Michael Ignatieff : quel grand leadership...

mercredi 28 janvier 2009 ·

...les libéraux auraient pu rester avec Stéphane Dion, ils auraient eu du vrai leadership. En 24 heures de réflection, Michael Ignatieff n'a pas pu trouver une meilleure excuse pour s'opposer au budget socialo-conservateur que celle de vouloir des rapports sur l'économie. Des rapports sur l'économie? Euh...Statistiques Canada ne produit pas des données trimestrielles sur la question?

Michael Ignatieff aurait pu se présenter comme le grand héros de l'héritage libéral; la saine gestion des finances publiques. Demander pourquoi le déficit est si gros? Pourquoi avons-nous même un déficit? Pourquoi offrir 2.7 milliards à l'industrie automobile? Pourquoi ces projets d'infrastructures? Relanceront t'ils vraiment l'économie? Pourquoi des crédits d'impôts pour la rénovation des maisons? Je suis sûr que si il avait voulu, Michael Ignatieff aurait pu dire qu'il aurait été possible de bien gérer les finances, éviter le déficit collosal (ne serait-ce qu'un petit déficit) avec des dépenses beaucoup plus intelligentes(admettons) que les conservateurs.

Mais non, Michael Ignatieff is not a leader...

8 commentaires:

Alain B. a dit…
28 janvier 2009 à 18:11  

Ben là... aussi bien en faire le chef du PC.

Es-tu sérieux Vincent? Tu crois sincèrement qu'on peut traverser cette crise sans faire de déficit et qu'on réussira à s'en sortir avec une économie qui produit le même output (ou mieux) d'ici quelques années sans une injection massive le liquidité de la part du gouvernement?

Ton "libéralisme classique" est-il dogmatique à ce point?

Bryan Breguet a dit…
28 janvier 2009 à 18:29  

Non je pense pas que Vincent croit que l'on peut évier les déficits, et éviter à tout prix un déficit est idiot. Mais Vincent et moi sommes juste opposés à des plans de relances qui donne du cash à tout le monde. Et oui l'économie produira le même "output" d'ici quelques années, tu sais pourquoi? Car depuis des centaines d'années, il y a ce qu'on appelle la croissance économique!

Injection de liquidités... je pensais vraiment que l'on avait montré que le keynésianisme ne marchait pas.

Vincent Geloso a dit…
28 janvier 2009 à 18:33  

Je pense que le Canada est assez fort économiquement pour éviter un déficit. Si il en fait un, il peut être de taille risible (1-2-3 milliards), mais 40 milliards ce n'est plus du déficit, c'est une orgie déficitaire!

La stimulation temporaire (avec plusieurs mesures fiscales temporaires) auront le même (non)effet que les coupures d'impôts temporaires de Bush.

Les subventions de 2.7 milliards à des industries qui bénéficient depuis des décennies des poches des contribuables, c'est pas pour relancer l'économie.

Finalement, je suis hautement sceptique des plans de relance par les infrastructures.

A. Parce que ca va clairement être dépassé comme des malades
B. Parce que je vois peu d'évidence empirique que les briques et béton relancent l'économie. En fait, je suis prêt à argumenter que le plan de Roosevelt du New Deal quant aux développements des infrastructures a prolongé la crise en décourageant l'investissement privé dans un secteur peu risqué.

Alain B. a dit…
28 janvier 2009 à 22:48  

Il me semble que ça fait presque trois décenies que le gouvernement sous-investit dans les infrastructures... est-ce que cela a encouraqé l'investissement privé dans ce secteur? Il me semble que non à en juger par leur état.

Je partage votre scepticisme sur plusieurs points.

Mais pas votre foi en la croissance éternelle. (à long terme, d'accord, mais pas toujours à moyen terme)

En 1929 la croissance s'est inversée, puis arretée. Et elle n'a reprise de façon adéquate qu'après la seconde guerre mondiale... entre temps, beaucoup de misère pour beaucoup de monde.

Certes, le New Deal de Roosevelt n'a pas "relancé" l'économie... pour la plus grande partie, il jouait à l'aprenti-sorcier et certaines mesures furent contre-productives...

Mais allez vous m'argumenter que tout se serait mieux passé (moins de famine et de misère) s'il avait simplement laissé faire?

En 1929, comme aujourd'hui, la crise est d'abord un échec du marché... une cr*** de grosse correction à la baisse qui traumatise assez de monde pour miner la confiance pendant longtemps.

D'accord, la croissance reprendra éventuellement d'elle même... mais dans combien de temps? Et au prix de combien de misère?

Le problème est plus c'est long, plus ça fait mal... plus il sera difficile de rétablir la confiance nécessaire à une croissance adéquate...

Entre temps, j'aime mieux un gouvernement qui intervient et donne un coup de main... même s'il ne le fait pas très bien. C'est mieux que rien et quand la croissance reprendra, elle sera propulsé par une plus grande confiance d'une population qui n'a pas trop souffert et qui est donc prète à se mouiller de nouveau.

Bryan Breguet a dit…
28 janvier 2009 à 23:07  

Pour 1929, j'ignore trop sur le sujet pour répondre bien sincèrement. Le contexte était aussi fort différent. Je ne suis pas opposé à tout plan de relance ou à toutes mesures. En particulier, des mesures visant l'assurance emploie et la requalification de la main d'oeuvre me semblent assez bonnes. Et tant qu'à dépenser, oui autant le faire en infrastructures alors (si on a les moyens de les entretenir par la suite...).

Mais le budget contient des dépenses, des subventions absolument partout. Et c'est essentiellement sur ce point que je suis découragé. Protégeons les employés, pas les emplois. Ca ne sert a rien de donner des mio ou mia à des industries qui ne sont plus concurrentielles.

Quant au laisser-faire, je pense en effet que le marché est en règle generale assez efficace pour se rétablir, oui. Que l'on veuille aider des personnes qui vont tout perdre en protégeant leurs prets ou en leur permettant de changer leur REER en FEER plus tard, je suis 100% d'accord, c'est même un devoir du gouvernement. Mais je ne pense pas que l'on devrait donner des mia pour sauvegarder des industries, c'est aller contre le marché, à court et à long termes.

David a dit…
29 janvier 2009 à 00:23  

@ Alain B.

Le dogmatisme il vient de toi.

Jamais un pays ne s'est sorti d'une crise en appliquant les principes de Keynes.

Le pragmatisme dans la présente situation c'est de laisser l'économie nous débarrasser du bois mort.

Gilles Laplante a dit…
29 janvier 2009 à 09:36  

Ignatieff ne pouvait poser toutes ces questions car il se serait fait dire que ces mesures sont ses demandes.
Les investissements en infrastructures des différents gouvernements sont de la poudre aux yeux pour gogos, ils auraient été obligé de les faire de toutes façons, les infrastuctures étant négligées depuis 30 ans. Les seuls projets qui peuvent être lancés à court terme c'est la rénovation domiciliaire et ce sont des projets de particuliers.

Alain B. a dit…
29 janvier 2009 à 12:25  

@Brian

Bons points. J'ai l'impression que plus on se concentre sur les détails, plus on est sur la même longueur d'ondes. Du moins, j'ai l'impression qu'il n'y a pas autant de distance entre nos positions que ce que mon questionnement sous-entend.

@Vincent

Euh... et la seconde guerre mondiale alors? C'est à ce moment que les principes de Keynes ont été le plus diligeament appliqués. S'en suit une période de prospérité sans précédent où ses principes sont appliqués pendants encore 20 ans avant de commencer à dérailler sérieusement. Je suis loin d'attribuer toute cette croissance à Keynes... (très loin) ...but still, there's gotta be something to it, no?

...

Merci à vous deux... vous me forcer à réfléchir.

Le fond de ma réflexion est ici: http://emerillon.niala.net/2009/01/depression-et-relance-quelle-est-la-bonne-formule/

Elle s'alimente de vos commentaires et d'un article de Megan McArdle dont le lien se trouve ici: http://emerillon.niala.net/2009/01/le-meilleur-blogue-pour-suivre-et-comprendre-la-crise/

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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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