Un National Post du Québec

vendredi 3 avril 2009 ·

Alors que Pierre Morin semble se réclamer responsable de la victoire de 2007 de l'ADQ - alors qu'il avait passé la moitié de la campagne à se faire prendre dans les médias pour des histoires négatives - on peut se questionner sur les médias de droite au Québec.

Les blogues sont petits et ont une influence uniquement sur une sphère de lecteurs dévoués déjà convaincus qui s'abreuvent des propos de l'auteur du blogue (ou des auteurs). Le seul succès médiatique d'un blogue survient quand un journaliste reprend les recherches d'un bloggeur ou le demande en entrevue pour avoir son opinion. Toutefois, au Québec les bloggeurs sont peut-être la seule manière d'émettre des opinions de droite. Triste à dire...

La Presse tente de faire d'elle-même une copie un peu différente du Journal de Montréal pour pouvoir survivre. Le Journal de Montréal ne tente pas de produire du contenu éditorial consistent malgré qu'il est le plus grand journal du Québec. Le Devoir est certes un journal respectable, mais seulement 30,000 personnes le lisent en semaine et 50,000 les fins de semaine, ce qui n'est rien comparativement aux grands journaux. Quant aux lignes éditoriales de chacun, elles se situent entre la gauche et le centre. Les radios à Montréal (non pas à Québec) sont de gauche, on n'a qu'à écouter Christiane Charette à Radio-Canada pour le remarquer. Quant aux chaînes de télévision, à l'exception de TQS, le contenu télévisuel de droite est limité.

Ce n'est pas le fait que les médias soient de gauche qui me dérange. C'est le fait qu'ils n'ont AUCUNE compétition sérieusement capable de les déloger. Le seul quotidien de droite disponible aux Québécois est disponible surtout à Montréal et provient de l'Ontario, c'est The National Post (je suis un des quelques milliers (au maximum) d'abonnés du National Post au Québec). Mais il ne couvre pas le Québec en soit.

Un climat médiatique sans compétition de droite (ou de gauche si c'était uniquement à droite) engendre une faible qualité de débats puisque que ce n'est plus un débat, c'est une discussion entre convaincus qui discutent du degré de leurs convictions et des détails. C'est le temps que le Québec se dote d'une publication de droite qui viendra compétionner avec La Presse et les autres dans le but de rehausser le niveau de discussion. Une sorte de National Post du Québec qui pourra servir comme porte-voix de plusieurs droitistes et comme bannière de ralliement pour plusieurs autres.

Mais bon, je continue de fantasmer tout seul...

3 commentaires:

Jacques-A Fournier a dit…
3 avril 2009 à 18:04  

faisons des études de marché et partons en un journal.

Anonyme a dit…
3 avril 2009 à 20:47  

On ne doit pas vivre dans le même Québec. À Montréal, la radio la plus populaire est le 98.5FM de M. Paul Arcand, un anti-syndicaliste notoire. On y a là quotidiennement René Vézina qui vante le libre-marché, la logique boursière, et l'innefficacité de l'État même en ces temps de crise du capitalisme sauvage. Chaque mercredi, à cette même station, on a la chronique haïssable de Tasha Kharidin, directrice de l'Institut Fraser à Montréal qui verse son fiel sur tout ce qui regarde le rôle de l'État. Madame Kharidin est une lobbyiste conservatrice pure, puritaine et élitiste donc l'admiration pour Reagan le cowboy finit parfois par taper sur les nerfs de l'animateur du show, Benoit Dutrisac - lui-même un ardent adversaire de la fonction publique.

Quand à La Presse, le newsletter de Power Corp., Come on!, c'est un journal qui prône la privatisation de toutes les sociétés d'État et de tous les services publics... à l'exception des subventions qui profitent aux filiales de Power Corp. Évidemment.

Et comme Radio-Canada, dont l'émission de Christiane Charette, est abonnée aux opinions de La Presse, Alain Dubuc et André Pratte y font plusieurs fois par mois leur petit tour pour promouvoir les intérêts de Power Corps cités plus-haut.

Le Journal de Montréal n'est pas en reste avec la chronique hebdomadaire - sinon quotidienne??? - du lobby qu'est l'Institut économerdique de Montréal, présentée par M. Elgrably.

Télé-Québec et la nouvelle Bazzo, autrefois très identifiée à la gauche, mais qui prend maintenant un malin plaisir à s'entourer de Facal, Pratte, Vézina, etc..

Non vraiment, peut-être la droite idéologique n'est pas suffisament représentée à votre goût, mais ne vous inquiétez pas son message est très bien véhiculé partout pour monter la conscience de la population contre les outils collectifs et le bien commun.

Personnellement, les Ann Coulter wannabes, comme les auteurs de ce blog, font bien assez de dommage comme ça.

Anonyme a dit…
4 avril 2009 à 05:56  

Combien des gens que tu as nommé parlent de dérégulations et d'amoindrir le rôle de l'État ?

Pour que Vézina soit à Tout le monde en parle et qu'il vienne mettre la faute de la crise sur le vil capitalisme, en accord avec Guy A. et Dany, c'est plutôt la critique qu'on s'attend d'un néo-marxiste ici.

Paul Arcand est un critique mais qui croit encore que le régime public peut faire mieux et de façon plus efficace. Moi, je ne fais plus parti de ces gens qui croient que "ça prend ABSOLUMENT une intervention de l'État dans tel secteur pour que ça marche". Bien au contraire. Dubuc ou Dutrisac sont à mettre dans le même bain : http://www.antagoniste.net/?p=5035 .

Pratte est un promoteur du fédéralisme mais social-démocrate. Un étatiste aussi. Facal est surtout très nationaliste. Cette idéologie née avec le renouveau du concept de Nation (fin 18e), appliqué dans le domaine politique et économique, fait en sorte que l'État doit chercher à défendre ses "intérêts nationaux"... au dépend de ses concitoyens. Facal me semble donc pas loin du maire Gendron sans le côté girouette (courtisant gauche et droite) et hautement impulsif.

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Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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