Lettre de Proulx: erreurs, incompétences et manque de cohérence!

mardi 23 juin 2009 ·

Je voudrais revenir une autre fois sur la lettre de Proulx. Tout d'abord, je le dis et le répète car c'est important, mais Proulx était l'une des grosses têtes à l'ADQ quand celle-ci s'est écroulée, après son accession au poste d'opposition officielle, il était alors leader parlementaire. Il est primordial de le rappeler pour remettre les propos de Proulx dans le contexte. Proulx passe en vitesse sur la débandade adéquiste, se cachant derrière un pathétique "manque de crédibilité". Mais il évoque aussi un manque de cohérence sur lequel je reviendrai.

Tout d'abord Proulx est peut-être un bon avocat (j'en ai aucune idée), mais il devrait prendre un petit cours de politique 101, tant ses propos sont désolants. Il commence par dire:

Lorsque l’ADQ a été fondée (je n’y étais pas), elle l’a été sur la base de valeurs qui nous sont chères. Valeurs qui, à l’époque comme aujourd’hui, ne sont pas la réalité quotidienne des deux formations politiques dites traditionnelles, comme la liberté de choisir ce qui est bon pour soi et le devoir incontestable de cesser d’hypothéquer nos enfants pour les caprices d’aujourd’hui, notamment.
Liberté de choix? Responsabilité individuelle? Ne pas endetter nos enfants? Voici justement des valeurs libérales. Libéral aus ens européen, donc conservateur au sens canadien (ou anglo-saxon). En clair: de droite! Alors pourquoi Proulx, quelques lignes plus tard, déclare que l'ADQ n'est pas de droite. Vers la fin, il semble carrément être opposé à placer l'ADQ sur l'échiquier gauche-droite! Même au cnetre-droit. proulx est en effet ravi de voir des gens de gauches et de droite au sein de la formation. Comment voulez-vous avoir un parti qui offre un minimum de cohérence si ce parti n'a aucune base idéologique!?

Proulx oppose ensuite droite et humanisme, ou droite et redistribution de richesse. Cela est inexact. S'il est vrai que ces valeurs sont en règles générales davantages de gauche, il faut se souvenir que la droite est plurielle. Là encore, Proulx démontre un manque de connaissance en science politique affligeant. Tout comme quand il parle de radicalisation. Nous ne demandons pas cela, nous voulons juste retrouver une ADQ qui ne propose pas des bureaux de la prospérité ou des achats locaux. Si Proulx voit cela comme une radicalisation de droite, nous sommes mal barrés.

L'ADQ est (et a toujours été avant d'avoir des gars comme Proulx aux positions de leader parlementaires ou présidents de la commission politique) de centre-droit! Plus encore, l'ADQ n'a aucune raison d'être si elle ne se définit pas à cette position. Déjà que l'ADQ n'a, somme toute, aucune position constitutionnelle, accueuillant aussi bien des souverainistes que des fédéralistes (ce qui est bon choix selon moi, les vrais débats sont gauche-droite), elle ne peut se permettre en plus d'être sans idéologie gauche-droite. Encore une fois, Proulx lui-même reconnaît un manque de cohérence au sein de l'ADQ. Juste pour rappel, aux élections de 2007 Dumont avait clairement déclaré: l'ADQ est de centre-droit. Il avait eu raison et nous avions vu les résultats (note: il y a bien d'autres raisons pour expliquer le succès adéquiste en 2007, mais celle-ci en fait partie selon moi).

Pour conclure, Proulx menace de partir si les membres de l'ADQ osent redonner une idéologie à ce parti? Bon débarras alors! Proulx fait partie de cette équipe qui a entraîné l'ADQ vers des fonds historiques, entre 2007 et 2008. Une équipe qui a été incapable de mener l'ADQ au pouvoir alors que les portes étaient grandes ouvertes (en ne prenant que de mauvaises décisions l'une après l'autre! Ne jouez pas la victime monsieur Proulx avec votre "on aurait pu promettre n'importe quoi", il n'y a pas de fatalité en politique!). Alors que Proulx se lamente en disant que l'ADQ ne sera jamais au pouvoir si elle se définit de droite, cela me fait juste rire. Aux membres de l'ADQ, ne prenez pas peur de cette petite menace insignifiante de Proulx. Il voulait déjà vous faire croire qu'élire un nouveau chef cette année était totalement impossible et vous ne l'avez pas écouté. Vous avez pris la bonne décision, continuez!

2 commentaires:

Anonyme a dit…
24 juin 2009 à 15:09  

Bonne analyse. Le plus fascinant, c'est de lire un certain blogueur bleu Québec qui s'évertue à affirmer que Proulx souhaite simplement une ADQ au centre-droit alors que Proulx désavoue explicitement par deux fois tout positionnement de l'ADQ sur l'axe gauche-droite.

Bryan Breguet a dit…
24 juin 2009 à 16:27  

Je sais! BleuQuebec (alias Pierre Morin) est sidérant. Quand il affirme que Proulx n'est pas vraiment en désaccord avec la nouvelle la lettre d'Éric Duhaime publiée aujourd'hui, c'est ridicule. Comment tu le dis, Proulx renie carrément tout positionnement, même au centre-droit. Proulx est carrément heureux d'avoir des gauchistes!

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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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