiante, la Société Nationale de l'Amiante a été obligée de liquider ses actions à 85 millions (en dollars courants, pas en dollars de l'année d'acquisition). Sans compter les frais juridiques engendrés, l'obsession de Jacques Parizeau de vouloir faire en sorte que les Québécois possédent l'économie du Québec a fini comme un échec monumental.

Un ancien ministre de Jacques Parizeau et ancien dirigeant de la Caisse de Dépôt, Daniel Paillé avait ceci à dire à L'actualité en 1993 lorsque venait le temps de justifier le flop Steinberg :

Steinberg serait devenue Loblaws, propriété ontarienne. Provigo aurait été vendue à des investisseurs américains. IGA serait demeurée ce qu'elle était. Métro-Richelieu serait celle qui en aurait le plus arraché d'une guerre de prix. Serait-elle encore vivante ? On peut envisager sérieusement le scénario où la distribution alimentaire au Québec aurait été à 100 % propriété étrangère. Et pour ajouter l'insulte à l'injure, les commerçants locataires des centres commerciaux Ivanhoe auraient payé leurs loyers à un propriétaire foncier ontarien.
C'est ca la mentalité de Jacques Parizeau. Et il accuse Henri-Paul Rousseau d'avoir investis dans des projets magistraux au lieu des investissements de proximité que Parizeau préconisait. La Caisse avant la réforme de 2004 était une absurdité terrible, c'était un échec et n'a pas du tout contribué à l'émancipation économique des francophones. Jacques Parizeau devrait peut-être juste arrêter de parler en public.

9 commentaires:

Anonyme a dit…
26 mars 2009 à 20:47  

Geloso, comment tu peux critiquer Jacques Parizeau?! T'as aucune éducation digne de ce mec! T'es rien d'un con de droite qui déteste le Québec!

Anonyme a dit…
26 mars 2009 à 21:19  

Quand on me ramène le coup de l'amiante comme exemple, ça m'énerve un peu. L'amiante est un coup de malchance et non une nationalisation ratée. Si on nationalisait une autre ressource pour se rendre compte des années plus tard que cette dernière est néfaste pour la santé, ce n'est pas un mauvais choix politico-économique mais un coup du destin.

Quand on parle de nationalisation, est-ce qu'une majorité de québécois remettent en doute l'hydro-electricité (nos rivières)? NON. Si Pétro-Canada était toujours propriété du gouvernement canadien... aurions-nous fait collectivement de bonnes affaires dans les dernières années? Mets-en!

L'amiante c'est une bad luck. Un point c'est tout. Gang de néolibéraux : lâchez un peu avec l'amiante.

Pis Steinberg a fait faillite suite à un défi lancé à des étudiants québécois francophones lors d'une conférence donné par le père Steinberg, qui jugeait les québécois pas assez travaillants pour réussir en affaires. Ces québécois ont répondu en fondant Provigo... qui a été un succès incroyable. Que Provigo ait été racheté par Loblaws n'est dû qu'à la consolidation des marchés d'alimentation des années 90... pas à sa faillite éminente. D'ailleurs, Loblaws reconnait la valeur de la marque, les provigos sont encore bien ouverts.

Vincent Geloso a dit…
26 mars 2009 à 22:09  

1. Personellement, si tout le monde est d'accord que Hydro-Québec est sensationnel, ca veut pas dire que je suis d'accord. Je comprends que tu es une brebis qui suit le discours nationaliste, mais moi je pense pour moi-même.
2. Donc une dizaine d'années en cour notamment face à la Commission des Valeurs Mobilières de l'Ontario, c'était ok?
3. Si je suis ton argument, c'était ok de nationaliser l'amiante parce que c'était une ressource rentable, donc tu devrais nationaliser toutes les boulangeries rentables en même temps.
4. Provigo a aussi été aidé par la Caisse et ca a été un gros flop. Ca a stagné pendant presque vingt ans.
5. Tes arguments sont vraiment poches...

Anonyme a dit…
26 mars 2009 à 22:48  

"Geloso, comment tu peux critiquer Jacques Parizeau?! T'as aucune éducation digne de ce mec! T'es rien d'un con de droite qui déteste le Québec!"

Très convaincant! J'aimais bien Vincent, mais maintenant que tu m'apporte d'aussi bon arguments, je crois, mois aussi, que ce n'est qu'un pauvre type.

(Crétin de gauchiste...)

Bryan Breguet a dit…
27 mars 2009 à 02:25  

lol j'adore le dernier commentaire.

Pour l'amiante et Petro-Canada, soyons honnêtes, l'argument voulant que comme ces compagnies sont super rentables, elles feraient mieux d'etre publiques... dans ce cas il faut nationaliser WalMart demain matin! Et en fait, nationaliser toute l'économie...

Nous avons fait le choix de laisser les entreprises être privées et de faire des profits et de "simplement" les taxer car il semble qu'historiquement ce système fonctionne mieux que le communisme et la planification centralisée... Par contre d'accord avec le commentaire, c'est de la bad luck, le privé aurait aussi investit dans cette ressource.

@xe a dit…
27 mars 2009 à 09:59  

J'adore les commentaires des anonymes, très divertissant. Vous devriez avoir une session là-dessus.

À ce que je sache concernant l'éducation de Vicnent, il ira a la même école que Parizeau.

Vincent Geloso a dit…
27 mars 2009 à 09:59  

Oui Bryan, je suis d'accord avec toi le privé aurait aussi perdu de l'argent dans le cas de l'amiante, mais à la différence de la situation présentée ici, ce n'aurait pas été les contribuables qui auraient payé la facture, uniquement les actionnaires et les gens impliqués dans le projet.

Anonyme : Hehehehe, c'est rare que j'aime des anonymes mais là c'est le cas :P

@xe a dit…
27 mars 2009 à 10:05  

Je voulais bien sûr dire "section", ma tête est ailleurs.

Vincent Geloso a dit…
27 mars 2009 à 11:46  

Nah, c'est probablement Pierre Morin qui cherche de l'attention

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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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