Comment couper dans les dépenses?

dimanche 11 octobre 2009 ·

Dans la dernière semaine, il y a eu des débats acrimonieux au Québec entre François Bonnardel de l'ADQ et le premier ministre Jean Charest sur l'équilibre budgétaire. Selon Bonnardel, il y a des efforts à faire dans la colonne des dépenses. Son raisonnement est certes valide, mais sa proposition principale l'est moins. Son idée, partagée avec Gilles Taillon, est de réduire les dépenses en sabrant dans les organismes intermédiaires et le nombre de ministères. En incluant le niveau des salaires des membres de la fonction publique, on peut effectivement sabrer quelques millions. Mais en soit ce n'est pas suffisant.

Par exemple, prenons le ministère de l'environnement. La direction et la gestion du ministère consomment respectivement 7.8 millions et 39.9 millions pour l'exercice 2009-2010 sur un total de 311 millions pour le ministère. Une proportion infime des dépenses du ministères peut être coupé en sabrant le nombre de fonctionnaires ou de ministres (par la fusion avec d'autres ministères). Cette proportion diminue davantage avec les deux plus gros ministères de l'éducation et de la santé qui gèrent des lourds programmes. En soit, il est tout simplement impossible de fermer le déficit prévu de 3.8 milliards pour l'exercice 2010-2011 avec de telles mesures. Ne comptons même pas le salaire d'un ministre délégué qui doit à peine dépasser 80,000$.

La seule manière de réduire massivement les dépenses n'est pas de compresser, mais bien de réformer la manière dont sont produits les services publics. Le déficit actuel est causé par une baisse des revenus temporaires, mais les dépenses continuent d'augmenter alors il y aura toujours un écart surtout à cause que les dépenses en santé augmentent plus rapidement que la croissance économique. Une première manière de réduire les dépenses seraient donc de réformer le ministère de la santé. Comme j'en parlais dans un poste précédent, il est possible d'assurer une couverture universelle publique sans nécessairement résoudre à la production publique des soins de santé. Il serait donc possible de permettre une incursion plus forte du privé notamment par la privatisation des hôpitaux par le personnel médical ainsi que le décloisonnement de la production (un bâtiment pourrait abriter le privé et le public sous son toit). Des corporations d'hôpitaux pourraient se former pour assurer du profit, mais comme des services comme l'hospitalisation, les urgences et autres services de santé essentiels seraient encore couverts par la RAMQ, il pourrait y avoir des gains d'efficacité dans la gestion, de la spécialisation des hôpitaux et une complémentarisation entre les hôpitaux. En sus, rien n'empêche l'émergence de coopératives de santé privée qui sont en quelques sortes des assurances collectives d'un groupe qui choisit de s'assurer. Et rien ne devrait empêcher la couverture duplicatrice de l'assurance : c'est-à-dire qu'on peut s'assurer pour les mêmes services que le public couvre.

La réforme du ministère du développement économique est un autre exemple intéressant de réforme des ministères pour réduire les dépenses. La direction consommait 36.3 millions cette année. Le reste du 463 millions du ministère c'est des programmes de subventions pour les entreprises. Le but avoué de ces subventions est de sauver et créer des emplois. Je suis sceptique de l'efficacité de ces programmes pour atteindre ces objectifs. Je pense que c'est mieux de cibler des individus au lieu de cibler des entreprises. On doit pas aider à sauver des emplois, mais bien de protéger des employés. On pourrait donc assurer une formation aux travailleurs délocalisés ou remplacés par des machines. Ca serait là une manière de réduire les dépenses du ministère sans affecter l'atteinte de la mission.

Le but n'est pas de réduire les dépenses en compressant les services publics, le but c'est de réformer les services pour qu'ils soient plus efficaces et demandent moins de dépenses.

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Scientifiquement justes, politiquement incorrects
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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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