Stephen Harper fera face à un jugement du président de la Chambre des Communes cette semaine quant à la nature des relations entre l'exécutif et le législatif et ce que le premier doit réveler au second. Je vous admet que malgré mon adhésion au parti conservateur, j'aimerai bien que Peter Miliken tranche contre Harper.
La raison pour cela est que depuis quelques années, j'ai un sentiment que le gouvernement perd en transparence et que les pouvoirs se retrouvent centralisés dans la voie exécutive. Je peux comprendre l'attrait de cette voie pour des conservateurs puisqu'elle évite le processus politiquement plus difficile de refaire des lois. Après tout, si on peut par exemple abolir le monopole de la Commission Canadienne du Blé sans passer par une loi qui pourrait mobiliser l'opinion publique plus facilement, pourquoi pas (après tout, je suis pas un fan de l'institution moi-même)?
Cependant, les conservateurs devraient penser aux contre-effets d'utiliser cette voie et de cacher davantage aux Canadiens. Le but d'avoir des niveaux de gouvernements divisés et des organes gouvernementales séparés et transparents c'est justement d'éviter la centralisation des pouvoirs. Un conservateur devrait être le premier défenseur de ce principe puisqu'il permet de s'opposer à une centralisation du pouvoir et permet le "changement dans la tradition". Un conservateur devrait comprendre que le couteau est à double-tranchant: si un gouvernement conservateur a recours intensif, sans être trop transparent, au processus exécutif et réglementaire pour faire ses réformes, un gouvernement libéral ou néodémocrate peut faire la même chose. Si Miliken tranche en faveur du gouvernement pour ce cas-ci, l'exécutif en ressortirait renforci à mon avis mais ca jouerait contre les conservateurs à long terme puisque un hypothétique gouvernement Ignatieff pourrait masquer plusieurs morceaux d'informations du public canadien de la même manière que Harper le fait avec les transferts de prisonniers afghans.
Peut-être une défaite pour les conservateurs à court-terme, mais je pense que c'est une victoire à long terme pour un système démocratique équilibré...
La réduction des pouvoirs de l'exécutif
Françoise David veut censurer
Un animateur de radio de Québec, Sylvain Bouchard, a été dire en ondes que Françoise David était une "chef soviétique". Par la suite, il a incité des jeunes écoliers à déchirer la page d'un manuel sur laquelle la co-cheffe de Québec Solidaire apparaissait.
Celle-ci veut maintenant le censurer. Elle se sent insultée on dirait.
Ma réponse : ouin pis? Pour quelqu'un qui se dit démocrate, c'est un peu hypocrite de vouloir user des réglementations pour faire taire quelqu'un qui dit des trucs peu élégants. Vivre dans une démocratie, c'est plus que pouvoir simplement exprimer des opinions, c'est accepter d'être dérangé par certaines choses et de se faire dire des choses déplaisantes. Aucun appel à la violence contre la personne de Mme.David n'a été effectué et cela devrait clôre le débat.
Une leçon d'histoire récente
Plusieurs pensent qu'il est possible que le Parti Québécois refuse la reconnaissance officielle à l'Action démocratique parce qu'elle n'a pas atteint le seuil critique de 20% ou 12 députés. Pauline Marois semble toutefois prête à faire une concession honorable.
Cela m'étonne un peu parce qu'elle aurait pu redonner la monnaie de sa pièce à l'ADQ qui en 2007 avait tenté de refuser la reconnaissance du Parti Québécois en chambre. Cela avait forcé la leader parlementaire du PQ, Diane Lemieux, à sortir de ses gonds en frôlant l'insulte à l'égard du leader parlementaire de l'ADQ devant les caméras lors de son point de presse. C'était ironique puisque l'ADQ venait de se faire baîlonner par le Parti Québécois pendant 4 longues années.
Pauline Marois aurait bien pu être intransigeante, mais ici sa magnanimité m'étonne. En fait, si la chose se concrétise, ca sera la preuve d'un grand respect démocratique.
CORRECTION : Je n'ai pas utilisé le bon mot, je devrais dire "avais tenté lâchement et hypocritement de baîlonner le Parti Québécois en Chambre''. Aprés tout, aprés avoir réclamé leur part des questions en proportion du vote d'opposition qu'ils avaient reçus en 2003, les adéquistes ont refusé cela au PQ pendant un bon moment tentant de les limiter considérablement. Par la suite, ils ont aussi tenté de réduire la présence péquiste sur les commissions.
Non Pierre, c'est vrai t'as raison, c'était pas refuser la reconnaissance, c'était faire exactement la même chose qu'eux en 2003 et ensuite être assez lâche pour dire que c'était correct. Lâche...
Source : Conférence de Presse de Mario Dumont du 4 mai 2007, Conférence de Presse de Diane Lemieux du 3 mai 2007 et Conférence de Presse de Sébastien Proulx du 3 mai 2007

