Choix publics et plan de relance

samedi 7 février 2009 ·


La théorie des choix publics est une approche normalement accepté en science économique pour dénoter que l'État est un joueur similaire à tous les autres et qui posséde sa propre structure d'intérêts et qu'il n'est pas angélique ou supérieur au marché. C'est les théoriciens des choix publics comme le Nobel d'économie James Buchanan et Gordon Tullock qui ont élaboré le "government failure". Assujetti à un marché, le marché politique, l'État réagit et interagit avec des groupes d'intérêts plus ou moins puissants et aux formes multiples.

Quand l'État offre de dépenser (disons par un déficit) des milliards de dollars. Les groupes d'intérêts se présentent à lui pour rechercher une rente de sa part. Ils dépensent des ressources pour acquérir des ressources supplémentaires, pour eux c'est un investissement d'intervenir auprès du gouvernement. Ce dernier offrira aux groupes qui favoriseront le plus son intérêt. Dans ce cas, c'est du lobbying. C'est poche, c'est nul, mais ca fait partie du jeu démocratique.

Dans d'autre cas, comme celui du Japon, c'est de la corruption pure et simple. Au Japon, les milliards et milliards de dépenses ont permis une augmentation massive de la corruption puisqu'il y avait des gens à récompenser, amadouer ou acheter.

Dans les deux cas, il s'agit d'une dilapidation des ressources. Les ressources vont aux groupes les plus efficaces dans le "lobbying" et aux individus les plus influents (dans le cas de la corruption). Au final, ces ressources sont gaspillées et ne peuvent pas être utilisées par le secteur privé.

Déjà que je considère le gouvernement comme incapable de "choisir des gagnants" pour relancer l'économie, celui-ci est motivé par son intérêt propre et alloue les choix avec un égard pour autre chose que l'efficacité. Cela diminue encore davantage l'efficacité de l'intervention de l'État.

2 commentaires:

steve81 a dit…
9 février 2009 à 12:29  

Il faudrait pousser l'analyse plus loin dans le cas du Canada. On ne devrait pas parler de l'État, mais plutôt des États au pluriel : fédéral, provinciaux et municipaux. Comme le fédéral aime s'ingérer dans les affaires des provinces au lieu de s'occuper de ses propres responsabilités, l'inefficacité est doublée (provincial) ou triplée (municipal) dans certains cas. Les évaluations environnementales pour les projets d'infrastructure sont souvent faites en double ou en triple. Quand vient enfin le temps de commencer un projet, l'argent des paliers supérieurs n'est pas toujours là.

Chaque palier de gouvernement à ses propres intérêts. Les paliers inférieurs se comportent aussi comme des groupes d'intérêts pour aller chercher de l'argent supplémentaire. Le fédéral quant à lui impose ses conditions : il établit/modifie les critères pour qu'un projet se qualifie et exige une contribution des paliers inférieurs. Quand quelque chose ne fonctionne pas, on peut toujours blâmer un autre palier de gouvernement.

Allez voir le tableau 3.7 dans le budget fédéral et comparer les sommes qui seront investies en infrastructures provinciales/municipales versus fédérales (en bas de cette page : http://www.budget.gc.ca/2009/plan/bpc3d-fra.asp). Allez aussi écouter cette entrevue de Benoît Dutrizac avec Christian Paradis (Ministre des Travaux Publics) : http://www.985fm.ca/chmp/audio/audioplayer.php?url=http://mediacorus.corusquebec.com/webcorus/audio/content_Audio/166903.mp3

Les paliers provinciaux et municipaux sont condamnés à agir comme des vulgaires groupes d'intérêts pour téter de l'argent. Il est là le véritable déséquilibre fiscal. Il faudrait modifier la Constitution du Canada afin que chaque palier soit autonome financièrement (allô les adéquistes) et que les domaines de compétence soient bien divisés (un projet = un palier responsable). Quand ça prend trois paliers de gouvernement pour visser une ampoule, pas étonnant qu'il fasse noir.

steve81 a dit…
9 février 2009 à 12:35  

Cities can't afford to pay third for projects: Tremblay
http://www.montrealgazette.com/news/Cities+afford+third+projects+Tremblay/1182678/story.html

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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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