Armes à feu: le débat Suisse

mardi 18 janvier 2011 · Comments

Alors qu'ici au Canada, nous débattions l'été passé de l'abolition du registre des armes à feu (en particulier pour les armes de chasses), il y a un tout autre débat actuellement en Suisse. Il y a en effet une initiative populaire soutenue par la gauche et qui demande que les armes de services ne soient dorénavant plus conservées à la maison. Une arme de service est le fusil que chaque soldat reçoit lors de l'école militaire. Et comme tous les jeunes hommes Suisses doivent faire l'armée, cela signifie donc que tout le monde a une telle arme chez soit. Non seulement ça, mais chaque recrue rentre chez elle avec en plus une boîte contenant 80 munitions. Cette boîtes est cependant scellée est vous devez prouver à chaque année que vous ne l'avez pas ouverte. L'idee (absurde) derrière cette politique datant d'autres siècles est de garantir que chaque soldat sera en mesure de défendre son pays directement depuis chez soit.

Pour info, voici à quoi ressemble l'arme de service. Elle est assez légère (je devais la porter en tout temps lors de l'école de recrue; et non, nous n,avons jamais eu le droit d'accrocher le couteau de cette façon!) et permet de tirer 1, 3 ou 20 balles (en quelques secondes).



L'affiche est celle de l'UDC, le parti de droite populiste qui s'oppose naturellement à cette initiative. Sur le site web, vous avez même le "regroupement des femmes contre l'initiative". La gauche prétend que c'est dangereux et ouvre la porte à de nombreux suicides. Sur ce dernier point, elle a raison.

Le gouvernement et sa taille dans l'histoire du Québec

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Voici un graphique qui illustre la croissance de la taille de l'État dans l'économie (mesuré avec les revenus totaux). N'essayez pas de tirer des grandes conclusions de ce graphique, l'objectif est uniquement illustratif.

Il est intéressant de constater que la hausse de la taille de l'État précède l'avénement de la Révolution Tranquille. Il faut noter que la grande partie de la croissance des revenus de l'État proportionellement à l'économie provient d'une hausse importante des transferts fédéraux à partir des années 1950. Ceux-ci avaient diminué entre 1944 et 1950 mais par la suite, ils ont commencé à augmenter à nouveau pour se hisser de 8% des revenus du gouvernement provincial à 17 % en 1959 et 20% en 1960. En contrepartie, les revenus autonomes du Québec restent stables relativement à l'économie entre 1950 et 1960 (5%).

En gros, Duplessis est tout à fait prêt à dépenser les revenus de l'impôt que le fédéral lui transfère. Je posterai demain l'histoire des transferts fédéraux.

Une fausse affirmation

dimanche 16 janvier 2011 · Comments

Dans un récent article dans un recueuil de textes sur le régime de Duplessis, l'historienne Suzanne Clavette affirme qu'on ne peut pas "rosir" le bilan de Duplessis quant aux lois du travail. Par la suite, elle déclare qu'il a mis des "lois anti-ouvrières" inspiré de son "anti-syndicalisme".

Je vous admet avoir de la difficulté à faire une équation entre "anti-syndicalisme" et "anti-travailleur". Certes, un syndicat peut permettre d'accroître le pouvoir de négociation de certains travailleurs, mais le syndicalisme n'est pas nécessairement un synonyme de "pro-travailleur".

Après tout, un syndicat veut maximiser uniquement les gains pour ses membres - souvent sans égard à la profitabilité à long terme de la firme. Un syndicat c'est un cartel qui cherche à maximiser son pouvoir pour ses membres. L'exemple de l'atelier fermé (une forme de syndicalisme dans lequel on ne peut être embaucher que si on devient membre du syndicat préalablement) est une bonne illustration de comment un syndicat, comme un monopole, cherche à protéger son intérêt aux dépens des autres.

Ceci n'est pas un réquisitoire contre la syndicalisation, il s'agit d'un outil utile pour des employés dans certains contextes (exemple: employés sur chaîne de montage). Néanmoins, être "anti-syndicalisme" comme l'était Duplessis ne signifie pas "anti-travailleur". Voici quelques faits sur la syndicalisation dans le temps de Duplessis.

  1. La main d'oeuvre syndiquée augmente de 68 % entre 1947 et 1960 contre 24 % pour l'emploi total. Une progression importante considérant que Duplessis refuse - en se basant sur des arguments du feu président démocrate Franklin Delano Roosevelt - la syndicalisation du secteur public (qui se produira sous Jean Lesage).
  2. Duplessis met en place la Commision des Relations de Travail qui effectue des arbitrages dans les conflits de travail
  3. Duplessis est celui qui instaure un salaire minimum lors de son premier gouvernement
  4. Duplessis crée la Clinique de Réhabilitation de Montréal pour les travailleurs blessés dans le but de permettre leur réinsertion sur le marché

Il est difficile d'accuser Maurice Duplessis d'être "anti-syndicalisme" puisqu'il ne fait rien pour empêcher le progrès du syndicalisme dans le secteur privé. En fait, il reconnaît dans plusieurs discours une admiration pour Samuel Gompers, le président du principal syndicat américain (American Federation of Labour). Il est certes hostile au syndicalisme communiste et il tente de l'enrayer avec des lois sévères. Mais dans ce cas, il faut plutôt parler d'anti-communisme.

En gros, je pense qu'il est peut-être temps pour les historiens de cesser de faire une équation entre "anti syndicalisme" et "anti travailleurs" puisque ca ne tient pas la route.

New year, same results?

jeudi 13 janvier 2011 · Comments

It sure looks like the new year hasn't affected Canadian politics! Projections are very stable over the new year. Maybe the calm before the storm (the federal budget)? Time will tell. In the meantime, click here to see more details.

Un petit moment d'histoire économique: service de la dette du Québec

lundi 10 janvier 2011 · Comments

En 2010, le service de la dette accaparait 11,5 % des revenus alors qu'en 1959, c'était 2,48 % et il a commencé à monter après ce point. Ne tirez pas de conclusions, il s'agit seulement d'une capsule d'information sur la dette.

Y-a-t-il vraiment davantage de Québécois qui ne paient pas d'impôts?

vendredi 7 janvier 2011 · Comments

On entends souvent cela dans les médias: une bonne partie de la population Québécoise ne payerait pas de taxes. Voici donc une comparaison entre le Québec et l'Alberta, pour 2008, pour les personnes âgées entre 15 et 75 ans. Le graphique représente la distribution de l'impôt sur le revenu (fédéral et provinciale) payé par les résidents de ces deux provinces. Comme on peut le voir, la "masse" de personnes ne payant pas un sous d'impôt est bien plus importante au Québec.

Cela peut provenir du fait que davantage de Québécois sont hors du marché du travail, ou que leurs revenus soient plus faibles. À l'inverse, l'impôt sur le revenu est moindre en Alberta (et on commence en n'en payer qu'à un seuil de revenu plus élevé).

Mythe confirmé!

Projections Québec

mercredi 29 décembre 2010 · Comments

Avec le dernier sondage Crop-La Presse montrant un taux d'impopularité de 70% pour le gouvernement Charest, vous voulez savoir comment cela se traduirait en cas d'élections générales? Alors aller sur mon site de projections pour le savoir. Juste un indice: oui cela donne le PQ majo, mais par combien?

Charest et les réduction d'impôts

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Alors que Jean Charest et son gouvernement connaissent des records d'impopularité (voir mon post projections en me basant sur le dernier sondage Crop), je voulais regarder le bilan de Charest au sujet des impôts.

Voici une graphique (cliquez dessus pour avoir une version agrandie) dont les données proviennent de mes estimations, en utilisant le Survey of Labour and Income Dynamics de 2008 et 2003. Il montre le montant moyen d'impôt sur le revenu (fédéral et provincial) payé par les résidents du Québec et de l'Ontario en fonction de leur revenu (en millier de dollars annuels). L'avantage de cette source de données, c'est qu'elle donne les impôts actuellement payé, donc en tenant compte des déductions, etc. Ce qui ressort est que si Charest a bel et bien baissé les impôts des Québec, l'Ontario a fait de même. Si bien qu'au final, le Québec est toujours à la traîne.

De plus, on pourra argumenter, avec raison, que ces baisses d'impôts ont participé à la forte hausse de la dette sous Charest, ou que de toutes manières, ces baisses ont été annulées avec les hausses des autres taxes (Assurance parentale, TVQ, etc). Mais cela va bien au-delà de ce graphique.

Note: pour la tranche au-delà de 100k, ne vous y fiez pas trop. La pente s'accentue car j'ai regroupé tout le monde gagnant au-dessus de 100k, donc cela fausse les calculs.

Déréglementation du téléphone cellulaire

lundi 27 décembre 2010 · Comments

Un marché relativement déréglementé, celui du téléphone cellulaire, est un bon exemple des bienfaits de la compétition sur les prix. L'économiste Adam Thierer du Mercatus Center at George Mason University prend la valeur moyenne des comptes de téléphones de cellulaire.

Notez que ce graphique minimise l'importance de ce phénomène. Premièrement, il s'agit de la valeur moyenne des comptes mensuels. Les téléphones cellulaires comme les iPhone et les Blackberry échangent des quantités de données beaucoup plus considérables (courriels, RSS feeds, GPS, push for emails etc.) et sont donc difficiles à comparer avec les premiers téléphones cellulaires qui avaient donc moins de widget. Ce graphique réduit donc ce qu'on paie pour ce qu'on obtient pour le téléphone cellulaire.

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Au sujet du blogue

Scientifiquement justes, politiquement incorrects

Auteurs

Bryan Breguet est candidat au doctorat en sciences économiques à l’université de Colombie-Britannique. D’origine Suisse, il a passé les cinq dernières années au Québec au cours desquelles il s’est engagé en politique provinciale malgré le fait qu’il ne possédait pas encore la citoyenneté canadienne. Il détient un B.Sc en économie et politique ainsi qu’une maitrise en sciences économiques de l’université de Montréal. Récipiendaire de plusieurs prix d’excellences et bourses, il connaît bien les méthodes quantitatives et leurs applications à la politique.







Vincent Geloso holds a master’s degree in economic history from the London School of Economics, with a focus on business cycles, international development, labor markets in preindustrial Europe and the new institutional economics. His research work examined the economic history of the province of Quebec from 1920 to 1960. He holds a bachelor’s degree in economics and political science from the Université de Montréal. He has also studied in the United States at the Washington Centre for Academic Seminars and Internships. Mr. Geloso has been an intern for the Prime Minister’s cabinet in Ottawa and for the National Post. He has also been the recipient of a fellowship from the Institute for Humane Studies and an international mobility bursary from the Ministère des Relations internationales du Québec. Currently, he is an economist at the Montreal Economic Institute.

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