L'ADQ a besoin de quelqu'un de l'extérieur (et de crédible)

mercredi 10 décembre 2008 ·

Lundi soir, Mario Dumont a fait le geste le plus honorable qu'il pouvait poser. Il a démissionné sans hésiter, ouvrant la course à la chefferie.

À certains égards, Mario Dumont a réussi à briser des interdits politiques qui devaient être brisés. Il a questionné ouvertement le rôle de l’État dans l’économie et le modèle honteusement interventionniste du gouvernement du Québec. Il a osé prononcer les mots «réduction de la taille de l’État» et « privatisation ». Sa plus grande réalisation à notre avis réside dans son courage face au dossier de la santé. Face aux attaques démagogues, malhonnêtes voire hypocrites de ses adversaires, il a maintenu fermement sa position en faveur d’une contribution plus grande du secteur privé dans l’offre de soins de santé. Les idées que l’ADQ défend sont associées irrévocablement à Mario Dumont. En somme, l’ADQ n’a jamais su se présenter comme une entité politique allant au delà d’un seul homme. Ainsi, l’échec de l’ADQ est celui de Mario Dumont.

Mais maintenant, c'est la grande opportunité de démontrer de la maturité et de définir un parti politique. Ca sera un moment crucial pour la droite au Québec. Pour cela, je suis d'avis qu'il faut quelqu'un de crédible qui provient de l'extérieur mais qui a fait sa marque sur les débats publics au Québec. Il faut que le prochain chef de l'ADQ soit capable d'exprimer une position cohérente, claire et pro-marché et le lier sous une forme ou une autre à l'identité nationale. Pas de verser dans le populisme pour plaire aux sentiments nationalistes les plus faciles, mais bien de construire une droite moderne capable d'avoir une base idéologique claire.

Je ne cherche pas à retirer aux deux candidats crédibles (Gendron n'est pas crédible et ne remplit aucune des conditions pour accomplir les objectifs mentionnés ici), en fait j'admire Éric Caire pour avoir défendu si vaillament le privé en santé. Je ne connais rien de Gérard Deltell n'étant pas un auditeur de TQS (ne l'ayant jamais été par ailleurs), mais il est frais en politique.

Je pense que quelqu'un de l'extérieur pourrait rallier la droite économique du parti qui a deserté en 2007-2008 à cause des politiques incohérentes sans aliéner les membres qui sont demeurés contre vents et marées. Cette personne de l'extérieur permettrait aussi de changer la nature des institutions du parti tout comme la culture interne du parti pour la remettre à jour.

Mais bon, il faudrait qu'une telle personne soit intéressé à diriger un parti sans financement officiel...

13 commentaires:

Patrick Lemieux a dit…
10 décembre 2008 à 11:53  

Je propose qu'on lance un mouvement faisant la promotion de la candidature de Michel Kelly-Gagnon à la direction de l'ADQ!

Choupette a dit…
10 décembre 2008 à 12:41  

Je trouve que tu te contredis.

Tu dis au début que Mario Dumont a pris toute la place au lieu de la laisser à l'entité politique, pour ensuite dire qu'il faut quelqu'un pour exprimer certaines idées précises, tu veux refaire un Dumont #2 version améliorée ?

Non, je crois qu'il faut se concentrer à refaire la structure interne du parti, pour ensuite bâtir un message soutenu, ensuite on choisira qui sera le porte-parole.

Alex Forest a dit…
10 décembre 2008 à 13:48  

Je m'attendais à une ou deux suggestions Gelo... Tu as une idée?

Vincent Geloso a dit…
10 décembre 2008 à 17:23  

oui

@xe a dit…
10 décembre 2008 à 21:08  

Kelly-Gagnon serait trop fort, ça ferait des méchants débats. Je suis pas sûr qu'il veule passer à travers l'étape énorme de reconstruction d'un parti.

Économiste Néolibéral a dit…
11 décembre 2008 à 00:44  

Y'a beaucoup de gens qui pensent à Michel!

Jean-Paul a dit…
11 décembre 2008 à 06:34  

Je ne le connais pas, ce Michel, mais à vous lire, il semble intéressant. A-t-il déjà fait de la politique?

louisp a dit…
11 décembre 2008 à 07:22  

lol c'est tellement une mauvaise idée....

Imagine un ex de l'IEDM comme politicien au Québec. C'est la version de la droite de Québec Solidaire ce mec. Il va falloir se creuser la tête un peu plus.

LBII a dit…
11 décembre 2008 à 08:46  

Ça signifie qu'il y aurait des gens d'idée aux deux bouts du spectre politique, et les politicailleux centristes au milieu. Personnellement je n'ai rien contre!

Anonyme a dit…
11 décembre 2008 à 10:09  

Oui Oui Oui! Mettons cette fois-ci les lobbys du grand patronat directement et franchement au pouvoir. L'IEDM, Power Corp et cie. Comme ça, les Desmarais, Chagnon et toute leur clique n'aurait plus à se cacher derrière le parti Libéral! Sortir de leurs déguisements de chroniqueurs et de président d'institut bidon les gros apôtres du néolibéralisme, Kelly-Gagnon, Elgrably, Kheiriddin... Je les veux tous comme ministres! Avec Geloso comme président de notre république de bananes. Quel monde merveilleux. J'en rêve.

L'ADQ! Une piastre, un vote!

Vincent Geloso a dit…
11 décembre 2008 à 10:12  

Salut Pierre Morin, comment il va? Toujours rien de mieux à faire?

steve81 a dit…
11 décembre 2008 à 11:56  

Vous pouvez toujours attendre le Messie, en attendant, je ne mettrais pas une croix tout de suite sur Stéphane Gendron. Oui il a de gros défauts, mais lui ne changerait pas de position en fonction des sondages. Il a peut-être l'air de tirer dans toutes les directions car il se prononce sur tout, mais il n'est pas une girouette. Gendron n'irait pas en politique pour se faire aimer. On a besoin de politiciens capable de franchise. Gendron ne ferait pas dans le stratégisme politique crasse. Les bons stratèges ont déçu dernièrement... on a qu'à penser à Harper l'ex-libertarien ou même Karl Rove le cerveau des campagnes Bush, qui a dépensé plus que Clinton (même au plan domestique). Oui ils se sont fait élire, mais à quel prix? Renier tous ses principes? À quoi bon...

Un parti à besoin d'un leader. Dumont n'était pas un leader. On ne peut pas être un leader dans un parti d'un seul homme.

Gendron à l'émission de Paul Arcand

Carl Vallée a dit…
11 décembre 2008 à 17:47  

Stéphane a fait campagne avec un ex marxiste léniniste aux dernières élections fédérales. J'espère que les militants adéquistes voteront ABS "Anything but Stéphane".

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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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