Une petite pensée pour...

dimanche 30 novembre 2008 ·

... tous les prof de sciences politiques, au cégep ou à l'université. En raison de la crise actuelle à Ottawa, ces pauvres prof doivent revoir complètement leur programme. Alors qu'ils enseignaient depuis des années que le système britannique apporte des gouvernement majoritaires, stables, etc, ils doivent maintenant enseigner ceci:

-le mode de scrutin majoritaire peut entraîner une très grande instabilité lorsqu'il y a plus que deux partis avec un nombre importants de sièges. Le problème est d'autant plus vrai quand cela débouche sur trois gouvernements minoritaires de suite.
-le Canada aura un gouvernement de coalition ET minoritaire.
-La Gouverneure Générale a des pouvoirs réels et peut décider de déclencher des élections ou non, elle n'a plus seulement un rôle honorifique.

Bien sincèrement, ce que la crise actuelle démontre c'est que le mode de scrutin majoritaire à un tour était fonctionnel en 1867, lorsqu'il n'y avait que deux partis. En 2009, ce n'est de loin plus le cas et je ne pense pas que cela soit souhaitable. Si le Canada avait un mode de scrutin proportionnel, les politiciens devraient s'entendre et collaborer. Ils ne pourraient plus être tentés de déclencher des élections anticipées juste car ils ont gagné trois points dans les sondages. En effet, alors qu'avec le mode de scrutin actuel, passer de 35% à 38% peut faire une énorme différence, cela ne change quasiment rien avec de la proportionnelle. Ainsi, contrairement à ce que l'on peut croire, lorsque l'électorat est aussi divisé et divers que ne l'est maintenant l'électorat canadien, une représentation proportionnelle pourrait au contraire apporter une stabilité. Naturellement cela nécessite un changement de culture de la part de nos politiciens. Néanmoins, à voir le NPD et le PLC négocier si facilement et si ouvertement une coalition, je me dis que les changements ne seraient pas insurmontables. Si la Nouvelle-Zélande et l'Écosse ont survécu au passage du mode de scrutin britannique à la proportionnelle mixte, je ne vois pas pourquoi le Canada ne pourrait en faire autant.

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Au sujet du blogue

Scientifiquement justes, politiquement incorrects
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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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