N'importe quoi!

lundi 22 juin 2009 ·

Je viens de consulter le sondage Légermarketing qui montre que 90% des francophones québécois pensent que le français est menacé à Montréal! Je suis juste sidéré, je viens de passer un peu moins de 2 semaines à Montréal justement (en me rendant au centre-ville aussi, oui oui) et je ne comprends juste pas comment on peut penser que le français est menacé! Il s'agît d'une psychose totalement non justifiée. D'ailleurs, j'aimerais avoir les données détaillées du sondage pour voir les résultats auprès des Montréalais seulement. J'ose espérer que la proportion sera plus faible!

En même temps, dans le même sondage, on apprend que 60% des francophones déclarent: "les immigrants du Québec devraient abandonner leurs coutumes et traditions, et être davantage comme la majorité des Québécois". Et 65% estiment que "les anglophones se comportent comme s'ils étaient une majorité au Québec"! Quand ça? La minorité anglophone au Québec (dans la région montréalaise disons) est constamment ignorée, que ce soit par les médias ou surtout politiquement. Alors comment pourraient-ils se comporter comme s'ils formaient la majorité? Car ils parlent anglais chez eux?

J'en viens à espérer que Légermarketing ait juste fait plein d'erreurs méthodologiques, car si ces résultats sont réels, ils me désolent...

6 commentaires:

Nicolas A. Bérard-Nault a dit…
22 juin 2009 à 05:33  

Tu es dans une nation entourée de 330 millions d'anglophone. Tu es dans une nation qui a un historique de domination étrangère. Tu es dans une nation où, il y a à peine 50 ans, toute la vie économique se passait en anglais. Ça laisse des marques.

Gilles Laplante a dit…
22 juin 2009 à 08:05  

C'est normal que les Montréalais pensent ça, c'est ce qu'on leur a dit de penser.

Bryan Breguet a dit…
22 juin 2009 à 08:47  

@ Nicolas: d'accord pour les raisons historiques, mais il n'est quand même pas normal que cette proportion semble augmenter. Il y a une psychose sur le français créée de toute pièces par certains groupes ou partis politiques (quand la chef dit que la situation est aussi grave qu'avant la loi 101, on est dans la démagogie primaire).

De toutes manières, j'aimerais voir les questions précises posées par Leger, j'ai l'impression qu'il y a un léger biais (sans jeu de mot!). Je suis sûr qu'il est tentant de répondre, pour un non-montéralais, que oui, le français est menacé.

Guillaume a dit…
22 juin 2009 à 09:11  

Qu'est-ce qui est désolant dans le fait que 60% des francophones (et parle-t-on ici uniquement des Canadiens-Français ou également des immigrants francophones?) déclarent que "les immigrants du Québec devraient abandonner leurs coutumes et traditions, et être davantage comme la majorité des Québécois"?

Il est normal que les descendants de colons souhaitent que les immigrants s'assimilent.

Je serais plus inquiet de ça :
http://www.nationalpolicyinstitute.org/2008/04/18/global-white-population-to-plummet-to-single-digitblack-population-to-double/
(Et si quelqu'un voit du racisme là où il faut plutôt voir du nationalisme, c'est qu'il est vraiment "brainwashé" par les médias.)

Quant au reste du sondage, je ne fais personnellement pas parti de ceux qui sont "inquiétés" par l'état du français. Mais, étant originaire d'une "région" et habitant maintenant Montréal, je ne crois pas qu'un non-Montréalais dirait oui, néamoins je comprend qu'un Montréalais puisse être tenté de répondre oui. En effet, je vois mal comment un habitant d'une région peut sentir que sa culture est en péril... Alors que je comprend qu'un habitant de Montréal puisse interpréter les événements de cette façon...

Bryan Breguet a dit…
22 juin 2009 à 10:15  

@ Guillaume: pour les Montréalais vs non-Montéralais, non en général on observe l'inverse. Regarde par exemple le débat sur l'immigration/accommodements raisonnables, les inquiétudes venaient des gens en régions alors que les immigrants sont justement à Montréal. Un montréalais ne devrait pas être inquiété pour le français à mtl vu qu'il y vit et peut voir à tous les jours qu'il n'y a absolument aucun problème. J'ai un ami au doctorat, qui vient de Québec, et pour lui l'état du français à mtl est horrible, surement car il a entendu 2 anglophones au centre-ville!

Quant à ta première remarque, le but ne devrait pas "d'abandonner ses coutumes et traditions", mais bien "de vivre selon les lois canadiennes et québécoises". Je m'en fous qu'un immigrant ne mange pas de porc ou qu'une femme veuille porter un voile (pas le voile total cependant). Je trouve que répondre oui à la question "devraient être davantage comme la majorité des québécois" démontre une intolérance latente. Mais c'est mon opinion d'immigrant après tout! lol

Guillaume a dit…
23 juin 2009 à 10:38  

C'est sûrement parce que je viens des Cantons-de-l'Est que j'ai émis cet avis concernant le français. Je conviens que ceux originaires des autres régions du Québec, historiquement (et toujours de nos jours) moins anglophones et anglophiles que l'Estrie, peuvent considérer les choses comme tu les exposes ;-)

Quant au reste, personnellement je suis d'avis que les immigrants devraient "vivre selon les lois canadiennes et québécoises" et peuvent conserver, dans leur vie privée, leurs "coutumes et traditions". Mais, en dehors de la sphère privée, puisqu'à Rome on vit comme les Romains, au Québec on vit comme les Canadiens-Français. À mon avis, c'est la positions de beaucoup de descendants de colons. Néanmoins, j'ajouterai une nuance personnelle qui n'est généralement pas partagée : puisque les lois canadiennes et québécoises garantissent des droits tels que le port du voile ou du kirpan, il est tout naturel qu'un immigrant soit authoriser à porter ces symboles religieux, sans l'ombre d'un doute.

Si les Canadiens-Français sont hostiles à ces manifestations religieuses, qu'ils utilisent leur pouvoir politique pour faire modifier les législation. Mais le temps presse pour y arriver, puisqu'ils ne seront bientôt plus assez nombreux pour influencer le débat politique. Le mieux serait donc qu'ils augmentent leur taux de natalité, leur permettant ainsi de préserver leur force politique et rendant la nécessité de l'immigration caduque.

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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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